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360, de Fernando Meirelles, 2012 31 juillet, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 22:00

360, de Fernando Meirelles, 2012 dans Films vraiment pas... obligatoires! 20151529.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx-221x300

Fernando Meirelles est un brillant metteur en scène, avec au compteur The Constant Gardener, La Cité de Dieu et Blindness. Mais avec 360, il accuse une sérieuse dégringolade. Pourtant, le concept du film-chorale conduit souvent à de belles surprises. Mais il faut faire preuve d’une bonne dose d’originalité pour le réussir. Certains américains sont passés maîtres en la matière, comme Robert Altman (Short Cuts), ou  Paul Thomas Anderson (Magnolia), Chez les Français, Klapish (Paris) sait y faire.

Mais le nouveau long-métrage du réalisateur brésilien se perd dans un imbroglio d’histoires sans queue ni tête. Il exploite sans profondeur la théorie de la deuxième chance et des choix cruciaux qui donnent à la vie un tournant irréversible, à travers de nombreux personnages qui se croisent. Ces grandes questions philosophiques sont difficiles à traiter au cinéma, et de nombreux réalisateurs s’y sont cassés les dents avant lui (sauf récemment Jaco Van Dormael avec son Mr. Nobody). Dommage, car une pléiade de bons acteurs sont réunis pour aider Meirelles dans sa périlleuse exploration de l’âme humaine : Anthony Hopkins, Jude Law (qui rejoue Closer entre adultes consentants), et Rachel Weisz. Pourtant, ce sont les seconds rôles qui s’en sortent le mieux (notamment Ben Foster dans le rôle d’un délinquant sexuel au bord de la récidive et Moritz Bleibtreu en requin du Dow Jones manipulateur). Le film est un prêchi-prêcha philosophique fade et paresseux, une sorte de puzzle auquel il manque une pièce et laisse un arrière-goût d’inachevé.

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Batman The Dark Knight Rises, de Cristopher Nolan, 2012 30 juillet, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 12:47

Batman The Dark Knight Rises, de Cristopher Nolan, 2012 dans Recemment vus en salle 201147484.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120522_0910384

Voici donc le tentpole de l’été. Les tentpoles, ce sont cette nouvelle génération de blockbusters survitaminés sur lesquels les distributeurs misent leur chiffre de l’année. Nouvelle stratégie commerciale donc, car s’ils préféraient parier sur trois ou quatre films à gros budget par an, désormais les businessmen hollywoodiens mettent le paquet sur un seul film, ou deux maximum.. Cet été, le combat a lieu entre  The amazing Spiderman, le challenger de Sony Pictures, et The Dark Knight Rises, le rouleau compresseur de Warner.

Deux films assez différents, puisque Christopher Nolan a décidé de revenir à un cinéma d’action plus traditionnel, en tournant en 35 et 70mm, quand la pellicule est censée disparaître du filon hollywoodien à l’orée 2013. Le résultat prouve qu’il a fait le bon choix. Pour une fois, on a l’impression de regarder un vrai film et non une compilation de cinématiques de jeux vidéo.

Même sans  être fan de Batman, les deux films de Christopher Nolan ont une empreinte très singulière. Certes, il faut prendre quelques précautions avant d’aller voir « Batman TDKR ». S’armer de patience, d’abord, car l’action est longue à mettre en place. Il est aussi utile de faire un petit débriefing sur les épisodes précédents pour ne pas être complètement perdu. Enfin, rabaisser son degré d’exigence pour fermer les yeux devant les incohérences du film. Après tout, Hollywood reste une machine à vendre du rêve, et il est parfaitement vain de calculer le degré de plausibilité du récit (comment Batman qui pèse deux tonnes avec son armure ne passe-t-il pas à travers la glace alors que tous les autres oui ? »).

Malgré tout, au bout de trois quarts d’heure, le film prend un puissant coup d’accélérateur tel le décollage d’un avion.Visuellement, tout d’abord, l’univers de Nolan est bluffant. Noir, crépusculaire et glacial, tout y est. Les scènes de combat rapproché sont d’une certaine lourdeur (Christian Bale a l’air un engoncé dans son costume), mais contrastent avec des scènes de course-poursuite spectaculaires et aériennes. La Batpod (moto de Batman), reste la grande réussite concernant des effets spéciaux, au point qu’elle fait passer les BMW 1200 GS des hommes de Bane pour des mobylettes.

L’OST lyrique d’Hans Zimmer est réussie. L’esthétique apocalyptique du film, qui transforme Gotham en un no man’s land, un territoire dévasté par un cataclysme où s’installe une sorte de régime anarchico-totalitaire ultra répressif, est fascinante.

En somme, Batman TDKR n’est pas aussi intéressant que l’opus précédent, mais c’est un film maîtrisé de bout en bout.

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Mains armées, de Pierre Jolivet, 2012 24 juillet, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 14:09

Mains armées, de Pierre Jolivet, 2012 dans Films vraiment pas... obligatoires! 20097158.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120503_031919-225x300

Le problème des films policiers français, c’est qu’ils sont soit très réussis soit très mauvais. Statistiquement, c’est environ une chance sur deux, là où les américains sont experts de l’exercice. Mains armées ne se situe malheureusement pas dans la première catégorie.

Le film évoque la rencontre de Lucas (Roschdy Zem), le père, commandant de police à Marseille, et Maya, la fille (Leila Bekhti), jeune flic aux stups à Paris. Une affaire de trafic d’armes de guerre appartenant à l’OTAN et tombées dans les mains d’un réseau yougoslave les conduit à reprendre contact.

Mains armées possédait pourtant des arguments intéressants. Mais il est paralysé par un sérieux problème de rythme. Il est long à commencer, long à se développer, et long à se terminer. Aborder une question aussi complexe que celle du trafic d’armes requière un scénario solide et permettrait des rebondissements en chaîne. La relation entre les personnages est chronophage et l’enquête s’égare dans ses ramifications. Il aurait été judicieux de trancher entre les deux. L’ensemble est assez convenu, surtout la fin, et le sujet complètement survolé. Le défaut majeur de ce long-métrage, c’est un sujet trop ambitieux mis en scène avec un sérieux manque d’ambition.

Côté casting, Roschdy Zem sauve la mise. Il incarne de façon inspirée un enquêteur fin, taiseux et taciturne. Leila Bekhti passe un peu à côté de son personnage. Emouvante  jeune recrue déjà fatiguée, elle est ternie par le parti pris de la réalisation. Marc Lavoine en chef des stups peu fréquentable est caricatural, usant et abusant d’un jargon qui n’apporte rien au film et ponctue une phrase sur deux (« Yougo » pour « yougoslave », « kil » pour « kilos de drogue », « filoche » pour filature)

Mains armées est un film prudent, éparpillé et qui manque d’atmosphère.

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Holy Motors, de Leos Carax, 2012. 19 juillet, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 15:19

Holy Motors, de Leos Carax, 2012. dans Recemment vus en salle 20135961.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120612_021929-221x300

En deux mois sont sortis en salles deux films (en compétition à Cannes tous les deux également) dont l’action se déroule principalement dans une limousine.

Mais la ressemblance s’arrête presque là. Avec Holy Motors, Leos Carax réussit ce que David Cronenberg, avec Cosmopolis, a raté. Car lorsque le second s’acharne à vouloir donner toutes les réponses aux interrogations du spectateur, le premier essaie plutôt de poser toutes les questions. On devine dans les deux longs métrages les raisons de cet intérêt soudain pour ces kilomètres de carrosserie rutilante et de sièges en cuir. Condensés de luxe, de pouvoir et de haute technologie, elles représente l’apogée de la finance-reine et le catalyseur de la colère des citoyens indignés.

Roulant au pas, elles véhiculent des hommes pressés, vitrines de rêve aux vitres fumées, à la fois prisons roulantes et bunkers dorés, les limousines au cinéma renferment tous les paradoxes. Ce sont des palaces ambulants véhiculant des hommes statiques, figés au sommet de leur empire, ne pouvant pas monter plus haut. Elles cheminent sans direction, comme si elles tournaient en rond, avant de retourner à la case départ (le garage). Elles sont le moteur bien huilé d’un éternel recommencement.  Dans ces deux cas précis, les films se déroulent au cours du laps de temps durant lequel la mécanique se dérègle, avant de reprendre son court. Au moment où le système se grippe. Comme dans La Structure des révolutions de T. Kuhn, les deux metteurs en scène tentent de décrypter les mécanismes de la crise, et s’intéressent au moment de basculement, à la phase extraordinaire, et non pas à la phase « ordinaire».

Dans Cosmopolis, Eric Packer/Robert Pattinson est la clé de voûte du système, à la fois ultime tyran et premier condamné. Il s’isole de la fureur de la foule insurgée dans l’habitacle capitonné de son véhicule qu’il aménage en lieu de vie, de débauche et de perdition. Dans Holy Motors, Alex Oscar/Denis Levant constitue plutôt la courroie de transmission du système. Le film divisé en 9 volets (en plus de l’introduction, de l’entracte et de la fin), est construit autour de 9 rendez–vous sur une journée. A chacun d’entre eux, Monsieur Oscar se déguise en un nouveau personnage. La limousine se transforme en une loge de théâtre où s’entassent masques, perruques et déguisements. La mise en abîme commence là, et le film se déroule, échappant à toute rationalité. Schématiquement, chaque personnage incarne un mal qui ronge la société et gangrène les rapports humains (dans l’ordre, entre autres : la haute-finance, la misère, le cyberspace, l’idéal de beauté, l’amour illusoire, l’hypocrisie…).

C’est une riche analyse du déclin des démocraties occidentales actuelles que Leos Carax livre, tout en y superposant avec adresse une réflexion autodiégétique sur le cinéma. Le moment clé réside probablement dans la scène des retrouvailles avec le personnage de Kylie Minogue. On croirait qu’à cet instant, les personnages tombent leur masque et vivent enfin la réalité, en se remémorant une histoire d’amour passée. Mais la scène, superbement filmée dans l’immeuble désaffecté de la Samaritaine, glisse doucement sur la pente de la fiction au fur et à mesure que les personnages montent vers le toit. Ce dialogue magnifique est l’ultime et vaine tentative de retrouver l’authenticité perdue.

A la fois lugubre et drôle, horrible et beau, étrange et fascinant, Holy Motors est une aventure cinématographique déroutante poussée à l’extrême.

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Bel Ami, de Declan Donnellan et Nick Ormerod. 2012.

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 10:28

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Quelques mots sur le premier long métrage de ce jeune duo britannique.

Il s’agit d’une relecture (en diagonale) du roman de Maupassant relatant les péripéties de Georges Duroy, un jeune homme ambitieux qui se hisse du statut d’employé des Chemins de fer au sommet de la sphère politico-médiatiques parisiennes en nouant des relations passionnées avec les épouses de personnalités influentes.

Cette nouvelle adaptation de Bel Ami n’est pas des plus réussies. Elle réunit les défauts d’une première réalisation (mise en scène trop léchée, un peu laborieuse), sans bénéficier des avantages (fraîcheur, regard nouveau). La description du Paris du XIXème, qui hésite entre une plongée dans les bas-fonds glauques (maisons closes, piaules miteuses) des mauvais quartiers et le luxe outrancier des salons privés et des boudoirs n’a rien d’innovant. Quant aux performances des acteurs, elles sont inégales. Robert Pattinson, enfin débridé, instinctif, livre une interprétation un peu trop fiévreuse du personnage et donne l’impression d’être engoncé dans son costume, étouffé sous le poids de ce nouveau défi d’acteur. Il force son jeu et récite son texte de façon théâtrale. Le personnage glacial et désabusé de Cosmopolis lui allait mieux. Le trio féminin est assez déséquilibré. La performance majestueuse d’Uma Thurman, personnage libre et féministe d’avant-garde, éclipse un peu les autres. Christina Ricci est sans surprise, fraîche et grave à la fois, mais ni plus ni moins qu’à son habitude. Quant à Kristin Scott Thomas, son rôle est survolé. Anéantie par Georges Duroy, elle est trop souvent tournée en ridicule.

Le contexte politique et historique de l’intrigue est mis à l’écart et une place trop importante est accordée aux intrigues sentimentales entre les personnages.

En somme, cette adaptation de Bel Ami manque cruellement de Stephen Frears.

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