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Toutes nos envies, de Philippe Lioret 17 avril, 2012

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 19:26

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Tout commence un matin, à la sortie d’une école primaire. Claire (Marie Gillain), une jeune maman, vient chercher sa fille Mona, et se fait interpeller par Céline, elle aussi venue chercher ses enfants. « Je suis la maman de Léa. C’est vous qui avez donné les 12 euros pour la sortie scolaire ?, lui demande-t-elle. Je suis désolée mais je ne fais pas la manche madame. » Une scène embarrassante, mais rien de grave en apparence. Jusqu’à ce que Céline se retrouve par hasard au tribunal face à Claire. La première est endettée à hauteur de 18 200 euros, et la seconde est la juge chargée d’instruire son dossier. Le litige l’oppose à une société de crédit et 5 autres créanciers. Entre crédits à la consommation et pénalités de retard, Céline a la corde au cou. Parallèlement, Claire apprend qu’elle est condamnée par une tumeur au cerveau inopérable. Elle décide de garder son secret pour elle, préserver le bonheur de sa famille et s’engager à corps perdu dans une procédure contre les sociétés de crédit pour sauver la famille de Céline. Pour cela, elle fait appel à un juge chevronné habitué de ce type d’affaires (Vincent Lindon). Ils lient tous les deux une relation très forte.

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Toutes nos envies risquait de pencher vers le mélodrame facile et illustratif… Le piège est évité. Il porte un regard réaliste sur le surendettement, ses victimes et ses combattants. Il alterne de façon habile entre l’histoire personnelle de Claire, qui lutte pour la vie d’une autre mais pas pour la sienne (elle refuse tout traitement), et l’avancée de l’affaire contre les sociétés de crédits qui condamnent Céline. Le film ne s’encombre donc pas de la lourdeur solennelle des films de tribunaux ni du pathos des drames sociaux mal faits. Les acteurs sont admirables. Vincent Lindon en juge désenchanté qui retrouve la foi en la justice, est touchant. Marie Gillain, en jeune juge pyromane, est bouleversante, et trouve enfin un premier rôle à la hauteur de son talent. Certes, la portée de l’oeuvre n’est pas considérable. Il ne possède pas l’intensité des films-dossiers/thrillers politiques qui ont marqué le genre (Erin Brokovitch de Soderbergh ou Révélations de Michael Mann, par exemple), mais c’est un beau film. Il dénonce le harcèlement à l’encontre des plus précaires, des familles modestes, les mises en demeure, les expulsions, les contrats de souscription truffés d’irrégularités… Mais aussi les incohérences du système judiciaire (Claire qui fait l’objet d’une requête pour suspicion légitime et écope d’une procédure disciplinaire alors qu’elle fait simplement son travail). Car comme le dit Lindon, « le crédit c’est la consommation, et la consommation c’est le système. On n’y touche pas. ». Toutes nos envies est un drame doux-amer et pertinent, à voir.

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