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La Cité de Dieu, de Fernando Meirelles, 2002. 26 octobre, 2011

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 11:27

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La Cité de Dieu, c’est la favela brûlante de Rio de Janeiro qui fut le théâtre de flambées de violences dans les années 1960/1970. A cette époque, la guérilla urbaine sévit. Les deux gangs rivaux se livrent tous les jours un combat sans merci. Le film suit le parcours, de l’enfance à l’âge adulte, des deux personnages principaux : d’un côté, Fusée, un gamin maigrichon qui, lassé de subir la violence, se met en tête de la dénoncer grâce à son appareil photo et devient photographe. De l’autre côté, Petit Dé. Il a une dizaine d’année lui aussi, et survit en accomplissant des petits boulots pour la pègre locale. Un jour, armé d’un pistolet automatique, il commet un carnage lors d’un cambriolage qui tourne mal. Peu de remords dans cette scène, l’expression de son visage trahit son objectif : il veut devenir le maître de la favela. Il entame une ascension fulgurante dans le trafic de drogue, la course à l’armement et l’escalade de la violence.  

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Ultra violent, rapide, exalté, un peu convulsif, le film bat au rythme des pulsations du cœur de ses protagonistes : à mille à l’heure, avec la peur au ventre.  Fernando Meirelles, au lieu de faire l’éloge de la raison, contre toute attente, assume l’éloge de l’inconscience et de la cruauté. Car il n’y a que par l’inconscience qui aide à survivre dans cette zone de guerre. Ceux qui réfléchissent trop ont une espérance de vie largement moins longue.  Il dépeint cruellement les quartiers de Rio où la violence gratuite et tout est payant.

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Le Cahier, de Hana Makhmalbaf. 2008. 25 octobre, 2011

Classé dans : Films coups de coeur,Placard à archives — elsalauravietnam @ 15:51

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Quelques mots sur ce bijou du cinéma iranien, sorti il y a deux ans de cela.

Le conte que livre la réalisatrice Hana Makhmalbaf s’appuie sur l’histoire de Bakhtay, une jeune afghane âgée de 7 ans qui vit dans un village isolé des montagnes d’Afghanistan. Le site en lui même, sublime, est tragiquement connu pour ses statues gigantesques de Bouddhas qui avaient été dynamitées par les Talibans en 2001. Bakhtay garde tous les jours son petit frère à la maison, jusqu’au jour où elle entend son petit voisin lire un livre. Fascinée par l’histoire, elle se met en tête d’aller elle aussi à l’école pour apprendre à lire. Mais pour cela, elle doit trouver le moyen de s’acheter un cahier car l’école ne donne pas de matériel. Par delà cette quête enfantine, elle devra surmonter les obstacles dus à sa condition non pas d’enfant, mais de femme, dans une région dirigée par un néo-fondamentalisme islamiste ultra-répressif.

La réalisatrice transcrit ici un magnifique conte, mettant en scène des enfants (non-acteurs), qui créent des instants de pureté aussi bien que de cruauté terrible. Tout est une parabole dans ce film. Le petit univers des enfants est un modèle réduit de l’état dans lequel se trouve la région. Les jeux des gamins sont les reflets des séquelles causés par les Américains et par les Talibans. Le film livre une analyse fine et émouvante qui ne s’encombre pas d’une morale superflue ou de détails inutiles. Bref, le Cahier (Buddha collapsed out of Shame, en anglais), est une vraie réussite.

 

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The Artist, de Michel Hazanavicius.

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 13:57

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Michel Hazanavicius, après la série des OSS, s’est lancé dans un challenge excitant : faire revivre, le temps d’une séance, le cinéma hollywoodien des années 20. Malicieux, émouvant, rythmé, sublimé par un très beau noir et blanc et porté par deux acteurs inspirés, le résultat est un film correct qui ne déshonore en rien le cinéma d’époque. Le défi de confronter les spectateurs à l’image pure, à un cinéma authentique, à l’époque du 3D/HD/numérique est intéressant.  Mais il s’agit essentiellement d’un film de style, d’un exercice simplement esthétique qui reste en surface de l’histoire, se focalisant sur le seul personnage de Jean Dujardin,. Le scénario est ultra-prévisible. M. Hazanavicius signe donc ici le travail d’un très bon élève, mais pas un tour de force.

 

 
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Polisse, de Maiwenn. 21 octobre, 2011

Classé dans : Films coups de coeur,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 20:13

 

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Polisse immerge le spectateur dans le quotidien de la Brigade de Protection des Mineurs de Paris-nord. Pas vraiment de fil conducteur, hormis l’arrivée dans la brigade du personnage de Maïwenn, photographe, mandatée par le ministère de l’Intérieur pour la publication d’un livre de photographies. Polisse, c’est tout d’abord un film d’acteurs mais c’est aussi aussi un film au rythme effréné, avec un montage saccadé qui ne laisse aucune place aux temps morts, parce que dans ce métier, l’attente, c’est la mort justement (d’un enfant disparu qu’on ne pourra pas retrouver, d’un autre qui se fait agresser en attendant que quelqu’un vienne le secourir…). Une strucutre binaire forme l’architecture de l’histoire, passant sans transition de la sphère du travail à la sphère privée, et très souvent des larmes aux rires. Parfois, les deux s’inversent habilement. Certes, Polisse un peu trop manichéen, et tire de grosses ficelles car Maïwenn ne fait jamais dans la dentelle.

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Certes, il n’est pas difficile de tirer les larmes en filmant une mère célibataire sans papiers qui décide de céder son enfant aux services sociaux, ou l’extraction de mineurs que l’on arrache à leurs parents accusés de proxénétisme dans un camp de roms. Mais le film enchaîne des scènes sans misérabilisme. Il ne brosse pas le portrait de flics super-héros ici, mais de policiers qui exercent sans moyens un travail extrêmement difficile. Pour les incarner, la réalisatrice a fait appel à une des acteurs remarquables. La clé de voûte est constitué par le binôme Karin Viard – Marina Foïs. L’une se bat encore pour sa vie personnelle, et semble pourtant perdue, quand l’autre semble tenir le cap mais a déjà abandonné. La scène de leur dispute est d’une violence rare. Karin Viard donne tout, sort de ses gonds, alors que Marina Foïs subit la déflagration de plein fouet. Le moment qui suit cette scène, lorsque tout le monde s’active pour passer l’éponge et remettre de l’ordre en plaisantant, montre une performance d’actrice hallucinante. La bande son est coupée pendant quelques secondes, et on observe Marina s’assoir lentement, décomposée, comme si elle venait de se prendre un balle en plein cœur.

 

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Les autres comédiens apportent chacun une touche personnelle au film. L’une vit un divorce douloureux, l’autre n’arrive pas à tomber enceinte et sombre dans l’anorexie, une autre se bat avec l’alcool, les couples battent de l’aile, d’autres n’arrivent pas à se créer. Joey Starr crève l’écran, même dans un rôle stéréotypé de gros dur au cœur tendre. La séquence où il assiste à la séparation d’une mère et de son enfant révèle toute sa puissance de jeu. Nicolas Duvauchelle, blafard, est perpétuellement au bord de l’implosion, notamment lorsqu’il interroge un père de famille proche du pouvoir accusé de viol sur son enfant, qui passe aux aveux avec une fierté infecte en sachant qu’il passera entre les filets de la justice. La courte apparition de Sandrine Kimberlain qui joue sa femme est bouleversante. Sans maquillage, avec une lumière crue, les traits tirés, les acteurs dévoilent toute leur puissance de jeu. C’est le parti pris d’un film à l’ambiance de documentaire, filmé sans voyeurisme.  La seule chose que l’on peut reprocher à Maïwenn c’est de ne pas arriver à lâcher son rôle d’actrice. Son histoire d’amour avec le personnage de Joey Starr n’apporte rien au scénariio, et donne l’impression (puisqu’elle se mettait en scène avec lui également dans Le Bal des actrices) qu’elle profite de ses films pour créer une relation fictive avec lui.

La fin du film est un choc intense. Polisse n’est pas parfait, loin de là, mais c’est un film coup de poing.

 

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Benda Bilili!

Classé dans : Films coups de coeur,Placard à archives — elsalauravietnam @ 20:02

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Comme l’indique le titre de leur premier album, le film Banda Bilili est Très Très Fort.

Il commence dans la poussière des rues défoncées et fumantes de Kinshasa, la chaotique capitale de la République Démocratique du Congo. Un groupe de musiciens handicapés y traînent leur misère et leurs rêves sur leurs vélos triporteurs rouillés ou des vieux chariots, qu’ils font avancer à la force de leurs bras.

Une introduction qui se situe à des années lumières des smokings impeccables qu’ils portaient il y a quelques semaines alors qu’ils enflammaient la foule sur le plateau de Michel Denisot au Festival de Cannes.

Effectivement, c’est un gouffre qui sépare ces deux scènes. Un gouffre dans lequel nous plonge le documentaire de Renaud Barret et Florent de la Tullaye qui les ont suivis pendant cinq ans, des dortoirs miteux en Afrique à leur grande tournée européenne.

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Au début, il y a Ricky, un sexagénaire paraplégique fou de musique, qui joue comme il peut avec quelques uns de ses amis d’un dispensaire pour handicapés. Avec une seule pauvre guitare acoustique qui ressemble plus à une cagette de mandarines qu’à une guitare, ils jouent toute la journée, ils se fabriquent des instruments avec les déchets qui jonchent le sol. A partir de cet amas d’objets abandonnés, ils créent des rythmes de rumba afro endiablée. Le fil conducteur de l’histoire, c’est Roger, douze ans, qui dort à même le sol dans les rues. Roger ne parle presque pas et ne sourit jamais. Il est tout seul, et serre très fort contre lui son satongé, une boîte de conserve sur laquelle sont accrochés un morceau de bois et un fil, avec lequel il construit des centaines de mélodies différentes. C’est le son qui manquait au groupe de Ricky pour sortir du lot, et ce dernier le prend sous son aile. Ils répètent à longueur de journée sur leur coin de trottoir, et le soir, ils retournent dormir dans leurs cartons. Leurs seules armes pour survivre : leur talent et leur optimisme sans faille.

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Puis, Renaud et Florent leur arrangent une rencontre avec une maison de disque de Kinshasa. Il s’en suit la réalisation du rêve qui les habite tous, le défi de leur vie : aller en Europe pour donner des concerts. Il en résulte une des scènes les plus fortes : les Benda Bilili débarquent en plein après midi sur la scène des Eurockéennes. Devant eux : un immense terrain vague, et deux ou trois « lève-tôt » égarés. Ils s’installent, avec leurs « meules » tordues et leurs instruments rafistolés, dans la bonne humeur, en riant, comme au pays, comme si de rien était. « Tu vas voir, lance Ricky, avec son fort accent congolais : après le concert, tu vas chopper plein de chéries ! » Ce qui suit est incroyable. En trente secondes, le bouche à oreille circule, et des centaines de  personnes arrivent pour se transformer en une foule en délire.

Violent, intense, magique, sans compassion, Benda Bilili! c’est le courage et la force à l’état pur. Comme le dit l’un des enfants âgé d’une dizaine d’année qui traîne dans le groupe à son copain, après que leur dispensaire ait brûlé: « Tu sais, un homme n’est jamais vraiment fini avant la fin ».

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La Vida Loca, de Christian Poveda. 15 octobre, 2011

Classé dans : Films coups de coeur — elsalauravietnam @ 17:48

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« On vit pour tuer, on tue pour vivre ». C’est ce qu’explique dans le documentaire La vida loca, un adolescent gringalet, même pas âgé de dix-huit ans. Et pourtant, des 18 il en a à la pelle. 18 sur le torse, 18 sur les joues, 18 sur le front, il est couvert de tatouages. C’est le signe de son appartenance, ou plutôt de sa soumission aux Maras 18, un des deux gangs les plus violents du Salvador. Dans ce petit pays d’Amérique centrale, oublié du reste du monde en moyenne 10 jeunes sont tués par jour dans les quartiers sensibles de sa capitale San Salvador. Après un regard de travers, une conversation qui dérape, on tue.

Le film de Christian Poveda dépeint le quotidien de ces jeunes combattants des rues. Depuis 20 ans, ils se livrent une guerre sans merci, une guerre née dans les rues de Los Angeles au début des années 1990, et qui a été importée au Salvador lorsque les hommes sont rentrés au pays, ramenant avec eux toute leur rancœur. Les Maras, comme on les appelle, sont divisés entre deux gangs rivaux, les Maras Salvatrucha et les Maras 18. Ce sont ces derniers que le réalisateur de ce documentaire a réussi, avec l’accord du chef du gang, à filmer pendant un an. Le film repose sur l’imbrication de plusieurs histoires, le parcours de jeunes salvadoriens qui ont tous un point commun : ils meurent avant la fin du film. L’histoire est ponctuée par de très violents fondus au noir agrémentés à chaque fois du nombre de coup de feu qui ont emporté la victime. Puis, l’image réapparait, souvent la même : un corps dans un caniveau, que l’on emballe dans un sac. On s’attache à chaque fois à suivre ces jeunes abandonnés par l’Etat, avant qu’ils soient arrachés à la vie, et que l’on n’entende plus jamais parler d’eux. Parcourant les rues de la ville, le réalisateur les suit, de la fête d’un copain à l’enterrement d’un autre, rendant visite au juge pour mineur, se faisant tatouer, s’investissant dans un commerce de boulangerie avec ONG, vacant à différents trafics d’armes ou de drogue.

Une odeur de désespoir plane, derrière la musique entêtante et envoûtante des Tres Coronas. La vision d’une impasse lugubre située au fin fond d’une zone de non droit, abandonnée par les pouvoirs publics, dont le rôle est purement punitif. Reste cette question du juge, qui s’adresse à un délinquant sur le fil du rasoir : « comment voulez-vous que les autorités fassent respecter les droits humains si vous-même ne le faites pas ? »

La Vida Loca constitue un témoignage de la misère,  une oeuvre qui va au-delà de l’engagement et du courage, jusque dans la mort, puisqu’il a coûté la vie à Christian Poveda, son réalisateur. Pris pour un indic, il a été tué par balles quelques jours avant la sortie en salle du film.

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Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone.

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 16:49

 

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Quelle saga épique que ce film magistral de 3h40. Il a nécessité 10 ans de la vie de Sergio Leone, 10 longues années pour mettre en scène cette histoire incroyable. 

Parmi les films de gangsters, Il était une fois en Amérique mérite ses gallons de grand classique. 

Le roman dont est tiré le film était déjà exceptionnellement bien écrit. Rien n’est oublié dans son adaptation cinématographique. Elle évoque la vie du fameux Noodles (Robert de Niro), de son meilleur ami Max (James Wood), et de leurs camarades, Patsy et Cockeye. Tous les quatre grandissent dans le New York des années 30, au milieu de la violence et de la pauvreté du Lower East Side, qui était à l’époque un ghetto Juif. Ils s’en sortent en montant leur business de trafic d’alcool pendant la Prohibition, et signent un pacte de partage de leur fortune. Mais lorsque la prohibition se termine, et qu’il faut rebondir, les choses se gâtent. Devenus le grand chef de la Pègre, Max commence a la folie des grandeurs, tandis que Noodle, plus lucide, se tourne vers d’autres préoccupations.

Il était une fois en Amérique est un film, magnifiquement filmé, qui passe au fil du montage du New York populaire des années 30, ses docks fumants et ses calèches, au New York flamboyant des années 70, ultra-moderne, à la croissance galopante. Les décors sont magnifiquement reconstitués, chaque plan est minutieusement travaillé. De Niro trouve là un des plus grands rôles de sa carrière, tout comme James Wood, et leur relation fusionnelle et chaotique est passionnante. Serio Leone met bien en scène sa fascination pour l’univers impitoyable des gangsters, pour ceux qui aiment vivre dangereusement. Ce film est une description encyclopédique, cruelle et violente et une plongée sans retour dans l’envers du décor du rêve américain.

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Sweet Sixteen, de Ken Loach. 13 octobre, 2011

Classé dans : Films coups de coeur — elsalauravietnam @ 19:35

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Ken Loach est sans conteste un brillant réalisateur. Personne ne raconte mieux que lui son pays, et l’acuité avec laquelle il livre une analyse sociologique des événements historiques ou des milieux défavorisés est remarquable. C’est dans une banlieue sinistrée par le chômage et la désindustrialisation, près de Glasgow en Ecosse, que se situe l’action de son dernier long-métrage, Sweet Sixteen. 

Liam, 15 ans, ne va plus au lycée, vit en montant de petits trafics et en squattant tantôt chez des copains, tantôt chez sa grande sœur, mère célibataire. Leur mère, sous l’influence de son petit ami, un caïd local, purge une peine de prison. Pour sa sortie à venir, Liam se met en tête de lui acheter une caravane, avec vue sur la baie. Pour financer son projet, il décide de passer à la vitesse supérieure, et se lance dans le trafic de cocaïne.

Ultra réaliste, filmée avec une caméra embarquée, le film entraîne le spectateur dans la grisaille des quartiers gangrenés par la misère et la violence au fil des aventures de Liam qui se fait irrésistiblement aspirer par la pègre locale dans une longue descente aux enfers. Martin Compston, l’acteur principal, livre une grande performance, immergé dans la misère qui frappe les anciennes villes industrielles du pays. Ce n’est pas la pègre, qui finit par piéger le jeune combattant des rues mais sa propre famille. Le spectateur le devine rapidement, comme lorsque Liam va rendre visite à sa mère en prison, et se fait embarquer par le petit ami de celle-ci, Stan, trafiquant de drogue qui lui donne des mini doses d’héroïne, lui demande de les cacher dans ses gencives, et lui ordonne de les faire passer à sa mère au parloir.

Une fois de plus, le cinéma de Ken Loach marche sur la corde raide, mais contrairement aux personnages qu’il met en scène, ne dérape jamais.

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Tom Boy, de Céline Sciamma.

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 18:01

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Le pari réussi du nouveau film de Céline Sciamma, c’est de conserver intact pendant 1 heure et 22 minutes l’intérêt du spectateur devant un film dont la moyenne d’âge du casting culmine à 11 ans.

Tomboy évoque d’une belle manière la question du genre. Il brosse le portrait de Laure, 10 ans, qui emménage avec ses parents et sa sœur cadette dans une petite ville paisible à la fin de l’été. Elle rencontre alors Lisa, une autre enfant de son âge, qui la prend pour un garçon. « Salut, t’es nouveau ici ? », c’est la phrase clé du film. « Oui, je m’appelle Michael », voilà ce que répond simplement Laure. Elle découvre les autres enfants du quartier sous sa nouvelle (ou très ancienne) identité. Mais la rentrée scolaire approche à grands pas. Que va-t-il se passer lorsque dans la classe, l’institutrice fera l’appel en la désignant par son vrai prénom, Laure ?

Tomboy traîte une question complexe avec beaucoup de simplicité, sans naïveté. La mise en scène épurée (un seul appareil photo a été utilisé pour le film), harmonieuse, est légère et très forte à la fois. Le spectateur se prend immédiatement d’affection pour le petit Michael, dont on n’arrive pas à s’imaginer un instant qu’il puisse être une fille, et là n’est pas la question. Le film s’axe sur une inversion : la vérité est un mensonge, et vice versa. Laure n’est pas une fille au fond d’elle-même, elle ne ment donc pas quand elle se fait passer pour un garçon. Zoé Héran, l’actrice qui joue le rôle principal, avec sa bouille angélique, livre une remarquable performance qui atteint une rare intensité lorsque son secret est livré sur la place publique et que la cruauté des enfants jaillit.

De belles scènes ponctuent le film : celles qui réunissent le personnage de Laure et sa petite sœur, Jeanne, interprétée par la pétillante Malonn Névala. La complicité qui les unit est intéressante, notamment lorsque Jeanne découvre par hasard que sa soeur se fait passer pour un garçon. Elle décide tout naturellement que c’est normal, se met à la protéger, ainsi que son secret, lui coupe les cheveux en douce devant le miroir de la salle de bain, et se vante auprès de toutes ses copines d’avoir un grand frère trop fort, qui la protège quand des garçons viennent l’embêter.

Tomboy est un film plein de grâce, sans fioritures, sans arrière-pensée, et d’une etonnante subtilité.

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We need to talk about Kevin, de Lynne Ramsey.

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 17:08

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We need to talk about Kevin a une drôle de manière d’être à la fois beau et irritant. Une mauvaise réalisation peut pourtant donner un bon film à condition d’être compensée par de très bons acteurs, comme c’est ici le cas. 

Le scénario se concentre autour de la relation d’une mère et de son fils, de sa naissance à la fin de son adolescence, avec pour moment clé un drame qui n’est révélé qu’à la fin.  Le tout est structuré à partir d’un montage saccadé qui bouleverse toute la chronologie des événements, tant et si bien que l’on finit par être obsédé par ce drame qui n’apparaît qu’en filigrane, par de courtes injections de plans floutés de gyrophares et de sirènes hurlantes dans la nuit, et d’un attroupement de badauds effarés. Cela créé malheureusement un faux suspense, qui détourne le spectateur de l’intérêt principal du film, c’est-à-dire la relation entre la mère et le fils. 

Le personnage principal, Eva (Tilda Swinton), a mis sa carrière d’écrivain voyageuse entre parenthèse pour la naissance de son fils, Kevin. Au lieu de vivre de multiples aventures aux quatre coins du monde, elle se retrouve mère au foyer.  Dès les premiers jours qui suivent sa naissance, l’enfant lui fait vivre un enfer. Hurlant toute la journée, elle en vient à être soulagée par le son du marteau-piqueur lorsqu’elle passe avec la poussette dans une zone de travaux. Le film déroule globalement sur quatre segments temporels : la période qui suit la naissance du bébé, la petite enfance, l’adolescence, et le « post-drame » où l’on constate qu’Eva a tout perdu à cause de lui et tente de se reconstruire, alors qu’elle est devenue la paria de la ville. A chaque instant, l’enfant-démon prouve insidieusement que son passe-temps préféré est de torturer sa mère, tout en adorant son père.  Le film ne donne aucune réponse psychologique à ce comportement et se concentre sur les faits. 

Le couple met au monde un 2ème enfant, une petite fille, aussi angélique que son grand frère est diabolique. John C. Reily excelle dans le rôle du mari aimant, qui agit comme l’antidote du venin injecté par la haine entre sa femme et son fils (comme lorsqu’il donnait la réplique à Julianne Moore dans The Hours, dans lequel justement la mère abandonnait son fils). Il réussit à être attachant sans jamais être insipide et constitue un excellent choix d’acteur.

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Les jeunes Jasper Newell et Ezra Miller interprètent Kevin à deux âges différents.  Le premier livre une interprétation bluffante d’un petit Kévin, buté comme jamais, silencieux comme une tombe et manipulateur (les très jeunes acteurs sont pourtant rarement convaincants). Il ressemble de manière saisissante à Ezra Miller qui joue Kevin adolescent. Ce jeune acteur américain de 17 ans dévoile toute une palette de talents pour interpréter un personnage haut en contrastes, au regard démoniaque et au sourire candide. Quant à Tilda Swint, qu’il n’est plus utile de présenter, elle est bouleversante et tisse un rôle à la hauteur de son talent. Grâce à elle, les lourds rappels/flash-backs/cadrages tordus pseudo-arty-flashy sont moins pénibles. Le film aurait néanmoins vraiment pu se passer de l’insertion quasi obsessionnelle de la couleur rouge (le sang…) sous la forme de plans fixes sur une bouteille de Ketchup (ou de la première scène de la « Tomatina » en Espagne, ridicule). 

 

 

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