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L’exercice de l’Etat, de Pierre Schoeller (2011) 16 mars, 2012

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 18:35

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L’exercice de l’Etat immerge le spectateur dans le quotidien d’un ministre (en l’occurrence le ministre des transports), Bertrand St Jean au sein d’un gouvernement fictif (qui fait indirectement référence au gouvernement actuel). La temporalité du film se centre sur les quelques jours où Bertrand St Jean est sur la sellette : après avoir monté une stratégie de communication démentant toute éventualité de réforme du statut des gares », Bercy et Matignon le poignardent dans le dos et annoncent la réforme du statut des gares. De manière classique, le film déroule le dilemme d’un responsable politique qui doit faire un choix : rester fidèle à ses convictions politiques, et démissionner, ou bien faire le ménage au sein de son cabinet et de son administration, rester en place et avaler des couleuvres.

Pour mener la réforme, une fine équipe : Olivier Gourmet (St Jean), Michel Blanc (directeur du cabinet), et Zabou Breitman (conseillère communication). Le tout constitue un film dont les séquences s’enchaînent à tambour battant, entre déplacements sur le terrain, réunions, points presse, débriefings,  conflits interministérielles, matinales, avec une seule préoccupation: l’image. Rattraper 5 points de sondage par ci et désamorcer un conflit social par là. Le film est ponctué de dialogues savoureux, comme celui qui intervient entre St Jean et Pauline, ex-femme et conseillère en communication. La scène se déroule dans une voiture après une rencontre mouvementée avec les syndicats : « Ton seul problème, c’est que tu es flou. Tu es un objet politique non identifié, tu n’as pas d’image, pas d’histoire, lui reproche-t-elle. – Alors à quoi je te paye depuis toutes ces années ? Je pourrais te virer, ce serait le début de l’histoire », lui répond le ministre. 

L’immersion dans l’exercice du pouvoir s’effectue ici avec une précision étonnatne. Pierre Schoeller réalise un bon film politique, habile et bien écrit.

 

3 Commentaires

  1.  
    ta d loi du cine
    ta d loi du cine écrit:

    Bonjour
    J’aime bien votre dilemme « alternatif »; mais il me semble que l’image est un peu boiteuse: s’il démissionne, en quoi sera-t-il contraint d’avaler son chapeau? Il l’aurait plutôt porté (le chapeau) en « assumant » la réforme. A moins de penser (c’est subtil) au raisonnement « bon, je n’ai pas les moyens de m’opposer à cette réforme dont j’ai annoncé que je ne la ferai pas, mais au moins je quitte avec panache (dé-ralliez-vous…) ce gouvernement qui la met en place »?
    Une grosse interrogation: d’où tirez-vous que Pauline est l’ex-femme de Bertrand? On a tous dû passer à côté de quelque chose, car je ne l’ai pas repéré dans le film, et ne l’au lu dans aucun autre billet…
    (s) ta d loi du cine, « squatter » chez dasola

  2.  
    ta d loi du cine
    ta d loi du cine écrit:

    PS: à la réflexion (il faudrait vraiment que je le revoie, ce film, puisque le DVD est sorti!), il y a peut-être une allusion (à une « aventure » passée?), dans une des scènes qui se passe en voiture…
    (s) ta d loi du cine, « squatter » chez dasola

  3.  
    elsalauravietnam
    elsalauravietnam écrit:

    Ce que je voulais dire par le fait que s’il démissionne, il ravale son chapeau, c’est qu’il s’admet vaincu en refusant de mener le combat contre cette réforme. Dans tous les cas, ce personnage est perdant, car en acceptant de mener la réforme, il revient sur ses propres déclarations et met de côté ses convictions personnelles (le refus des privatisations et de la libéralisation sauvage). Le personnage de St Jean, on sent que c’est un genre de ministre de l’ouverture, qui viendrait peut être de la gauche. Peut être que je me trompe, mais c’est comme ça que j’ai compris le film. Concernant le personnage de Pauline, ce sont plusieurs détails qui m’ont permis de tirer cette conclusion (notamment à un moment dans la voiture, un soir, où elle prévoit de sortir, se change devant lui (enfile des bas il me semble, comme en témoignage d’une intimité passée), et il se permet de lui demander si elle voit quelqu’un avec un ton inquisiteur…(et je crois qu’il y avait un autre passage où il parle clairement d’elle comme son ex femme mais je ne me rappelle plus quand, je chercherai)

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