Page ciné d’Elsa

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W.E, de Madonna. 31 mai, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 11:45

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Le titre sonne bizarrement, c’est vrai, et j’ai un peu bredouillé en achetant mon billet à l’UGC  l’autre soir, vu que je me demandais s’il fallait dire « we » à l’anglaise, comme le pronom personnel, ou bien détacher le « w » et le «e » (pas top), ou bien la faire version véritable signification du titre, « Wallis and Edouard ». Et finalement, après avoir vu le film, j’ai pensé que le titre était bien trouvé. Wallis et Edouard, un couple déchiré, souvent séparé, mais uni jusqu’au bout.

Le deuxième long métrage de Madonna est foncièrement différent du premier, Filth and Wisdom, sorti dans les salles en 2008. W.E raconte donc l’histoire d’amour qui a scandalisé l’Angleterre, et le reste du monde, avant la seconde guerre mondiale, entre Wallis Simpson, la roturière américaine doublement divorcée, et son altesse Edouard d’Angleterre, qui renonça au trône par amour pour elle. Le film est construit sur le croisement de deux histoires, deux personnages et deux époques : l’histoire de Wallis, donc, et celle de Wally, une grande bourgeoise mal mariée dans le New York contemporain. Le fil conducteur, c’est une exposition des effets personnels de Wallis Simpson, dans laquelle Wally erre jour après jour, chassant son ennui et sa tristesse, en s’identifiant à Wallis.

Le résultat est distrayant, mais reste un objet flou et pas très emballant. La mise en scène cependant, est particulièrement léchée, avec de nombreux effets (flou, décadrages, gros plans). Mais par moment, le film à force de pousser le raffinement un peu trop loin, ressemble davantage à une pub pour Chanel qu’à un long métrage. Le résultat est un peu plat, surtout sur la fin, et l’écriture paresseuse et ronronnante. Malgré tout, on peut sentir toute la passion de la Madonne pour cette histoire. Le problème, c’est qu’elle en a fait un objet trop personnel, modelé par elle et pour elle, une sorte de biographie en creux de ses angoisses existentielles de superstar à la fois adulée par des millions de gens et véritablement aimée par personne. Le personnage joué par Abby Cornish, qui titube sous le poids de la solitude dans cet immense appartement de l’Upper East Side, on sent que c’est un peu trop elle. Il en reste quelques scènes intéressantes, notamment celles qui permettent la rencontre de ses deux actrices, des moments qui oscillent entre grâce, sensualité et cruauté.

En somme, peu surprenant, mais relativement touchant, à condition d’aimer ou de connaître les personnages au préalable (Wallis Simpson, ou Madonna).

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Sur la Route, de Walter Salles. 28 mai, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 21:57

Sur la Route, de Walter Salles. dans Recemment vus en salle 20092801.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120426_053917-225x300

Le passage assez inaperçu de Sur la route en compétition officielle au Festival de Cannes semble déjà ternir le succès de l’adaptation attendue (au tournant, surtout) du monument littéraire de Kerouac. Il serait pourtant assez injuste de se contenter de jeter aux oubliettes ce film qui fait un peu injustement partie des grands oubliés de la croisette.

Il est vrai que le projet était ambitieux, et tout le monde se marrait déjà de l’enthousiasme avec lequel Walter Salles projetait de se tirer une balle dans le pied. Une adaptation ciné d’une œuvre telle que Sur la Route est un défi franchement périlleux. En ce qui me concerne, je suis une inconditionnelle du cinéma du réalisateur brésilien, qui est à l’origine d’une de mes plus grande émotions au cinéma, Carnets de Voyage. Egalement producteur, Salles a permis à Frida, ou encore La Cité de Dieu, deux excellents films, de voir le jour. C’est donc sans appréhension que je suis allée voir son petit dernier. Sur la Route est, comme son nom l’indique, une sorte de road movie, le voyage d’un groupe de protagonistes de la contre culture dans les années 1950. On suit Dean Moriarty et Sal Paradise errant sans le sous à travers les Etats-Unis dans une sorte de voyage initiatique fiévreux et effréné. Au hasard des rencontres, en mode beatnik, les personnages à fleur de peau repoussent continuellement les limites, aidés par leurs addictions diverses (à la drogue, au sexe et à Marcel Proust principalement). L’ambiance créée par Walter Salles, c’est la grande réussite. On voyage des clubs de jazz de la vibrante New York au soleil écrasant des plantations de cotons, des routes en ligne droite à perte de vue qui scindent en deux le grand ouest américain à la moiteur étouffante de la Louisiane.

L’idée ultime de l’histoire, très bien illustrée par le film, c’est l’importance de prendre la route, sans essayer savoir à tout prix où elle mène. Tout y est. La photo du film est magnifique, vintage et solaire. Le casting est convainquant (notamment Kristen Stewart) et les acteurs donnent vraiment l’impression d’avoir parcouru des milliers de kilomètres ensemble à bord de la Hudson. Je déplore quand même quelques longueurs, et surtout un petit manque de folie dans l’écriture, comme une impression d’avoir raté une marche, un peu à la manière de quelqu’un qui monte sur une dune de sable. On va haut, mais on redescend un peu à chaque pas. Contrairement à Carnets de voyage, qui n’offrait pas une seconde de relâchement, Sur la route s’effrite un peu sur les bords. Malgré tout, moi je dis : pari tenu.

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De Rouille et d’Os, de Jacques Audiard. 20 mai, 2012

Classé dans : Films coups de coeur,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 15:32

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Pas facile de parler d’un film qui, de 1, est très haut placé dans le palmomètre du Festival de Cannes, de 2 est pas mal placé dans le box office non plus, et de 3, est bien placé également dans l’échelle des chef d’œuvres. Ca fait beaucoup pour un seul film!

C’est quand même assez ahurissant, ce coup de force de réaliser un nouveau long métrage qui fasse quasiment oublier le dernier (Un Prophète), alors que celui-là même avait fait oublier tous les autres ou presque.

Voici donc l’histoire d’une rencontre entre deux êtres écorchés. Ali, père de famille à la rue, tente de survivre avec son gamin sur les bras, et débarque sur la Côte d’Azur où il est embauché comme videur dans une boîte où il rencontre Stéphanie, dresseuse d’orques au Marineland d’Antibes. Lors d’une représentation, un accident survient, elle tombe à l’eau et se réveille plus tard à l’hôpital amputée des deux jambes. Ils lient une relation diptyque, entre reconstruction et autodestruction. Ali, pour gagner de l’argent, se bat à main nue dans des combats clandestins, alors que Staphanie essaie de reprendre le dessus sur son corps diminué. Le coup de maître d’Audiard, c’est de faire d’un film qui s’annonçait atroce et laborieux une œuvre magnifique. Le miracle produit tient de la mise en scène, qui atteint par moments des états de grâce (la scène de l’accident, les scènes de combat…). La caméra d’Audiard est une sorte de prisme qui transforme l’obscurité en lumière et qui fait du film une sorte d’oxymore permanent. De fait, les scènes les plus dures sont marquées au fer rouge d’un lyrisme stratosphérique.

Les acteurs sont parfaits. Matthias Schoenaerts, c’est la grande révélation, et il interprète ce personnage avec un subtil mélange d’animalité et de sensibilité, comme un lion blessé. Marion Cotillard, a bien fait de revenir en France après quelques errements hollywoodiens. Elle est époustouflante. L’ensemble est bien servi par des seconds rôles bouleversants et par une BO aérienne, grave et incantatoire (notamment Wash de Bon Iver, et State Trooper, extrait du sublime album de Springsteen, Nebraska, ainsi que Firewater par Django Django pour le générique final).

En somme, De Rouille et d’Os, c’est de l’art brut, sauvage, brûlant, organique et gracieux. C’est du cinéma comme on aime, du cinéma puissant.

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My week with Marilyn, de Simon Curtis. 1 mai, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 12:00

My week with Marilyn, de Simon Curtis. dans Recemment vus en salle 19955079.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20111226_125343-225x300

Voici donc le nouveau biopic sur la grande Marilyn Monroe, qui a valu à sa star Michelle Williams sa nomination à l’oscar de la meilleure actrice.

Réalisé par le réalisateur britannique Simon Curtis, tout droit issu de l’équipe gagnante du Discours d’un Roi, My week with Marilyn s’en sort assez bien.

Basé sur une histoire vraie, il raconte l’histoire de Colin Clark, un très jeune assistant réalisateur fraîchement débarqué à Londres, et qui est embauché par Sir Laurence Olivier (Kenneth Branagh) pour le tournage de son nouveau film, Le Prince et la Danseuse, avec Marilyn Monroe. Colin tombe, comme tout le monde, très amoureux de l’actrice, et raconte leur idylle qui dura une semaine.

My week with Marilyn  possède certains atouts, mais qui ne dissimulent pas certains défauts. Il ne faut pas aller voir ce film dans l’espoir d’apprendre quelque chose de nouveau sur le personnage. Michelle Williams l’interprète (très bien) en accentuant sur l’ambivalence avérée de l’actrice (femme fatale/femme enfant, manipulée/manipulatrice, forte/fragile, et j’en passe…). L’intérêt réside plus dans le récit d’un tournage catastrophique durant lequel elle rendit folle toute l’équipe, d’amour (Colin) ou de rage (Laurence Oliver). L’histoire d’amour en elle-même est assez paresseuse et attendue, malgré la performance inspirée d’Eddy Redmayne, que j’avais déjà remarqué dans Savage Grace donnant la réplique à Julianne Moore. Car finalement, on se doute bien que le 3ème assistant réalisateur ne terminera pas sa vie dans les bras de la femme la plus célèbre du monde.  Côté mise en scène, on retrouve l’esthétisme très académique des films made in BBC, bien éclairés, bien filmés, bien ajustés. Notons aussi des seconds rôles intéressants, Judi Dench, Julia Ormond et Emma Watson notamment. Ainsi, le propos n’est pas renversant, mais je préfère un film faible sur l’écriture et bien filmé qu’un film intéressant mais filmé à la truelle (comme Hunger Games, vu récemment).

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