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Carnage, de Roman Polanski. 12 décembre, 2011

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 15:57

 

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Il faudrait voir trois ou quatre fois Carnage pour en faire une véritable analyse tant le film est riche et complexe. Au premier abord, Carnage ne présenterait pourtant pas vraiment d’effort de mise-en-scène : il s’agit un long dialogue, construit sur une unité de temps et de lieu. Du théâtre filmé, adapté de la pièce de Yasmina Réza, Le Dieu du carnage.

Roman Polanski réussit un challenge. Carnage, c’est l’histoire de deux couples qui ne se connaissent pas, et se réunissent dans un appartement New-Yorkais pour s’expliquer concernant une bagarre intervenue entre leurs enfants respectifs à l’école. La conversation dérive sur ce qu’est la vie en société et termine sur une lutte acharnée et cruelle entre les personnages pour sauvegarder leurs intérêts personnels : c’est un carnage. Le film est façonné autour d’une glissade, des convenances à la pulsion, des apparences à la réalité, du Moi au ça.

 

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Empli d’un cynisme qui tend à la cruauté, Carnage est jubilatoire. Il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, avec un humour ravageur. Le tout repose sur un chassé croisé entre des individus représentant le bien et le mal. Le personnage de Pénélope (Jodie Foster), incarne la bourgeoise concernée par la paix dans le monde (mais surtout dans sa maison), et les enfants en Afrique (mais surtout les siens). Son exact opposé, c’est le personnage d’Allan, avocat dans l’industrie pharmaceutique, (Christoph Waltz), cynique et clairvoyant, qui a toujours réponse à tout puisqu’il a toujours raison. Il est exquis, avec son ton acerbe et enjoué, et ses allures de vieux renard espiègle. Certaines scènes sont particulièrement savoureuses, comme celle où il vient susurrer à l’oreille d’une Jodie Foster à fleur de peau, effondrée de voir toutes ses valeurs ainsi piétinées : « I believe in the God of carnage, the god whose rules has been unchallenged since time immemorial… » Les deux autres personnages, Michael et Nancy, forment une symétrie, agissant tour à tour comme traîtres et alliés, venin et antidote. Voici donc un quatuor formidable et irrésistible bien qu’un peu carricatural ; un ange (Foster), un démon (Waltz) et deux Judas (Kate Winslet et John C. Reilly), tous incapables d’espérance, de miséricorde ou de pardon.

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Hunger, de Steeve McQueen. 6 décembre, 2011

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 12:42

 

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La sortie imminente de Shame mercredi prochain, qui fait déjà beaucoup de bruit, est l’occasion de revenir sur la collaboration de Steeve McQueen et Michael Fassbender. 

Hunger relate l’histoire de Bobby Sands, un républicain Irlandais membre de l’IRA, détenu dans une prison d’Irlande du Nord avec de nombreux autres prisonniers politiques. Le film se déroule en 1981, durant les 6 semaines qui précèdent la mort de Bobby Sands, pendant l’épreuve de force qui opposa Margaret Thatcher aux prisonniers. Le mouvement est déclenché par le refus du gouvernement britannique d’accorder aux membres de l’IRA le Special Category Status, le statut de prisonnier politique. Ils deviennent ainsi des criminels de droit commun, et se voient privés de nombreux droits civiques et politiques. Afin de protester, après une grève de l’hygiène, Bobby Sand lance une grève de la faim, suivie au fur et à mesure par les autres codétenus (dont 10 sont morts aussi) 

La question du conflit en Irlande du Nord a été largement exploitée au cinéma, et souvent de façon magistrale (Le vent se Lève, Au nom du père, Bloody Sunday, Michael Collins…). Mais Hunger ne ressemble à aucun autre long-métrage du genre. 

Il s’agit d’un film éprouvant, écorché, presque insupportable. La première partie du film décrit les conditions de détention des prisonniers, les tortures, les mauvais traitements. Un style radical, une esthétique dénudée et glauque, et une absence totale de musique constituent la mise-en-scène jusqu’au-boutiste adoptée par McQueen. Puis, Michael Fassbender apparaît. Méconnaissable, il ressemble au fantôme de lui-même, squelettique (il a perdu 14 kg pour le rôle). Il surgit dans une scène cathartique de torture. 

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Mais le coup de maître n’est pas là. Il se situe au milieu du film, dans la scène de dialogue entre Bobby/Michael et le père Dominic Moran (Liam Cunningham), au cours d’un long plan séquence de 17  minutes. Bobby annonce à Moran son intention de commencer une grève de la faim, et ce dernier tente de l’en dissuader, ce qui donne naissance à un dialogue sublimement écrit. Le personnage de Bobby est persuadé que c’est la seule issue possible, pour que tous ces siècles de combat ne soient pas vains. Moran, en homme de foi, se préoccupe de savoir si Bobby commet en fait un suicide, et veut le convaincre que la solution politique n’est pas dans la mort mais dans la négociation. 

-          So what’s your statement by dying ? demande-t-il à Bobby. Just highlighting British intransigence, so what? Are you looking for martyrdom? 

-         No. You think God is gonna punish me?, répond Bobby. 

-         Well if it’s not for the suicide, He’d have to punish you for your stupidity.

-         And you for your arrogance. Cause my life is real life. Not some theological exercise. You need the revolutionaries. You need the cultural political soldier to give life a pulse. Freedom is everything. It’s a time to keep your beliefs pure. I believe that united Ireland is right, and just. Putting my life on the line is not the only thing I can do.. It’s the right thing.” 

Posant donc des questions fondamentales, Steeve McQueen signe un très grand film politique, une douloureuse piqûre de rappel, dans une où ceux, trop rares, qui veulent encore se battre pour leurs convictions politiques, sont obligés de clamer à tous les autres: « Indignez-vous ! »

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Metteurs en scène de mon choix (liste non exhaustive et non classée) 5 décembre, 2011

Classé dans : Metteurs en scène — elsalauravietnam @ 21:32

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Martin Scorsese.

 

Petit tour du monde de mes metteurs en scène favoris: 

France:

Claude Chabrol, Jacques Audiard, François Truffaut, Maurice Pialat, Jean-Luc Godard, Eric Rohmer, Alain Resnais, Jean Jacques Annaud, Luc Besson, Michel Gondry, André Téchiné, Claude Sautet…

 

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Le plus grand du cinéma français: Claude Chabrol.

Grande Bretagne:

Alfred Hitchcock, Ken Loach, Tom Hooper, Stephen Daldry, Stephen Frears…

Etats-Unis:

Orson Welles, Stanley Kubrick, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Sean Penn, Robert Redford, Quentin Tarantino, Oliver Stone, Sydney Pollack, Michael Mann, Darren Aronofsky, Clint Eastwood,  Steven Sodergerh,David Lynch, Ridley Scott, Woody Allen, David Fincher, Alan Parker, Brian De Palma, Michael Moore, Gus Van Sant, Steven Spielberg, Robert Altman…

 

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Le Grand maître: Stanley Kubrick.

Allemagne: Wim Wenders.

Danemark: Lars Von Trier.

Espagne: Pedro Almodovar, Luis Bunuel.

Mexique: Alejandro Inarritu.

Autriche: Michael Haneke.

Italie: Sergio Leone, Frederico Fellini, Luchino Visconti.

Australie: Peter Weir, Baz Luhrmann.

Serbie: Emir Kusturica.

Chine: Wong Kar Wai, Ang Lee.

Brésil: Walter Salles.

 

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Le Cinéma, brut, écorché, au plus fort: Lars Von Trier, mon cinéaste préféré.

 

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La nouvelle génération: Darren Aronofsky.

 

 

 
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Sorties du Mercredi 7 novembre.

Classé dans : Agenda des sorties. — elsalauravietnam @ 20:33

Deux films que j’attends de pied ferme sortent ce mercredi: Voilà pourquoi:

J’y vais:

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Shame, de Steeve McQueen, avec Michael Fassbender, Carrey Mulligan… Prod: Britannique.

Parce que Michael Fassbender est… très sexy, et doué en plus (voir Hunger). Que ce film a fait sensation à Venise, que la bande-annonce est juste magnifique. Bref, attention chef d’oeuvre probable.

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Carnage, de Roman Polanski, avec Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz, John C. Reilly… Prod: France/Allemagne/Espagne/Pologne.

Parce que je vais toujours voir le dernier Polanski (par principe, il y a de bonnes chances que ce soit génial), parce que j’adore Yasmina Reza, et surtout parce que j’adore les 4 acteurs: Jodie Foster (depuis toujours), Kate Winslet (depuis The Reader), John C. Reilly (à chaque fois) et Christoph Waltz qu’il me tardait vraiment de retrouver après le Tarantino.

J’hésite:

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Hollywoo:

Parce que même si je n’aime généralement pas les comédies françaises, Florence Foresti, elle est tellement irrésistible…

 

 

 

 
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Time Out, d’Andrew Niccols. 2 décembre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 12:53

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Andrew Niccols est capable de faire des étincelles. Il est notamment le metteur en scène de l’incroyable Lord of War, et côté science-fiction, de Bienvenue à Gattaca,. Malheureusement, son nouveau film n’a presque aucun intérêt.

On ne peut pas fonder tout un projet sur le fait que Justin Timberlake est vendeur et Amanda Seyfried est glamour. Le sujet du film est pourtant intelligent : Andrew Niccols invente une société où le temps est réellement de l’argent, ou plutôt l’inverse. A partir de 25 ans, les êtres humains cessent de vieillir, et doivent travailler pour gagner leur vie, au sens propre. C’est-à-dire que les minutes leurs sont comptées, les plus modestes ne disposant que de quelques heures pour vivre et les plus riches de centaines, voire de milliers d’années. Le concept peut constituer la base d’un film intéressant, mais ne fonctionne pas. Il donne seulement lieu à quelques dialogues bien écrits et à des néologismes étonnants: « He timed out » remplace « He died ». Ou encore, faisant référence à la montre digitale intégrée à leur poignet: “Just once I’d like to wake up with more time on my hand than hours in the day.

 

 

 

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Le personnage de Timberlake, grâce à une rencontre chanceuse, gagne un siècle et décide de déclencher une sorte de révolution, tel Robin des Bois, en prenant en otage la fille d’un très grand spéculateur de temps. Malheureusement aucune tournure politique ne vient donner un intérêt au film. On s’égare entre des scènes d’action neurasthéniques et des scènes de confrontation mollassonnes. Aucune alchimie ne prend entre Timberlake et Seyfried, car le scénario ne leur en laisse pas le temps. Même Cillian Murphy, qui interprète le chef de la police du temps (« time keeper ») ne parvient pas à redresser les vertèbres de ce projet qui s’avachit.

Ce film aurait pu être un thriller électrique haute tension, et dynamiter le genre. Mais au final, c’est un vrai pétard mouillé : complètement froid.

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