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Shame, de Steeve McQueen. 12 décembre, 2011

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 16:09

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Le nouveau long-métrage de Steeve McQueen fait sensation  car il est assez étonnant. Comme tout film portant sur une addiction, c’est un film fort. Hypnotique, taraudant, même. C’est de manière générale un beau film, comme on n’en voit pas souvent.  Michael Fassbender (magnifique), le nouveau chouchou du cinéma indépendant anglo-saxon, y joue un personnage victime d’une profonde addiction, marchant sur la corde raide, constamment au bord de l’implosion. On le suit, errant nuit après nuit dans la ville, à la recherche de ses proies comme un lion qu’on aurait enfermé avec des agneaux dans un labyrinthe. Ou plutôt dans un palais des glaces. C’est à cela que ressemble New-York, filmée par Steeve McQueen. Une ville incandescente et froide à la fois, pleine de miroirs et de vitres, derrière lesquels il est impossible de dissimuler ses penchants les plus obscurs. Le personnage de Brandon est comme pris au piège, dans ce dédale où la sortie est à la fois visible et inatteignable. Lorsque sa sœur (Carrey Mulligan) débarque chez lui, Brandon se trouve face au dernier dilemme: sa sœur, ou sa « drogue ». Abandonner son amour fraternel en la rejetant, ou trouver la force de se sortir définitivement de son addiction pour pouvoir accepter sa présence auprès de lui.

 

 

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Et c’est dommage, car les limites du film apparaissent ici. Et si le personnage avait refusé de choisir, succombant à l’un et donc à l’autre, le film n’aurait-il pas été plus fort, plus intéressant  (plus « Haneke », en somme) ?  J’ai eu l’impression que Steeve McQueen, pour une raison ou une autre, a décidé de regarder son propre film à travers le prisme déformant d’une sorte de morale puritaine. Cela donne un résultat un peu mitigé. D’un côté, on a une sorte de manuel de la déviance, une classification caduque des actes de Brandon, du moins grave au plus pervers, qui suit sa descente aux enfers (exactement comme dans Requiem For A Dream). De l’autre, des scènes trash qui mettent le spectateur dans une inconfortable position de voyeur. Et il semble que McQueen a eu du mal à trouver un équilibre entre les deux. Le film aurait pu aller beaucoup plus loin, de façon beaucoup moins crue.

 

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Carnage, de Roman Polanski.

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 15:57

 

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Il me faudrait revoir trois ou quatre fois Carnage pour en faire une véritable analyse tant ce film est riche et complexe.  On ne dirait pas, pourtant. Au premier abord, Carnage ne représente pas vraiment d’effort de mise-en-scène : c’est un long dialogue, avec une unité de temps et de lieu. Du théâtre filmé, adapté de la pièce de Yasmina Réza, Le Dieu du carnage.

Une fois de plus, Roman Polanski réussit un challenge. Contrairement à beaucoup, je préfère son cinéma d’aujourd’hui (depuis Le pianiste, en gros), à ce qu’il faisait à la fin des années 1960. Carnage, c’est l’histoire de deux couples qui ne se connaissent pas, et se réunissent dans un appartement New-Yorkais cosy pour s’expliquer concernant une bagarre entre leurs enfants respectifs. La conversation démarre autour des concepts les plus élevés de ce qu’est la vie en société et finit sur une lutte acharnée et cruelle entre les personnages pour sauvegarder leurs intérêts personnels : c’est un carnage. Le film est donc une glissade, des convenances à la pulsion, des apparences à la réalité, en bref du Moi au ça.

 

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Pour toute personne appréciant le cynisme qui tend à la cruauté, Carnage est complètement jubilatoire. Il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, et c’est ainsi très drôle. Le tout est un chassé croisé entre des individus représentant le bien et le mal. Le personnage de Pénélope (Jodie Foster), c’est la bourgeoise concernée par la paix dans le monde (mais surtout dans sa maison), et les enfants en Afrique (mais surtout les siens). Son exact opposé, c’est le personnage d’Allan (Christoph Waltz), cynique et clairvoyant, qui a toujours réponse atout puisqu’il a toujours raison. Il est exquis, avec son ton acerbe et enjoué, et ses allures de renard. J’aime particulièrement la scène où il vient susurrer à l’oreille d’une Jodie Foster à fleur de peau, effondrée de voir toutes ses valeurs ainsi piétinées : « I believe in the God of carnage, the god whose rules has been unchallenged since time immemorial… » Les deux autres personnages, Michael et Nancy, sont symétriques, agissant tour à tour comme traîtres et alliés, venin et antidote. Voici donc un quatuor formidable et irresistible ; un ange (Foster), un démon (Waltz) et deux Judas (Kate Winslet et John C. Reilly), qui reflètent l’humain en général tel qu’il est : incapable d’espérance, de miséricorde ou de pardon.

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Hunger, de Steeve McQueen. 6 décembre, 2011

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 12:42

 

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Débriefing sur Hunger (2008). 

Avec la sortie imminente de Shame mercredi prochain, qui fait déjà pas mal de buzz, je me suis dit qu’il fallait que je me mette à jour sur le cas Steeve McQueen/Michael Fassbender. 

Hunger relate l’histoire de Bobby Sands, un républicain Irlandais membre de l’IRA, détenu dans une prison d’Irlande du Nord avec de nombreux autres prisonniers politiques. Le film se passe en 1981, durant les 6 semaines qui précèdent la mort de Bobby Sands, pendant l’épreuve de force qui opposa Margaret Thatcher aux prisonniers. Le mouvement est déclenché par le refus du gouvernement britannique d’accorder aux membres de l’IRA le Special Category Status, le statut de prisonnier politique. Ils deviennent ainsi des criminels de droit commun, et se voient privés de nombreux droits civiques et politiques. Afin de protester, après une grève de l’hygiène, Bobby Sand lance une grève de la faim, suivie au fur et à mesure par les autres codétenus (dont 10 sont morts aussi) 

J’ai toujours été sensible à la question du conflit en Irlande du Nord, qui a été largement exploitée au cinéma, et souvent de façon magistrale (Le vent se Lève, Au nom du père, Bloody Sunday, Michael Collins…). Mais Hunger ne ressemble à aucun autre long-métrage du genre. 

Bien sûr, c’est un film coup de poing, écorché, insupportable. La première partie du film est atroce. Elle décrit les conditions de vie des prisonniers, les tortures, les mauvais traitements. Un style radical, une esthétique dénudée et glauque, et une absence totale de musique constituent la mise-en-scène jusqu’au-boutiste adoptée par McQueen. Puis, Michael Fassbender apparait. Enfin, on suppose, on a des doutes, on s’interroge. Méconnaissable, il ressemblerait au fantôme de lui-même, complètement squelettique, ayant perdu 14 kg pour le rôle. Il surgit dans une scène cathartique de torture, comme possédé. 

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Mais le coup de maître n’est pas là. Il se situe au milieu du film, dans la scène de dialogue entre Bobby/Michael et le père Dominic Moran (Liam Cunningham). C’est un long plan séquence de 17  minutes (j’ai compté). Bobby annonce à Moran son intention de commencer une grève de la faim, et ce dernier tente de l’en dissuader, ce qui donne naissance à un dialogue sublimement écrit. Le personnage de Bobby explique que c’est la seule issue possible, pour  que ces siècles de combat ne soient pas vains. Moran, en homme de foi, se préoccupe de savoir si c’est du pur suicide ou non, et explique que la solution politique n’est pas dans la mort mais dans la négociation. 

-          So what’s your statement by dying ? demande-t-il à Bobby. Just highlighting British intransigence, so fucking what? Are you looking for martyrdom? 

-         No. You think God is gonna punish me?, répond Bobby. 

-         Well if it’s not for the suicide, He’d have to punish you for your stupidity.

-         And you for your arrogance. Cause my life is real life. Not some theological exercise. You need the revolutionaries. You need the cultural political soldier to give life a pulse. Freedom is everything. It’s a time to keep your beliefs pure. I believe that united Ireland is right, and just. Putting my life on the line is not the only thing I can do, Don. It’s the right thing.” 

Posant donc des questions fondamentales, Steeve McQueen signe ici un très grand film politique. C’est une douloureuse piqûre de rappel, qui montre ce que c’est que d’avoir des convictions, des vraies, dans un monde où les rares qui en ont encore sont obligés de dire à tous les autres: « Indignez-vous ! »

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Metteurs en scène de mon choix (liste non exhaustive et non classée) 5 décembre, 2011

Classé dans : Metteurs en scène — elsalauravietnam @ 21:32

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Martin Scorsese.

 

Petit tour du monde de mes metteurs en scène favoris: 

France:

Claude Chabrol, Jacques Audiard, François Truffaut, Maurice Pialat, Jean-Luc Godard, Eric Rohmer, Alain Resnais, Jean Jacques Annaud, Luc Besson, Michel Gondry, André Téchiné, Claude Sautet…

 

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Le plus grand du cinéma français: Claude Chabrol.

Grande Bretagne:

Alfred Hitchcock, Ken Loach, Tom Hooper, Stephen Daldry, Stephen Frears…

Etats-Unis:

Orson Welles, Stanley Kubrick, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Sean Penn, Robert Redford, Quentin Tarantino, Oliver Stone, Sydney Pollack, Michael Mann, Darren Aronofsky, Clint Eastwood,  Steven Sodergerh,David Lynch, Ridley Scott, Woody Allen, David Fincher, Alan Parker, Brian De Palma, Michael Moore, Gus Van Sant, Steven Spielberg, Robert Altman…

 

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Le Grand maître: Stanley Kubrick.

Allemagne: Wim Wenders.

Danemark: Lars Von Trier.

Espagne: Pedro Almodovar, Luis Bunuel.

Mexique: Alejandro Inarritu.

Autriche: Michael Haneke.

Italie: Sergio Leone, Frederico Fellini, Luchino Visconti.

Australie: Peter Weir, Baz Luhrmann.

Serbie: Emir Kusturica.

Chine: Wong Kar Wai, Ang Lee.

Brésil: Walter Salles.

 

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Le Cinéma, brut, écorché, au plus fort: Lars Von Trier, mon cinéaste préféré.

 

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La nouvelle génération: Darren Aronofsky.

 

 

 
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Sorties du Mercredi 7 novembre.

Classé dans : Agenda des sorties. — elsalauravietnam @ 20:33

Deux films que j’attends de pied ferme sortent ce mercredi: Voilà pourquoi:

J’y vais:

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Shame, de Steeve McQueen, avec Michael Fassbender, Carrey Mulligan… Prod: Britannique.

Parce que Michael Fassbender est… très sexy, et doué en plus (voir Hunger). Que ce film a fait sensation à Venise, que la bande-annonce est juste magnifique. Bref, attention chef d’oeuvre probable.

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Carnage, de Roman Polanski, avec Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz, John C. Reilly… Prod: France/Allemagne/Espagne/Pologne.

Parce que je vais toujours voir le dernier Polanski (par principe, il y a de bonnes chances que ce soit génial), parce que j’adore Yasmina Reza, et surtout parce que j’adore les 4 acteurs: Jodie Foster (depuis toujours), Kate Winslet (depuis The Reader), John C. Reilly (à chaque fois) et Christoph Waltz qu’il me tardait vraiment de retrouver après le Tarantino.

J’hésite:

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Hollywoo:

Parce que même si je n’aime généralement pas les comédies françaises, Florence Foresti, elle est tellement irrésistible…

 

 

 

 
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Time Out, d’Andrew Niccols. 2 décembre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 12:53

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Je dois dire que je m’attendais à des étincelles de la part d’Andrew Niccols. Il est notamment le metteur en scène de Lord of War, un de mes films préférés. Et côté science-fiction, Bienvenue à Gattaca, c’était vraiment pas mal. Dommage, son nouveau film n’a aucun (presque) aucun intérêt.

Voilà pourquoi : les Inrocks avaient prévenu : « sexy sur le papier, mais assez plat dans la facture ». C’est exactement ça. Justin Timberlake est ultra sexy, Amanda Seyfried est toujours aussi glamour, mais ça ne suffit pas. Le sujet du film est pourtant très intelligent : Andrew Niccols invente une société où le temps, c’est de l’argent, ou plutôt l’inverse. A partir de 25 ans, les êtres humains cessent de vieillir, et doivent travailler pour gagner leur vie : au sens propre. C’est-à-dire que les minutes leurs sont comptées, les plus pauvres ne disposant que de quelques heures pour vivre et les plus riches de centaines, voire de milliers d’années. Le concept peut faire un film excellent, mais ne fonctionne pas. Il donne seulement lieu à quelques dialogues bien écrits et à des néologismes intéressants : « He timed out » remplace « He died ». Ou encore, faisant référence à la montre digitale intégrée à leur poignet: “Just once I’d like to wake up with more time on my hand than hours in the day.

 

 

 

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Le personnage de Timberlake, grâce à une rencontre chanceuse, gagne un siècle et décide de commencer une sorte de “petite révolution” façon Robin des Bois, en prenant en otage la fille d’un très grand spéculateur de temps. Mais malheureusement aucune tournure politique ne vient donner un intérêt au film. On s’égare entre des scènes d’action neurasthéniques et des scènes de confrontation mollassonnes. Aucune alchimie ne prend entre Timberlake et Seyfried, car le scénario ne leur en laisse pas le temps, et on n’y croit pas une seconde. Même Cillian Murphy, qui joue le chef de la police du temps (« time keeper ») ne parvient pas à redresser les vertèbres de ce projet qui s’avachit.

Ce film aurait donc pu être un thriller électrique branché sur une ligne THT, et dynamiter le genre. Mais au final, c’est un vrai pétard mouillé : complètement froid.

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