Page ciné d’Elsa

Bienvenue sur mon blog

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2011

28 jours plus tard VS 28 semaines plus tard. 29 novembre, 2011

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 16:50

28jours.jpg  28semaines.jpg

Après la déception causée par le très mollasson Contagion, je me suis lancée dans une quête de films d’anticipation/catastrophe bactériologique. Le diptyque 28 jours/28 semaines plus tard offre, dans ce style, un cinéma un peu plus secoué.

Le concept est simple : 28 jours plus tard est le premier des deux volets, chronologiquement. Tout commence à Londres, lorsque qu’un groupe d’activistes fait irruption dans un centre de recherche et libère des singes de laboratoire, porteurs d’un virus extrêmement contagieux (par la salive et le contact du sang contaminé). Lorsqu’un être humain contracte le virus, il est immédiatement animé d’une rage incontrôlable. En 28 jours, les stades exposition/infection/épidémie/dévastation sont atteints. L’Angleterre n’est plus qu’un no man’s land. Les hommes se sont tous entretués, et les plus chanceux ont été évacués. Il ne reste qu’une poignée de survivants, qui fuient les contaminés restants. Pendant ce temps, Jim était dans le coma suite à un accident survenu avant la pandémie. Le film suit ce personnage, son réveil, sa rencontre avec quelques autres survivants et leur fuite vers un camp militaire reculé dans les environs de Manchester, où les tous les autres survivants se seraient regroupés.

28 jours plus tard est un film purement terrifiant et cauchemardesque. Danny Boyle emploie tout son art pour revisiter le film de zombies. Il agrémente le tout d’une morale atroce sur l’espèce humaine, sur les réactions des uns et des autres en temps de fin du monde. Les premières scènes du film sont saisissantes : on suit le personnage de Jim, errant dans les rues désertes, poussiéreuses et silencieuses, passant dans tous les lieux emblématiques de Londres (Big Ben, Westminster, Piccadilly, Tower Bridge…). Les plans aériens ou filmés à la grue, éclairés d’une lumière apocalyptique grise et jaune, avec pour fond la montée en puissance du son-thème de John Murphy, In a heartbeat, sont magistraux. Le reste du film est complètement survolté, glauque, violent et très, très gore. Cillian Murphy (précédemment vu dans Le vent se lève, de Ken Loach), qui joue Jim, est viscéralement habité par la peur, comme nous. Il est déchiré entre la raison et la bestialité qui l’anime pour se défendre. La scène où le groupe doit changer une roue de la voiture, coincé dans un tunnel assailli par des contaminés, c’est de l’adrénaline en intraveineuse.

28dayslatercillianmurphy.jpg  28days1.jpg

28 semaines plus tard, c’est la suite du premier, donc, réalisée par (plus ou moins) la même équipe, mais pas les mêmes acteurs. On échange un irlandais (Cillian Murphy) pour un écossais (Robert Carlyle, avec un accent pas plus compréhensible mais une interprétation non-moins efficace). Ce deuxième volet est malgré tout assez différent du premier dans sa mise-en-scène. 28 semaines plus tard, la pandémie est vaincue. L’Angleterre est placée sous la tutelle des Etats-Unis, dont les forces armées ont pour mission de reconstruire et repeupler les villes. On suit cette fois le parcours d’une adolescente et son petit frère qui reviennent à Londres et se réinstallent avec leur père. Mais bien sûr, le virus ressurgit. Comme dans un effet miroir avec le premier film, qui commençait dans le chaos et finissait dans le calme, le premier commence dans le calme avant que ne ressurgisse le chaos. On sent que  le réalisateur Juan Carlos Fresnadillo a bénéficié du succès du premier film, et qu’il devait avoir le double de budget. Les effets spéciaux sont calibrés en conséquence, donnant plus de spectacle et moins de réalisme. Londres bombardé au Napalm, snipers US en embuscade qui tirent à feu nourri sur la population… On dérive par moments vers un mélange de Call of Duty et Resident Evil, que certains ont trouvé grotesque. Mais un scénario inventif relève le niveau global assez bas : je garde la scène ou le gamin sert de chèvre au groupe et court dans une impasse pour révéler la position d’un sniper. Je valide celle où les soldats américains enferment à double tour dans un hangar sans lumière un bon millier de civils pour les protéger… sans savoir qu’un contaminé y est entré aussi. L’effet domino qui s’en suit est juste terrifiant.

Deux films à la fois très efficaces donc, novateurs mais grossiers par moments. J’aime cette vision de fin du monde, l’absence de morale, la victoire par chaos de la lâcheté et de la cruauté des hommes, et le portrait peu flatteur des forces armées, à l’inverse des films hollywoodiens type Michael Bay. Oui, c’est gore, ça plait aux ados, mais ce sont aussi deux films à très, très haute tension.

18766492r640600b1d6d6d6fjpgqx20070510111602.jpg 18766496r640600b1d6d6d6fjpgqx20070510111637.jpg

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2011

Les Adoptés, de Mélanie Laurent. 28 novembre, 2011

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 16:45

lesadopts.jpg

Voici le premier long-métrage de l’hyperactive Mélanie Laurent. Présente sur tous les fronts (théâtre, cinéma, réalisation, musique, mode…) depuis environ trois ans, l’actrice/réalisatrice agace beaucoup de monde, ça on sait. D’ailleurs, j’en ai véritablement pris conscience en allant voir son film, puisque c’est dans une salle absolument vide que j’ai assisté à la projection (privée en quelque sorte, ce qui est un peu étrange). Mais d’autres lui prêtent du courage, voire du talent.

Je fais partie de cette deuxième catégorie de personnes, et j’ai vu une bonne partie de ses films depuis le début de sa carrière.

Les adoptés, c’est un sujet simple, traité d’une belle façon. Il décrit l’amour fusionnel de deux sœurs, Marine et Lisa. Marine (Marie Denarnaud), est pétillante et romantique. Elle vit à mi-chemin entre ses rêves (les livres qu’elle vend dans sa petite librairie anglo-saxonne, les films hollywoodiens des années cinquante qu’elle regarde en boucle), et la réalité. C’est-à-dire sa vie de trentenaire célibataire. Lisa (Mélanie Laurent) élève seule son fils Léo. Elle est légèrement désabusée et vit au contraire un peu trop dans la réalité. Un jour, Marine rencontre Alex, joué par Denis Ménochet, dont elle tombe très amoureuse. Lisa est rongée par la jalousie, et Marine par la culpabilité. La dynamique de la vie de famille (dont la relation avec leur mère) s’en trouve ainsi chamboulée. Et au milieu de tout ça survient un évènement tragique qui fait glisser le film vers un drame assez bouleversant.

 

 

223762243640562333105237324212964740796998734587n.jpg

 

Mélanie Laurent, Denis Ménochet, Marie Denarnaud.

 

Rien de sensationnel dans ce sujet, donc. Ce qui fait de ce film un concentré d’émotion, c’est un mélange d’interprétation, de lumière et de son. Formidablement éclairé, chaque plan créé une ambiance précise, grâce à un travail de l’image, des flous, des enchainements, de la saturation, à grand renfort de décadrages, et de zoom-in. Bravo au chef-op’, qui créé une sorte de patchwork poétique. Bien écrit, il apporte son lot de scénettes insolites tantôt drôles et touchantes. Le scénario explore les âmes de ses personnages, et la recette-douce amère donne un film très équilibré entre drame et légèreté. La douleur qui s’encre dans les personnages suite à l’accident est réelle et profonde. J’approuve la performance de Marie Denarnaud, que je ne connaissais pas. La scène qui suit sa dispute au téléphone avec Mélanie Laurent est celle que je retiens. Caméra embarquée, on la suit, titubant, errant dans la nuit, comme poignardée, jusqu’à ce qu’elle s’effondre dans les escaliers d’une station de métro. En parallèle, je retiens aussi la scène où Lisa, en état de choc, s’écroule dans les couloirs de l’hôpital. Mélanie Laurent réalise un film à son image : tendre, poétique, intime, drôle et désespéré, bien servi par la bande son de Syd Matters (dont le morceau final, I might float, est particulièrement bon).

 

 

3200772611158239189122373242129647408523871230573764n.jpg

 

Sur le tournage avec le petit Théodore Maquet-Foucher

 

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2011

Contagion, de Steven Soderbergh. 20 novembre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 18:08

contagion.jpg 

Récap’ sur Contagion : 

Je ne sais pas par où commencer tellement ce film est bourré d’erreurs. D’ailleurs on ignore où le commencement se situe, et tout le film tourne autour de cela. Le film s’ouvre sur le Day 2, se poursuit chronologiquement et se termine sur Day 1. Day 2 s’organise autour du personnage de Gwyneth Paltrow (la pauvre, tout est de sa faute), à Hong Kong. Elle est suspectée d’être le Patient Zero, c’est-à-dire la première personne humaine à contracter le virus mortel à l’origine de la pandémie qui va suivre et menacer l’humanité entière. Sauf si un vaccin est trouvé et commercialisé. La trame (très réduite) du scénario se résume à ceci : une équipe de médecins américains qui cherchent à remonter jusqu’à la source pour comprendre d’où vient le virus et pouvoir l’éradiquer. On suit donc une multitude de personnages qui attrapent ou non l’infection à travers différents endroits dans le monde. Ca pourrait être une bonne idée, mais dommage, ça tombe à l’eau. Et le film, c’est ça : une série de bonnes idées qui ne mènent à rien.

Car le sujet est infiniment complexe et Steven Soderbergh n’avait manifestement pas les épaules pour le traiter. Et c’est en essayant de tout englober qu’il finit par brasser du vent : l’évolution de la pandémie, sa source, la course au vaccin, les batailles des grands groupes pharmaceutiques, les laboratoires, le traitement des médias, les pouvoirs publics, l’altermondialiste indigné qui crie à la conspiration, les mouvements de foule en panique, les pillards, l’extinction progressive de la race humaine, le retour à la barbarie, une chercheuse de l’OMS prise d’otage dans un village chinois, un citoyen immunisé qui protège sa fille… Le film part dans tous les sens, comme un feu d’artifice, mais qui ne ferait aucun bruit et qu’on tirerait en plein jour : aucun effet. Faire « tout », ça ne donne « rien ».

Il aurait peut-être fallu traiter le sujet sous un angle politique (façon documentaire), ou sous un angle émotionnel (où on s’attacherait à un groupe d’individus). Mais le réalisateur ne s’engage pas politiquement, et les personnages sont trop nombreux pour que l’on s’attache à eux. Les acteurs sont tous connus et bons, mais exploités comme des produits à usage unique sur la base de leur notoriété. Pas un seul n’a un rôle à la hauteur de son talent. Un peu comme si un richissime producteur avait capricieusement choisi des acteurs selon ses propre goûts par vidéoconférence depuis son bureau en teck massif à Abu Dhabi.

19798193r640600b1d6d6d6fjpgqx20110818030527.jpg

Le plus étonnant, ce sont les temps morts dans une histoire où tout va très vite. Un plan inutile sur Gwyneth Paltrow qui se fait ouvrir le crâne par les légistes, Marion Cotillard qui évolue de bureau en bureau, penchée sur des écrans d’ordinateurs, et qui parle, mais avec une coupure son et de la musique, ou encore Laurence Fishburne qui lâche un jargon médical incompréhensible…

Ce que je retiens de bon, c’est la musique, une sorte de montée en puissance progressive d’un son électro-lancinant, qui est assez angoissante. Je garde aussi les plans esthétiques type « l’apocalypse vue par Yann Arthus Bertrand » d’une ville fantôme, d’une rue déserte jonchée de  déchets, d’un aéroport vide, d’une autoroute silencieuse. Deux personnages sortent du lot : Kate Winslet, médecin envoyée en mission-suicide sur le terrain, et qui a l’occasion de montrer de quoi elle est capable devant une caméra. Et Jennifer Ehle, qui dirige l’équipe de chercheurs qui mettent au point le vaccin, et qui, pris en étau devant le manque de temps, décide de le tester sur elle-même.

Mais pour le reste, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. L’angoisse malsaine qui résulte du sujet ne provient pas de l’écran que l’on regarde, mais de ce qui nous entoure, extérieur au film. De cette personne qui tousse dans la salle de cinéma, de la poignée de porte qu’on tient en sortant. Si on n’était pas régulièrement mis en « quarantaine médiatique » par la télévision et internet concernant des cas de début d’épidémie mondiale (H1N1 et autres grippes…), le film aurait peut être un intérêt. Mais il ressemble plutôt à l’œuvre d’un réalisateur que la FEMA ou le Ministère de l’intérieur aurait mandaté pour faire une campagne de prévention du type : « voilà comment les choses vont se passer, mais on contrôle la situation ».  Et pourtant, je suis très bon public en ce qui concerne les films catastrophe parce que j’adore ça. J’aurais aimé un mélange entre l’excellent Alerte de Wolfang Petersen, 28 jours plus tard de Danny Boyle, et le plus récent mais non moins excellent Blindness de Fernando Mereilles. Pour une histoire de pandémie qui touche tout le monde, au final c’est un film qui ne touche personne.

contagionmovie.jpg

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2011

La femme du Vème, de Pawel Pawlikowski. 19 novembre, 2011

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 21:37

 

lafemmeduvme.jpg

 

Petit débriefing sur La Femme du Vème, sorti mercredi.

C’est l’histoire de Tom Ricks, un romancier/universitaire Américain, auteur d’un best-seller, qui débarque à Paris. La première scène s’ouvre sur sa situation familiale: divorcé de son ex-femme française, professeure elle aussi. Il cherche à renouer des liens avec leur fille, alors qu’il est l’objet d’une mesure d’éloignement du foyer familial. On ignore pourquoi. Sa tentative se solde par un refus violent de son ex-femme, qui le met dehors. Après s’être fait voler toutes ses affaires, il échoue dans un hôtel glauque avec seulement quelques euros et son passeport en poche. Le responsable, un drôle de personnage à la fois courtois et louche  (très bien interprété par Samir Guesmi) le récupère immédiatement comme caution. Pour payer ses nuits, il accepte un job de guetteur pour un réseau de trafic dont on préfère ignorer la nature, cloisonné dans un sous-sol sordide. Il y passe ses nuits à écrire, et ses journéees à épier sa fille de loin: c’est le début d’une sorte d’errance dans la ville.

Mystérieux, énigmatique et séduisant, c’est ce qui définirait  le film, et le personnage, interprété par Ethan Hawke. Très étrange de voir un type comme lui, au look d’universitaire (lunettes, grand manteau noir et montre Hamilton au poignet), débarquer dans une piaule immonde, au petit matin, et fréquenter la haute-bourgeoisie dans les soirées privées et feutrées des cercles littéraires parisiens le soir. Le personnage semble à la fois brisé (par le manque de son enfant), et complêtement invulnérable. Il semble n’être habité par aucune peur, comme au dessus de la réalité. Peu importe les menaces de mort d’un caïd qui loge dans la chambre d’à côté, la police qui l’accuse de meurtre, peu importe les regards assassins de son ex femme. Ethan Hawke, est comme lui, fearless. Il possède une sorte de force extraordinaire, qui lui permet de n’être atteint par rien, et de se plonger à corps perdu dans son processus créatif d’écriture. Les détails de la vie réelle sont invisibles à ses yeux.

 

19711307r640600b1d6d6d6fjpgqx20110407045248.jpg

 

Ambiance pesante, angoissante, et appartements cosy constituent le décor du film, mis en scène de façon assez élégante. Sa liaison passionnée avec Margit, la veuve d’un grand auteur roumain (Kristin Scott Thomas), est particulièrement troublante, et nous plonge dans une sorte de rêve éveillé de par son côté, décalée,  charnelle et envoutante. On se laisse bercer par l’histoire qui prend des allures de polar. Meurtres et disparitions sèment avec parcimonie autant de mystères que d’indices, et on en vient à ne plus savoir si les fils de cette toile d’araignée se referment sur lui ou s’il les tisse lui même.

Intéressant donc, pas facile à raconter sans casser le suspense surtout. Ca m’a donné très envie de lire le roman dont le film est tiré, écrit par Douglas Kennedy.

 

19711314r640600b1d6d6d6fjpgqx20110407045318.jpg

 

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2011

Intouchables 18 novembre, 2011

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 11:55

19806656r640600b1d6d6d6fjpgqx20110905040449.jpg

Bon, voilà, j’y suis allée, j’ai cédé sous la pression des incessants « Il FAUT que tu ailles voir Intouchables » qu’on entend en ce moment à longueur de journée. J’avoue que j’étais un peu rabat-joie au départ, saoûlée par la surmédiatisation de l’évènement et de ses 5 millions d’entrées.

Mais aucun regret finalement, parce que je me suis bien marrée, comme tout le monde. Intouchable est drôle, c’est sûr. C’est touchant (haha), ça fait du bien d’avoir le droit de se moquer des handicapés tous ensemble (parce que tout seul, on a l’air stupide et cruel). Bref, Intouchables selon moi, c’est un peu un défouloir.

 Mais non, mais non, il ne faut pas dire ça, c’est surtout une hymne à la tolérance, un pied-de-nez au concept de « normalité ». C’est un appel à traiter comme son égal quelqu’un qui est différent. C’est sûr, le film a soudain ouvert les portes sur un sujet qui jusque là n’intéressait personne sauf les victimes: le handicap. C’est un tremplin à la sensibilisation pour la cause des handicapés, et brutalement, tous les médias et les politiques s’emparent de la problématique (Hollande en campagne, Bachelot invitée hier du Grand Journal avec les créateurs du film…). Dommage, qu’il faille attendre qu’un film cartonne au box-office pour s’en préoccuper.

Au final, Intouchables est néanmoins un film très agréable, qui a le sens du rythme, comme toutes les comédies bien faites. La scène d’ouverture, j’avoue, m’a transportée. Elle est à la fois touchante et jubilatoire (qui n’a pas rêvé de fumer les flics à bord d’une Maserati Quattroporte?). Tout le long du film, on rigole, bien sûr. La scène durant laquelle Philippe essaie d’initier Driss à la musique classique avec un orchestre privé est culte. Ma vanne préférée: quand Omar percute sur le printemps des 4 Saisons de Vivaldi: « Ah mais oui, ça je connais, tout le monde connait! C’est la musique des Assedic de Paris! Bonjour, votre temps d’attente est d’environ deux ans. » 

Ce film est bien mais c’est surtout une sorte de miroir à double face: d’un côté, une grosse compilation de vannes hillarantes d’Omar qui s’enchainnent les unes après les autres comme s’il c’était un défi de toutes les caler, et de l’autre, la mise en avant d’une super interprétation de François Cluzet.  Pal mal, pour Omar Sy, pour qui les portes du cinéma s’ouvrent en très grand, et qui ne sera plus seulement cantonné à apparaître 5 minutes tous les soirs dans le SAV. Dommage peut être pour François Cluzet, qui a quand même beaucoup d’autres cordes à son arc et tourné avec les plus grands metteurs en scène. Il sera pour le restant de sa carrière référencé comme le tétraplégique de ce fameux film super connu, par le grand public. C’est un peu réducteur, compte tenu de son parcours d’acteur.

La question finale étant: est-ce que ce film est une sorte de succès caritatif qui bénéficiera vraiment aux handicapés et qui améliorera leur image, ou bien est-ce un foutage de gueule autorisé et généralisé?

19826699r640600b1d6d6d6fjpgqx20111010054131.jpg

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2011

Sorties du 16 novembre 2011 16 novembre, 2011

Classé dans : Agenda des sorties. — elsalauravietnam @ 12:49

J’y vais:

19821550r120xfjpgqx20110930104103.jpg

L’ordre et la morale, de Mathieu Kassovitz, avec Mathieu Kassovitz, Iabe Lapacas…

Parce que j’aime bien Mathieu Kassovitz, son côté outsider, un peu comme un anti-Cannet. Et que des films comme Les rivières pourpres ou Johnny Mad Dog me permettent d’excuser ses daubes (Gothika, Babylone A.D). Le reste du temps, son cinéma est solide, sérieux et précis. J’apprécie ceux qui traitent les faits sans en faire des tonnes, et je pense donc qu’un film sur les évènements de la grotte d’Ouvéa, c’est une (très) bonne idée.

19790085r120xfjpgqx20110803011022.jpg

La femme du Vème, de Pawel Pawlikowski, avec Ethan Hawke, Kristin Scott-Thomas… Production: Pologne.

Parce que le thriller, c’est mon genre préféré (surtout politique, mais psychologique, c’est bien aussi). Que la mise en scène a l’air classe (du moins dans la bande-annonce), qu’Ethan Hawke ne déçoit jamais, et que Kristin Scott-Thomas est toujours parfaite (surtout en mode manpulatrice et venimeuse, ça lui va comme un gant). Alors j’y vais, même si je n’ai pas lu le roman de Douglas Kennedy.

J’hésite:

19816052r120xfjpgqx20110921120629.jpg

Les Neiges du Kilimandjaro, de Robert Guédiguian, avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin… Production: France.

Parce que même si j’aime bien Robert Guédiguian (mais raisonnablement, on va dire), surtout quand il tourne à Marseille avec ses acteurs fétiches, et que j’aime son idée de créer l’émotion sur la base de la vie quotidienne d’un groupe social généralement ouvrier ou classe moyenne pour dénoncer le délabrement social… Comment dire, à force d’éviter d’analyser les choses « à chaud », j’ai peur que ça finisse par être… tiède.

J’évite:

19824067r120xfjpgqx20111005011422.jpg

Twilight-Chapitre je sais plus combien, Révélation (première partie, en plus!), de Bill Condon, avec Robeeeeeeert Patinson, et Kristen Stewart, et beaucoup de loups-garous. Production: ben devinez…

Parce qu’après avoir vu la moitié du premier, je n’ai pas eu le courage de regarder ni le deux, ni le trois. Alors le quatre… Désolée pour les fans, la magie Twilight, les teen-movie et la fièvre romantique n’opèrent pas sur moi.

 

 

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2011

Apocalypse Now vs Platoon. 14 novembre, 2011

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 11:23

apocalypsenow1.jpg platoon1.jpg

J’aime beaucoup les films de guerre, et le duo « spécial Vietnam » Apocalypse Now/Platoon est un poids lourd en la matière. Francis Ford Coppola et Oliver Stone sont deux très grands réalisateurs, bien sûr, et leur travail est titanesque dans les deux cas. Je ne vais donc pas m’appliquer à faire une analyse très poussée sur les deux films, car cela représente un travail trop important, ni les comparer car ils ne sont pas comparables.  Mais j’ai revu ces deux long-métrages il y a peu de temps, et l’émotion a été aussi forte que la première fois.  

Le premier, Apocalypse Now, est un des plus grands films de l’histoire du cinéma de l’avis de beaucoup de monde. Avec un tournage aussi apocalyptique que le sujet du film, il a fait couler beaucoup d’encre. Magistralement filmé, magistralement éclairé et interprété, il est la quintessence de ce que l’on pouvait faire avec les moyens de l’époque (1979). Marlon Brando est bien sûr aussi puissant que longue est l’attente avant son apparition mystique au fond de la jungle cambodgienne. La version longue du film offre notamment une scène excellente, celle de la plantation française, avec un dîner interminable où le débat politique fait rage et pose des questions aussi pointues que sensibles. Martin Sheen est magnifique, physiquement et dans son jeu. La scène d’ouverture est pour moi une des scènes les plus fortes du cinéma : un long plan fixe sur la jungle paisible, avec pour fond sonore The End des Doors. Et soudain, une nuée ardente de napalm transforme ce paradis en enfer. La fin du film est une transe absolue, qui nous plonge dans la folie meurtrière des hommes, des indigènes, des américains, jusque là tapie au fond des temples fumants, dans les méandres du cours d’eau que remonte l’équipage de soldat jusqu’au Cambodge. Bref, Apocalypse Now est cérébral, contemplatif, romantique, intense, c’est un vrai chef d’œuvre.

apocalypsenow51.jpg  apocalypsenow14g1.jpg

Dessus, Sam Bottoms (Lance), et dessous, Martin Sheen (Capitaine Willard), Apocalypse Now.

Platoon est un film plus violent, plus sauvage, moins cérébral, quoi que la voix off de Charlie Sheen pose des questions très intéressantes sur l’absurdité de cette guerre. Plus récent (1987), c’est le fils de Martin qui reprend le flambeau du rôle principal, ce que j’ai toujours trouvé émouvant et insolite à la fois. Oliver Stone en est un vétéran au moment où il réalise le film, donc il sait de quoi il parle. Et le réalisme de sa description est impressionnant. Dans Platoon, on s’y croirait, tout simplement. On assiste à la déchéance  d’un régiment d’infanterie envoyé au cœur de la bataille contre les Viêt-Congs en 1967. On les observe, errer comme des âmes en peine, sur un terrain bien connu de l’ennemi, et où ils s’égarent jour après jour davantage. Perdu dans la forêt primaire, sous la pluie, bouffés par les insectes, ils meurent sous leurs propres bombes, et finissent par s’entretuer à cause de leurs divergences, par faute d’un commandement cohérent des élites politiques et de l’Etat major américain. J’ai adoré la performance de Willem Dafoe, qui joue le sergent Elias, et sa clairvoyance : « Nous allons perdre cette guerre, dit-il à Taylor (Sheen). – Et pourquoi ?, répond ce dernier. – Parce que ça fait trop longtemps qu’on fout la raclée à tout le monde. Cette fois-ci, c’est notre tour. » Bref, Platoon, c’est un film à haute-tension, surpuissant, remarquable.

12832454gal1.jpg  goblinplatoon.jpg

A gauche, Willem Dafoe (Elias), et à droiten Tom Berenger. Deux sergents, deux visions différentes de la guerre pour un même régiment. Platoon. 

Deux points de vue différents (américains malgré tout), adoptés sur un des évènements les plus dramatiques du 20ème siècle.

Mais dans tous les cas, ce sont deux films extraordinaires, pour un public averti.

  

annexbrandomarlonapocalypsenow101.jpg

Marlon Brando sur le tournage d’Apocalypse Now.

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2011

Un avis sur « Mon pire cauchemar », d’Anne Fontaine. 13 novembre, 2011

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 21:34

monpirecauchemar.jpg

Qu’on se le dise, Mon pire cauchemar n’est pas la comédie du siècle, mais c’est un film émouvant.

C’est l’histoire de la rencontre entre Agathe, une grande bourgeoise responsable d’un musée d’art contemporain, et Patrick, un père célibataire qui vit dans son camion, et travaille au black. La première est  glaciale et cynique, le second sans-gêne et… très marrant. Bien sûr, puisque les acteurs qui les incarnent sont Isabelle Huppert et Benoît Poelvoorde.  Facile donc, chacun est dans son registre comme un poisson dans l’eau. L’opposition des classes sociales donne comme d’habitude lieu à des situations rigolotes, comme dans les films de Francis Veber. Un grand classique, en somme. Mais finalement, ce n’est pas à se tordre de rire. Les meilleurs blagues sont contenues dans la bande annonce, mais il reste quelques scènes où le comique de geste ou de situation est tordant. Il faut être très rabat-joie pour ne pas apprécier. Certes, c’est carricatural, mais à quoi sert-il de tirer à feu nourri sur la carricature? C’est toujours drôle, une carricature.

19789040r640600b1d6d6d6fjpgqx20110802113233.jpg

L’intérêt, c’est le tournant que prend l’histoire, quand les deux opposés finissent par s’attirer. Sans aucune mièvrerie, mais au contraire de façon très touchante. L’iceberg Huppert fond comme de la neige au soleil, lâche du lest, et se montre triste, tendre et désabusée, face à un Poelvoorde désarçonné qui dévoile un tout autre visage. L’alchimie entre les acteurs est palpable. Et puis, il y a un certain sens du rythme. Donné par Poelvoorde, en partie. Car comme le disait très joliment (ma journaliste préférée) Rebecca Manzoni dimanche dernier sur France Inter en présentant son invité: « Benoît Poelvoorde n’aime pas le silence, et il a la générosité de le remplir. »

Tout ça pour un petit film agréable à voir, et deux/trois scènes assez cultes quand on adore Isabelle Huppert (comme celle où elle se retrouve coincée dans un carwash un peu particulier en Belgique).

19789039r640600b1d6d6d6fjpgqx20110802113150.jpg

19789035r640600b1d6d6d6fjpgqx20110802113147.jpg

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2011

Sorties du 09 novembre 10 novembre, 2011

Classé dans : Agenda des sorties. — elsalauravietnam @ 10:37

Pas mal de choses motivantes ce mercredi:

J’y vais:

19802301r120xfjpgqx20110825050617.jpg

Contagion, de Steven Soderbergh, avec Laurence Fishburne, , Matt Damon, Jude Law, Kate Winslet, Gwyneth Paltrow, Marion Cotillard, … Production: Etats-Unis, Emirats.

Parce que Contagion, c’est un film avec des arguments massue. Tout d’abord, le sujet, le principe de la guerre bactériologique/pandémie (si j’ai bien compris), qui va marcher grâce au climat de paranoïa ambiante à l’échelle internationale. Le genre: le mélange film d’anticipation/film catastrophe, c’est archi à tendance à la veille de 2012 (on va tous mûriiiiir!!!). Le casting: méga playade d’acteurs (pas tous mauvais, en plus), là-dedans, il y en a pour tous les goûts et pour tout le monde. Et en plus ça fait 3 mois qu’on nous  bassine avec la bande annonce Alors même si j’aime pas faire comme tout le monde et que je prends un plaisir ridicule à refuser de voir les cartons du box-office (j’ai mis 10 ans avant de voir Titanic, et je n’ai bien sûr pas vu Avatar), celui-là, je ne passe pas à côté. Au moins pour Soderbergh, qu’on réduit trop facilement à la saga des Ocean’s alors qu’il a fait d’autres films, très bons (Erin Brocovitch).

19819686r120xfjpgqx20110927030443.jpg

Mon pire cauchemar, d’Anne Fontaine, avec Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde, André Dussolier. Production: France.

Parce que Isabelle Huppert. Parce que j’ai déjà vu une trentaine de ses films (32 pour être précise), et qu’elle est une sublime actrice, et donc que je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin. Et en plus, celui-là, il a l’air drôle. Et je ne veux pas entendre les Inrocks ou les Cahiers balancer leur sempiternel discours « Bah ça aurait été plus intelligent si elle avait joué le rôle du boulet (Poelvoorde) et vice-versa! » Ca marcherait pas, je vous dis. Non pas qu’elle n’en soit pas capable, mais ce n’est pas là-dedans qu’on a envie de la voir. Non mais!

19777518r120xfjpgqx20110713025416.jpg

Toutes nos envies, de Philippe Lioret, avec Marie Gillain, Vincent Lindon.

Parce que je crois que ce petit film français mérite mieux que de passer innaperçu, parce que le duo d’acteur est très bien trouvé, et parce qu’en tant que juriste (mouais mouais), les histoires de magistrats qui défendent des affaires sociales ultra-tendues, ça me touche. Et l’affiche, c’est une très belle photo.

J’évite:

19816806r120xfjpgqx20110922120810.jpg

On ne choisit pas sa famille, de Christian Clavier, avec Muriel Robin, Jean Reno… Production: France.

Le principe de faire d’un sujet prise de tête (l’adoption homo) quelque chose de drôle, c’est super. Mais je ne fais pas (du tout) confiance à Clavier pour traiter du problème sans être carrément lourdingue et se servir du propos pour faire marrer les gens et faire des entrées.  Ca s’appelle du foutage de gueule.

 

 

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2011

Forces Spéciales, de Stéphane Rybojad. 6 novembre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 20:25

forcesspciales.jpg

Un petit mot sur Forces Spéciales.

Le principe, c’est le récit d’une opération menée par une unité des forces spéciales françaises pour récupérer une reporter qui sème la pagaille en prenant la défense des femmes en terre talibane au Pakistan. L’opération fonctionne, mais les soldats perdent la liaison radio et ratent le point de rendez-vous avec le soutien aérien. Ils se retrouvent donc pris au piège en haute montagne, avec à leurs trousses des talibans qui se démultiplient.

J’y suis allée parce que j’aime les films de guerre de manière générale, et que je suis très bon public de ce côté là (et accessoirement que j’aimerais bien devenir reporter de guerre, mais ça, peu importe).

 

2707361317536302420231267265774113952203636549044n.jpg

 

Le film, c’est 1h50 de fusillades, quelques dialogues pas très cérébraux, pas mal de sentimentalisme, aucune analyse de la situation politique du pays, et pas de visée dénonciatrice. On ajoute à ça des supers images, des supers ralentis, des beaux paysages sur fond de musique hard-rock/metal et on obtient Forces Spéciales. A voir donc, si on adore jouer à Call Of Duty (comme moi), ou si on adore les beaux yeux bleus de Diane Kruger (comme moi)… Ou encore, si on a le coeur qui bat devant les spots de pub pour l’Armée de terre « Devenez vous-même! ». Parce que c’est un peu à ça que le film ressemble. C’est une sorte d’hybride croisé entre un programme made-in Discovery Channel du type « I shouldn’t be alive… », une campagne de recrutement pour l’Armée, un extrait de A Marche Forcée de Peter Weir, en moins bien,  et une pub pour National Geographic. Agréable pour les yeux, donc, mais pas besoin de mettre en marche le cerveau.

 

19821685r760xfjpgqx20110930114731.jpg

 

2851491446878356152691267265774113952601292493532n.jpg

 

 

 

12
 
 

ICOLLYWOOD |
le cinéma |
belangel |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | megavod
| apollonide
| cinemafan