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La part des Anges, de Ken Loach 23 juin, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 21:30

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Le nouveau film de Ken Loach, commence un peu comme son précédent, Sweet Sixteen. Dans les quartiers défavorisés de Glasgow, Robbie, jeune père de famille au chômage, tente de sortir la tête de l’eau. Tout juste sorti de derrière les barreaux, il évite de peu une lourde peine de prison, et doit effectuer des heures de travaux d’intérêts généraux. Il rencontre ainsi Albert, Mo et Rhino, ainsi que Henri, l’éducateur qui les prend en charge. Ce dernier, grand connaisseur de whisky, les initie durant son temps libre à la dégustation. Une nouvelle passion qui va changer leurs destins, lorsque le quatuor se met en quête du Saint Graal du whisky, le dernier fut de Malt Mill, dont les enchères peuvent atteindre le million de livres.

Alors c’est clair, le nouveau long-métrage de Ken Loach est un petit bijou. Remarquablement bien écrit, le scénario jongle entre émotion et humour avec une habileté sans faille. Tout en affichant un ton beaucoup plus léger (et ça fait pas de mal), le film ne manque pourtant pas de créer un attachement fort avec les personnages. Comme d’habitude, on a l’impression que Loach recrute ses acteurs  dans les salles d’attentes des caisses d’allocations, et ils sont tous excellents. Pour le cadre, le mix inusable petite-ville-provinciale-délavée/briques-rouges/météo-pourrie/accent-scotish fonctionne toujours très bien. Le concept de la fresque réaliste-sociale tient la route plus que jamais. Le coup de force de Ken Loach, c’est d’arriver à me faire accrocher à mort à un film qui n’a à la base aucun argument intéressant : pléiade d’inconnus au casting, un sujet qui ne m’intéresse pas du tout (le whisky), un cadre anti-exotique au possible  et un résultat tout sauf glamour. Arriver à créer un suspense insoutenable dans une scène où un acteur est enfermé dans une remise, seul devant un fut de pur malt avec une frontale sur la tête, c’est quand même fortiche ! Au final, ça vibre, c’est fort, entrainant, rythmé, bien tricoté… bref, ça confirme la thèse du « il en faut pas beaucoup pour faire du bon cinéma ».

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Cosmopolis, de David Cronenberg. 3 juin, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 22:39

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De toute évidence, David Cronenberg était très enthousiaste à l’idée d’adapter le roman de Don DeLillo, Cosmopolis. Un peu trop peut être, au vu de la complexité de l’œuvre. Ca s’annonçait pourtant très bien, avec cette bande-annonce terrible, très vendeuse. Je m’attendais à un film complètement décadent et survolté, mais c’est tout juste décadent, et pas du tout survolté. J’étais d’autant plus déçue que j’avais trouvé Existenz et Les promesses de l’ombre très réussis.

Cosmopolis, c’est l’histoire d’un golden boy de la finance, Eric Packer, qui se met en tête de traverser tout Manhattan en limousine pour aller se faire couper les cheveux de l’autre côté de la ville. Il avance à 10 km/h dans New York assiégée par un énorme soulèvement populaire, une sorte de rassemblement d’indignés puissance 1000 visant à faire tomber une bonne fois pour toute le capitalisme qui affame la planète. L’idée est vraiment géniale, l’esthétique apocalyptique du film aussi, et on sent que le roman derrière est solide et intéressant.

Mais.

Le problème c’est que le producteur s’est trompé de réalisateur. C’est David Fincher qu’il aurait fallu mettre aux commandes. Cosmopolis s’égare complètement dans des méandres métaphysiques qui sont passionnants en eux-mêmes, mais complètement inappropriés à la mise-en-scène. Un peu comme si le roman à la base était de fait inadaptable à l’écran. Par conséquent, on a un peu l’impression de lire la copie d’un élève qui serait un petit génie mais qui aurait fait un énorme hors-sujet. Le contenu déborde complètement du contenant. C’est simple, Cronenberg a essayé de faire tenir tous les paradoxes, les tensions et les clivages du système économique, politique et social mondial dans 8 mètres de limousine et 1h48 de film. Réducteur. Pour l’aider, pourtant, une arme de poids : le fameux Robert Pattinson. Pour ma part, je le découvre complètement, je n’ai jamais mis un seul orteil sur la planète Twilight, et je le trouve excellent.

Ultra-verbeux, les dialogues sont débités à toute vitesse sans laisser place au silence fondamental qui inspire la réflexion. Ultra taiseux, c’est quasiment sans musique que le film se déroule, ce qui donne l’impression de se trouver devant les rush plutôt que devant un film terminé. Dommage, il aurait suffit de n’importe quoi, un son electro récurrent ou même d’un mauvais morceau de rock teenage sauce Linkin Park ou 30 seconds to mars pour mettre un peu de piment. Le film comble la vacuité d’une mise en scène ratée par des flots ininterrompus de logorrhée verbale. C’est pachydermique, trop prudent et décevant comme un bijou en plaqué or.

En gros, Cronenberg doit son salut à l’actualité brulante et aux évènements qui secouent notre monde. Mais pour le reste, son film trop-plein est en fait une coquille vide. Revoir d’urgence Fight Club après coup. Next.

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