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La Cité de Dieu, de Fernando Meirelles, 2002. 26 octobre, 2011

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 11:27

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Nombreux sont ceux qui ont détesté le film de Fernando Meirelles, pour le traitement du sujet un peu douteux. Moi je le trouve réussi.

La Cité de Dieu, c’est la favela brulante de Rio de Janeiro dans les années 1960/1970. Déjà à cette époque, la guérilla urbaine sévit. Les deux gangs rivaux se livrent tous les jours un combat sans merci. Le film suit le parcours, de l’enfance à l’âge adulte, de deux personnages principaux : d’un côté, Fusée, un gamin tout maigre qui, lassé de subir la violence, se met en tête de la dénoncer grâce à son appareil photo et devient photographe dans la cité de Dieu. De l’autre côté, Petit Dé. Il a une dizaine d’année lui aussi, et survit en accomplissant de sales petits boulots pour la pègre locale. Un jour, armé d’un pistolet automatique grand comme la moitié de son petit bras, il commet un carnage lors d’un cambriolage qui tourne mal. C’est le déclic. Peu de remords dans cette scène, l’expression de son visage trahit son objectif : il veut devenir le maître de la favela, et pour ainsi dire le messager de Dieu. Il commence une ascension fulgurante fondée sur le tiercé « gagnant » des favelas : trafic de drogue/course à l’armement/escalade de la violence.  

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Ultra violent, rapide, rock & roll, trash, exalté, flou, un peu convulsif, le film bat au rythme des pulsations du cœur de ses protagonistes : à mille à l’heure, avec la peur rivée aux tripes.  Ce que j’aime dans le choix de Meirelles, c’est qu’au lieu de faire l’éloge de la raison, contre toute attente, il assume l’éloge de l’inconscience et de la cruauté.  Il n’y a que par l’inconscience que l’on peut survivre là bas. Ceux qui réflechissent trop ont une espérance de vie largement moins longue.  Et parce que la vie dans les quartiers chauds de Rio, je suppose que c’est ça. De la violence gratuite, dans un monde où tout est payant.

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26 Octobre 2011 25 octobre, 2011

Classé dans : Agenda des sorties. — elsalauravietnam @ 16:20

J’y vais:

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La couleur des sentiments, de Tate Taylor, avec Emma Stone, Jessica Chastaine. Production: Etats-Unis.

Pour le sujet: la vie des domestiques afro-américains dans une plantation du sud des Etats-Unis, peu avant la lutte pour les droits civiques. J’ai un peu peur des lieux communs et du coup de la rédemption de la gentille maitresse blanche, mais ça vaut le coup d’aller vérifier.

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L’exercice de l’Etat, de Pierre Schoeller, avec Olivier Gourmet, Michel Blanc, Zabou Breitman. Production: France

Parce que les films qui se passent dans les coulisses du Pouvoir, avec des dialogues ultra léchés entre politicards véreux, je trouve ça jouissif. Même si le roi pour en parler (Claude Chabrol), n’est plus là pour le faire.

J’hésite:

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Les Marches du Pouvoir, de George Clooney, avec Ryan Gosling, George Clooney. Production: Etats-Unis.

Pourquoi j’hésite? Parce que même si j’adore les films politiques, George Clooney n’est pas Oliver Stone, encore moins Sydney Pollack, et que Ryan Gosling n’a pas le cachet d’un bon vieux Robert Redford. Erreur de casting, quoi.

J’évite:

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Les Aventures de Tintin: Le secret de la Licorne, De Steven Spielberg (prod. Peter Jackson), avec les voix de Jamie Bell, Andy Serkis.Production: Etats-Unis, Nouvelle-Zélande.

Pourquoi j’évite? Parce que Spielberg et Jackson ont un seul point commun: il brassent beaucoup de vent, pour brasser beaucoup d’argent. A la différence que le premier a su faire du bon cinéma, et le second jamais. Et que Jamie Bell, c’est devant la caméra qu’il faut le mettre, pas en post-production. Même si j’adore les aventures de Tintin, ce coup-ci, c’est non.

 

 
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Le Cahier, de Hana Makhmalbaf. 2008.

Classé dans : Films coups de coeur,Placard à archives — elsalauravietnam @ 15:51

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Quelques mots sur ce bijou du cinéma moyen-oriental, sorti il y a deux ans de cela.

Je connais très mal le cinéma  iranien, et pour cause, on ne peut pas dire qu’il soit des plus populaires.

Mais le conte que nous livre ici la réalisatrice est assez incroyable. J’ai découvert le film il y a un an environ, en faisant des recherches pour un séminaire sur l’Afghanistan dans le cadre de mon master. Par curiosité, j’ai commencé à regarder le début, dans un état d’esprit « bon, ok,  juste pour voir… »

Mais je me suis rapidement faite happer par l’histoire. On suit le parcours de Bakhtay, une jeune afghane, d’environ 7 ans, qui vit dans un village isolé des montagnes d’Afghanistan. Le site en lui même est sublime, et tragiquement connu pour ses statues gigantesques de Bouddhas qui avaient été dynamitées par les talibans en 2001. Bakhtay garde tous les jours son petit frère à la maison, jusqu’au jour où elle entend son petit voisin lire un livre. Fascinée par l’histoire, elle se met en tête d’aller elle aussi à l’école pour apprendre à lire. Mais pour cela, elle doit trouver le moyen de s’acheter un cahier. Par delà cette quête enfantine, elle devra surmonter également les obstacles dus à sa condition non pas d’enfant, mais de femme, au milieu d’un néo-fondamentalisme islamiste ultra-répressif.

La réalisatrice transcrit ici un magnifique conte, mettant en scène des enfants non-acteurs, qui créent des instants de pureté aussi bien que de cruauté terrible. Évidemment, tout est une parabole dans ce film. Le petit univers des enfants est un modèle réduit de l’état dans lequel se trouve l’Afghanistan. Les jeux des gamins sont les reflets des séquelles laissées par les américains et par les talibans. C’est une analyse fine et (très) émouvante, qui ne s’encombre pas d’une morale superflue ou de détails inutiles. Bref, le Cahier (Buddha collapsed out of Shame, en anglais), est une vraie réussite.

 

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The Artist, de Michel Hazanavicius.

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 13:57

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Quelques mots sur la sensation ciné du moment.

Michel Hazanavicius, après la série des OSS, s’est lancé ici dans un challenge excitant: faire revivre, le temps d’une séance, le cinéma hollywoodien des années 20. Il y arrive, c’est sûr. Malicieux, émouvant, rythmé, sublimé par un très beau noir et blanc et porté par deux acteurs motivés. Le résultat, c’est un film très correct qui ne déshonore en rien le cinéma d’époque. Je trouvais excitant le challenge de mettre les spectateurs face à l’image pure, dans un cinéma authentique,  loin de l’époque du 3D/HD/numérique.  Mais selon moi, il a un peu de mal à sortir du film de style, de l’excercice simplement esthétique. Il reste un peu en surface de l’histoire, se focalisant essentiellement sur le seul personnage de Dujardin, et manque de quelques réflexions un peu plus poussées. Le scénario est en effet ultra-prévisible. Hazanacicius signe donc ici le travail d’un très bon élève, mais pas un tour de force. Il ne m’a donc pas transporté.

 

 
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Polisse, de Maiwenn/ 21 octobre, 2011

Classé dans : Films coups de coeur,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 20:13

 

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Ce n’est vraiment pas facile de faire la critique d’un film qu’on a adoré, parce qu’on a tellement de chose à en dire qu’il est difficile de synthétiser, et qu’on ne sait jamais par quoi commencer.

Dans ce film, on suit le quotidien de la Brigade de Protection des Mineurs de Paris-nord. Pas vraiment de fil conducteur, hormis l’arrivée dans la brigade du personnage de Maïwenn, photographe, mandatée par le ministère de l’Intérieur pour faire un livre de photo. Alors c’est vrai, c’était gagné d’avance pour moi puisque Polisse, c’est un film d’acteurs, et que j’adore les films d’acteurs. Mais c’est aussi plus que ça. C’est tout une science du  rythme, effréné, un montage saccadé qui ne laisse pas de place aux temps morts, parce que dans ce métier, l’attente, c’est la mort justement (d’un enfant disparu qu’on ne pourra pas retrouver, d’un autre qui se fait agresser en attendant que quelqu’un arrive…). Un rythme binaire construit donc l’histoire, passant sans transition de la sphère du boulot à la sphère privée, et très souvent des larmes aux rires. Le plus fort, c’est quand les choses s’inversent, bien sûr.Alors oui, ça peut paraître trop simple, trop manichéen, et tirer des ficelles un peu trop grosses. Maïwenn ne fait pas dans la dentelle.

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Elle ne fait pas dans le cérébral, et réalise un film qu’on regarde non pas avec sa tête mais avec ses tripes. En même temps, je pense que traiter de sujets aussi forts que la pédophilie, le proxénétisme ou  le viol avec des pincettes aurait relevé d’un certain pédantisme intellectuel parfaitement inutile. Ca peut paraître facile de faire pleurer en faisant le coup de la mère célibataire sans papiers qui décide de céder son enfant aux services sociaux, ou de l’extraction d’une bande de gamins qu’on arrache à leurs parents accusés de proxénétisme dans un camp de manouches. Mais c’est la vérité, et le tout est traité de façon tellement intelligente et sans misérabilisme que ça marche à tous les coups. Parce qu’il n’est pas question de flic super-héros ici, mais de pauvres âmes perdues qui tentent de faire du cas par cas, rongées par le remords de ne pas avoir de vision d’ensemble, et par leurs existences personnelles brisées. Pour incarner tout ça, une bande d’acteurs hors du commun. La clé, pour moi, c’est le binôme Karin Viard – Marina Foïs. L’une se bat encore pour sa vie, et semble perdue, l’autre semble tenir le cap mais a déjà abandonné au fond d’elle-même. La scène où elles entrent en conflit est ultra-violente. Karin Viard donne tout, sort de ses gonds, alors que Marina Foïs subit la déflagration de plein fouet. Le moment qui suit cette scène, lorsque tout le monde s’active pour passer l’éponge et remettre de l’ordre en plaisantant, montre une performance d’actrice hallucinante. La bande son est coupée pendant quelques secondes, et on voit Marina s’assoir lentement, décomposée, comme si elle venait de se prendre un balle en plein cœur.

 

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Les autres comédiens apportent chacun une touche personnalisée au film avec leurs histoires. L’une vit un divorce très douloureux, l’autre n’arrive pas à tomber enceinte et sombre dans l’anorexie, une autre se bat avec l’alcool, les couples battent de l’aile, d’autres n’arrivent pas à se créer. Joey Starr crève l’écran, même dans un rôle stéréotypé de gros dur au cœur tendre. La séquence où il assiste à la séparation d’une mère et de son enfant révèle toute sa puissance de jeu. Duvauchelle, blafard, est perpétuellement au bord de l’implosion. Notamment lorsqu’il interroge un homme proche du pouvoir accusé de viol sur son enfant, qui passe aux aveux avec une fierté infecte en sachant qu’il passera entre les filets de la justice. Ceci vient poser les questions de l’égalité devant la justice bien sûr, mais surtout de la différence entre la loi, et la morale. La courte apparition de Sandrine Kimberlain qui joue la femme du monstre est bouleversante. Le tout rend les acteurs très attachants, et Maïwenn les filme si bien. Sans maquillage, avec une lumière crue, les traits tirés. C’est le parti pris d’un film ambiance documentaire, filmé sans voyeurisme. D’ailleurs, elle élimine cette potentielle accusation en jouant le rôle de la photographe, qui est elle-même accusée de donner dans le spectacle de la misère par le personnage de Fred. La seule chose que je lui reproche c’est de ne pas arriver à lâcher son rôle d’actrice. Son histoire d’amour avec le personnage de Joey Starr n’apporte rien au film, et me donne l’impression (puisqu’elle se mettait en scène avec lui également dans Le Bal des actrices) qu’elle profite de ses films pour créer cette relation fictive avec lui. Mais jusque là, j’adore ses trois long-métrages, même si son cinéma est très jeune, et il me tarde de voir ce que ça donnera dans quelques années quand elle aura pris de la bouteille.

La fin du film, c’est un état de grâce et un choc intense. Il est certain que le tout n’est pas parfait, loin de là, mais c’est un film coup de poing, ça fait du mal et c’est ça qui est bon.

 

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Benda Bilili!

Classé dans : Films coups de coeur,Placard à archives — elsalauravietnam @ 20:02

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Comme le titre de leur premier album, le film Banda Bilili est Très Très Fort.

Il commence dans la poussière des rues défoncées et fumantes de Kinshasa, la chaotique capitale de République Démocratique du Congo. Un groupe de musiciens éclopés y traînent leur misère et leurs rêves sur leurs vélos triporteurs rouillés ou des vieux chariots, qu’ils font avancer à la force de leurs bras.

Curieux, je me suis dit en regardant les premières scènes du film. Car la dernière fois que j’avais entraperçu le groupe, ils portaient des smokings impeccables et enflammaient la foule sur le plateau de Denisot au Festival de Cannes.

Effectivement, c’est un gouffre qui sépare ces deux scènes. Un gouffre dans lequel nous plonge le documentaire de Renaud Barret et Florent de la Tullaye. Ils les ont suivis pendant cinq longues années, des dortoirs pourris en Afrique à leur tournée européenne.

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Au début, il y a Ricky. Un sexagénaire paraplégique fou de musique, qui joue comme il peut avec quelques uns de ses amis d’un dispensaire pour handicapés. Avec une seule pauvre guitare acoustique qui ressemble plus à une cagette de mandarines qu’à une guitare, ils jouent. Toute la journée, ils se fabriquent des instruments avec les déchets qui jonchent le sol. Et à partir de cet amas d’objets abandonnés, ils créent des rythmes de rumba afro endiablée. Et pourtant, je ne suis pas du tout une inconditionnelle des musiques urbaines ou des rythmes africains. Le fil conducteur de l’histoire, c’est Roger. Au début, c’est un gamin de douze ans, qui dort sur le sol dans les rues. Roger ne parle presque pas, il n’ouvre pas la bouche, parce qu’il n’a aucune raison de sourire. Il est tout seul, et il serre très fort contre lui son satongé, une boite de conserve sur laquelle sont accrochés un morceau de bois et un fil, avec lequel il construit des tonnes de mélodies différentes. C’est le son qui manquait au groupe de Ricky pour sortir du lot, et ce dernier le prend sous son aile. Ils répètent à longueur de journée sur leur coin de trottoir crasseux, et le soir, ils retournent dormir, dans leurs cartons. Leurs seules armes pour survivre : leur talent et leur optimisme sans faille.

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Puis, Renaud et Florent arrivent à leur arranger une rencontre avec une maison de disque de Kinshasa. Il s’en suit la réalisation du rêve qui les habite tous : le défi de leur vie, aller en Europe pour donner des concerts. Il en résulte une des scènes les plus fortes que j’ai vues : les Benda Bilili débarquent en plein après midi sur la scène des Eurockéennes. Devant eux : un immense terrain vague, et deux ou trois « lève-tôt » égarés. Ils s’installent, avec leurs « meules » tordues et leurs instruments poubelles, dans la bonne humeur, en riant, comme au pays, comme si de rien était. « Tu vas voir, lance Ricky, avec son fort accent congolais : après le concert, tu vas chopper plein de chéries ! » Ce qui suit est incroyable. En trente secondes, le bouche à oreille circule, et des centaines de  personnes se transforment en une foule en délire.

Violent, intense, magique, ce film est une vraie claque. Aucune morale, encore moins de compassion, c’est du courage et de la force à l’état pur. Comme le dit un des gamins d’une dizaine d’année qui traîne dans le groupe, à son copain, après que le dispensaire ait brûlé: « Tu sais, un homme n’est jamais vraiment fini avant la fin ».

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La Vida Loca, de Christian Poveda. 15 octobre, 2011

Classé dans : Films coups de coeur — elsalauravietnam @ 17:48

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« On vit pour tuer, on tue pour vivre ». C’est ce qu’explique un adolescent, gringalet, peut être pas encore dix-huit ans. Et pourtant, des 18 il en a à la pelle. 18 sur le torse, 18 sur les joues, 18 sur le front. Il est couvert de tatouages. C’est le signe de son appartenance, ou plutôt de sa soumission aux Maras 18, un des deux gangs les plus violents du Salvador. Petit pays d’Amérique centrale, oublié du reste du monde. En moyenne 10 jeunes sont tués par jour dans les quartiers chauds de San Salvador. Sans raison réelle, un regard de travers, une conversation qui dérape. Absurde, donc. Comme si les anciennes civilisations pré-colombiennes avaient perpétué les traditions de sacrifices humains. Comme s’il fallait chaque jour verser sur le goudron brûlant des rues crasseuses suffisamment de sang. 

Le film de Poveda montre le quotidien de ces jeunes combattants des rues. Depuis 20 ans, ils se livrent une guerre sans merci et sans but. Une guerre qui est née dans les rues de Los Angeles au début des années 1990, et qui a été importée ici lorsque les hommes sont rentrés au pays, ramenant avec eux toute leur rancœur. Les Maras, comme ont les appelle, sont divisés entre deux gangs rivaux, les Maras Salvatrucha et les Maras 18. Ce sont ces derniers que le réalisateur de ce documentaire a réussi, avec l’accord du chef du gang, à filmer pendant un an. Le film repose sur l’imbrication de plusieurs histoires, le parcours de jeunes salvadoriens qui ont tous un point commun : ils meurent avant la fin du film. L’histoire est donc ponctuée de très violents fondus au noir agrémentés à chaque fois du nombre de coup de feu qui ont tué la victime. Puis, l’image réapparait, souvent la même : un corps dans le caniveau, que l’on emballe dans un sac poubelle. On s’attache à chaque fois à suivre les histoires des gens, avant qu’ils soient arrachés à la vie et au film, et que l’on n’entende plus jamais parler d’eux. On marche dans les rues de la ville, on les suit, allant à la fête d’un copain ou à l’enterrement d’un autre, rendant visite au juge pour mineur, se faisant tatouer, s’investissant dans un commerce de boulangerie avec ONG, vacant à différents trafics d’armes ou de drogue.

Un air de désespoir plane, derrière la musique entêtante et envoutante des Tres Coronas. La vision d’une impasse lugubre située au fin fond d’une zone de non droit, abandonnée par les pouvoirs locaux dont le rôle est purement punitif. Et cette question, du juge, qui s’adresse à un délinquant sur le fil du rasoir : « comment voulez-vous que les autorités fassent respecter les droits humains si vous-même ne le faites pas ? »

La Vida Loca est le témoignage de la misère, sans morale, qui va au-delà de l’engagement et du courage, jusque dans la mort, puisqu’il a coûté la vie à Christian Poveda, son réalisateur. Pris pour un indic, il a été tué par balles quelques jours avant la sortie en salle du film.

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Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone.

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 16:49

 

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Quelle saga épique que ce film magistral de 3h40. 10 ans de la vie de Sergio Leone, pour mettre en scène cette histoire incroyable. 

D’ordinaire, je ne raffole pourtant pas des films de gangsters. Mais il faut avouer que celui là est a mérité ses gallons de grand classique. 

J’avais déjà beaucoup apprécié le roman dont est tiré le film. Rien n’est oublié dans l’adaptation cinématographique. Elle raconte la vie du fameux Noodles (Robert de Niro), de son meilleur ami Max (James Wood), et de leurs comparses, Patsy et Cockeye. Tous les quatre grandissent dans le New York des années 30, au milieu de la violence et de la pauvreté du Lower East Side, qui était à l’époque un ghetto Juif. Ils s’en sortent en montant leur business de trafic d’alcool pendant la Prohibition, et signent un pacte de partage de leur fortune, pour la vie. Mais lorsque la prohibition se termine, il faut rebondir, et c’est à partir de là que les choses se gâtent. Devenus le grand chef de la pègre, Max commence sérieusement à avoir la folie des grandeurs, tandis que Noodle, plus lucide, a d’autres préoccupations…

Quelle aventure que ce film, magnifiquement filmé, qui passe au fil du montage du New York populaire des années 30, ses docks fumants et ses calèches, au New York flamboyant des années 70, ultra moderne et en plein boom. Les décors sont magnifiquement reconstitués, chaque plan est minutieusement travaillé. De Niro trouve là un des plus grands rôles de sa vie, tout comme James Wood, et leur relation fusionnelle et chaotique est passionnante. De mon point de vue, il en résulte une sorte de fascination pour le monde des gangsters, et comme une envie de vivre dangereusement. Ce film est une description encyclopédique, cruelle et violente de ce qu’est la Grosse Pomme, et une plongée sans retour dans l’Amérique telle qu’elle est vraiment, sous la surface.

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Dream House, de Jim Sheridan. 14 octobre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 22:10

 

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Alors, heu… Moi j’adore les bandes annonces. Et il y a quelque chose qui m’énerve (mais qui m’éneeeeeeerve!), c’est les distributeurs surpuissants d’Hollywood (ici Warner) qui ont la main mise sur le marketing des films, et qui créent ce que j’appellerais des « bande annonces hameçon ». C’est-à-dire: des bandes annonces qui appâtent, mais quand on mord, on se rend compte qu’on s’est fait avoir. La stratégie commerciale, j’imagine (mais je n’y connais rien), c’est d’hameçonner un maximum de spectateurs pour faire un maximum d’entrées au début, quitte à ce que le buzz s’essouffle sur la longueur à cause du mauvais bouche-à-oreille causé par la déception des gens. C’est souvent le cas pour deux catégories de films: les comédies (où souvent toutes les meilleures vannes sont déjà lancées dans la BA), et les films d’horreur/angoisse.
C’est le cas pour Dreamhouse: un casting de rêve en ce qui me concerne, puisque j’apprécie au même degré (mais de façon différente) Naomi Watts, Rachel Weisz et Daniel Craig. La bande annonce semble assez flippante (vu qu’elle révèle les trois quarts du film, pas étonnant!), résultat: hier soir, on se motive et on y va.

La première partie du film est agréable à voir, un père de famille, au sommet de sa carrière dans l’édition, décide de démissionner, de quitter New York, les gratte-ciels, le stress. Il s’installe dans une nouvelle maison ravissante au fin fond du Connecticut avec sa charmante épouse et ses deux petites filles choupinettes. Ambiance maison cosy, banlieue résidentielle sous la neige à l’approche des fêtes de fin d’année, un couple très amoureux, tout va bien, bien sûr, puisqu’après ça va dégénérer. Et dans tous les sens du terme. La petite famille assiste à des évènements troublants, se fait harceler par un homme qui rôde la nuit et des ados sataniques qui font du spiritisme dans leur cave. La maison fut le théâtre d’un drame horrible, un triple meurtre, une femme et ses deux filles, dont le seul suspect, jamais inculpé faute de preuves, est le père. L’enquête démarre.

Alors le problème, c’est un scénario qui ne tient pas la course. Le coup du renversement de situation au milieu du film qui révèle la grosse psychose du personnage principal, alors qu’on pensait que les fous, c’étaient les autres, c’est du déjà vu cent fois. Les Autres, ou Shutter Island, c’était encore relativement construit. Mais là, c’est… vide! Aucun approfondissement psychanalytique, on mélange gaiement amnésie et psychose. Quant au dénouement, on dirait qu’il sort d’une copie d’un enfant de 6 ème qui fait une rédaction du type « écris la suite ». Quel gâchis, avec de si bons acteurs… Naomi Watts a en tout trois pauvres lignes de texte. Rachel Weisz, très convaincante au début, finit par se débattre mollement avec l’absurdité scénaristique. Sans grande conviction, elle finit par avoir l’air pseudo terrifié et surtout très fatigué qu’ont les très bons acteurs quand ils font un film commercial pour payer leurs impôts. Daniel Craig tient la route, le pauvre, et essaie de soutenir sur ses épaules (musclées, faut dire), un film très très lourd. 

Finalement, on aurait voulu rembobiner le film jusqu’à l’introduction, et pouvoir choisir une autre suite dans le menu avec la télécommande: « Thriller Bidon ou comédie sentimentale niaiseuse? » J’aurais franchement choisi la deuxième option. Moins fatigant.

 

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19 octobre 2011

Classé dans : Agenda des sorties. — elsalauravietnam @ 21:22

J’irai:

POLISSE, de Maïwenn, avec Karin Viard, Joey Starr, Marina Foïs, Nicholas Duvauchelle, Maïwenn, Karole Rocher, Frédéric Pierrot… Production: France.

Les bonnes raisons d’y aller: Parce que j’adore Maïwenn, j’adore son cinéma, son univers, j’adore ses acteurs (les mêmes selon les films, la plupart du temps). Parce qu’il y a Marina Foïs, une de mes actrices préférées, et qu’elle est tout le temps soit extra juste, soit extra drôle, soit les deux. Et pour les autres aussi, Nicolas Duvauchelle, un des meilleurs de sa génération, Joey Starr, qui crève l’écran dès qu’il est devant une caméra… Karin Viard, Karole Rocher, Jérémie Elkhaïm, bref, il y a tout ce qu’il faut pour faire un super film inspiré des enquêtes réelles de la Brigade de Protection des Mineurs sans tomber dans les pièges du voyeurisme type M6 et  »Enquête Exclusive ». En gros, j’en peux plus d’attendre, et pour moi, Polisse et LE « must-see » frenchy de l’automne 2011.

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Et sinon?

On a le droit: Johnny English, le retour. Parce que l’humour british, c’est souvent débile, mais c’est trop bon. Je vais éviter: la floppée de films d’animation qui sortent ce jour là…. Et c’est pas fini avec la fin de l’année qui approche! Quant à Paranormal Activity 3, je vais me contenter de la bande annonce, elle sont à chaque fois mieux fichues que les films.

 

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