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The We and the I, de Michel Gondry, 2012 14 septembre, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 22:02

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Michel Gondry est à mes yeux un ovni du cinema, et en même temps un de mes réalisateurs préférés. Avec ce nouveau film, il confirme encore davantage cette idée. The We and the I se présente un peu sous la forme d’un docu-fiction, qui suit en temps réel dans un huit-clos un groupe d’adolescents tout au long du trajet de bus qui les ramène chez eux dans le Bronx, après le dernier jour d’école.

Complètement étonnant, innovant et créatif, ce long-métrage nous plonge au cœur de la jeunesse américaine (pas défavorisée, mais pas loin) comme si on y était. Il place le spectateur dans une position de sociologue en immersion dans une approche quasi participative. Gondry fait l’analyse (sans jamais être didactique) d’une sorte microcosme social, un échantillon représentatif d’une mini-société où une bande de petits tyrans font la loi et où les autres obéissent. Mais il serait schématique de résumer ce film très complexe de façon aussi manichéenne. Car les liens que tissent ou ne tissent pas les personnages vont bien au-delà des simples rapports de force. Certes, on assiste à beaucoup de cruauté, mais derrière le langage fleuri et le côté Jackass se cache une profonde humanité. On la décèle, en creusant un peu sous la surface, dans des regards, des non-dits et des silences. Sans jamais approfondir et intellectualiser à outrance quoi que ce soit, Gondry arrive à brosser un portrait de la jeunesse américaine, de ses angoisses et ses doutes existentiels. Bien servi par des acteurs amateurs très doués qui jouent leur propre vie, une mise en scène pleine d’énergie et une BO électro entraînante, le film pose un regard sincère et clairvoyant sur la jeunesse d’aujourd’hui. Celle qui entre dans l’âge adulte au moment  d’une crise économique planétaire, celle qui grandit avec le numérique et l’Internet, celle qui pour la première fois a un niveau de vie moins bon que la génération qui la précède.

En somme, The We and the I accomplit un exploit : celui de conserver une énorme spontanéité, sans jamais rien laisser au hasard.

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Cherchez Hortense, de Pascal Bonitzer, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 16:28

Cherchez Hortense, de Pascal Bonitzer, 2012 dans Recemment vus en salle 20104823.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

Le nouveau film de Pascal Bonitzer est assez étrange, pour toute personne qui ne connaît pas son univers cinématographique.  Il raconte l’histoire d’un personnage, Damien (Jean-Pierre Bacri), un professeur de civilisation chinoise, qui voit son existence routinière bouleversée par une certaine Zorica, qu’il ne connaît même pas, mais dont le destin dépend indirectement de lui, par une suite d’effets en chaîne. Zorica est menacée d’expulsion. Par l’intermédiaire d’un ami commun, la femme de Damien (Kristin Scott Thomas) va lui demander d’intervenir dans ce dossier. En effet, le père de Damien n’est autre que le président du Conseil d’Etat (interprété par l’incroyable Claude Rich), avec qui il ne s’entend pas du tout.

Cherchez Hortense est complètement déroutant dans le sens où il part  de l’histoire d’un seul personnage et se déploie dans de multiples directions, tant et si bien qu’il est difficile de savoir où Pascal Bonitzer veut en venir. Il n’en est pas moins un film très touchant, voire extrêmement drôle (la scène du resto japonais notamment). L’humour et l’émotion naissent de tous les quiproquos, malentendus et problèmes de communication qui interfèrent entre les personnages et les mettent dans des situations cocasses, inconfortables et émouvantes. Jean-Pierre Bacri est drôle et bouleversant sans même changer vraiment de registre par rapport à d’habitude. Il rajoute simplement une touche de fragilité à son personnage, ce qui lui va très bien. Tous les autres acteurs sont justes et touchants (KST, Isabelle Carré…).

Le tout forme un patchwork qui mêle une histoire de couple à la dérive, des rapports familiaux compliqués, la question très actuelle de l’immigration et des contrôles d’identité, un ado insupportable, un adultère, des histoires d’amour naissantes, une fascination pour la culture asiatique, un intérêt pour le milieu politique et les coulisses du pouvoir, et  les tribulations d’une bande de potes dépressifs.

Tant et si bien qu’au final on a un peu l’impression que le réalisateur s’est dit : « vu que j’arriverai jamais à tourner tous les films que je voudrais, je vais tous les faire dans un seul ».

Néanmoins,  le résultat donne à voir un film très original constitué d’une suite de situations très banales.

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A perdre la raison, de Joachim Lafosse, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 16:19

A perdre la raison, de Joachim Lafosse, 2012 dans Recemment vus en salle 20137375.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120613_031800-225x300

Joachim Lafosse semble adorer mettre en scène les faits divers les plus glauques et tordus (ce dont j’ai horreur d’habitude). Il avait déjà réalisé dans ce genre Nue Propriété, que j’avais trouvé assez atroce (en tant que tel et à regarder). Avec A perdre la raison, il s’est lancé un défi bien particulier : faire revivre le duo d’acteurs Tahar Rahim/Niels Arestrup qui avait irradié le chef-d’œuvre de Jacques Audiard, Un Prophète en 2009. Entreprise périlleuse, donc, car les parachuter tous les deux dans un film, un univers et un scénario complètement différents en essayant de conserver la même alchimie relève d’un numéro d’équilibriste. Le problème majeur, c’est que leur relation dans A perdre la raison est fondée sur les mêmes principes que dans Un prophète : dominant-dominé, père-fils, maître et esclave. Il aurait été intéressant que les rapports s’inversent. Tahar Rahim y interprète le personnage de Mounir, un jeune immigré marocain protégé depuis son enfance par André, un riche docteur qui a joué un rôle à la fois trouble et protecteur dans sa famille démunie (mariages blancs pour obtenir des papiers, investissements dans l’immobilier au Maroc…) Le jour où Mounir tombe très amoureux de Murielle (Emilie Dequenne) et qu’ils décident tout deux pour des raisons financières de s’installer chez André, les choses commencent à dégénérer. Murielle arrête d’enseigner, fait 4 enfants, et se retrouve en quelque sorte prisonnière et étouffée dans une cellule dorée où elle ne manque de rien. Finalement, les rôles s’inversent, et c’est Emilie Dequenne qui prend la place de Tahar Rahim, se retrouvant persécutée de façon insidieuse par Niels Arestrup. Elle joue les héroïnes tragiques, totalement annihilée, envahie par une maternité débordante et délaissée par un mari broyé par la gratitude, la culpabilité et la terreur envers son bienfaiteur. Le film progresse vers le dénouement tragique avec une intensité dramatique qui serait presque étouffante si des moments de répit ne venaient pas le ponctuer. Les scènes lumineuses où toute la famille se retrouve au Maroc offrent de courts instants de soulagement (notamment grâce à  la relation complice qui se noue  entre Murielle et la mère de Mounir, comme si cette dernière était la seule à la comprendre alors qu’elles ne parlent pas la même langue).

Toute la force du film réside dans le harcèlement, distillé à dose homéopathique dans les scènes grâce à la superbe interprétation de Niels Arestrup qui est selon moi un des plus grands acteurs que le cinéma français ait connu. Il glisse quelques réflexions, au compte goutte, tout en douceur. Grand-père modèle, bienfaiteur de toute la famille, et pourtant tyran en puissance. Le pouvoir de cet acteur, c’est de parvenir à glacer le sang du spectateur sans déployer aucun effort. Il suffit qu’il soit là. Un geste, un haussement de sourcil, une phrase à peine articulée. Cette façon bien à lui de ne pas regarder son interlocuteur quand il parle ou de lui planter dans les yeux son regard bleu acier pendant une fraction de seconde l’instant d’après. Il montre un jeu d’une puissance phénoménale.

La réussite du film, tient à deux choses : la première, c’est qu’elle ne donne aucune explication précise, et la deuxième, c’est qu’il n’est même pas utile de préciser qu’il est basé sur des faits réels pour en apprécier l’horreur.

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A cœur ouvert, de Marion Laine, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 16:11

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Mila et Javier sont un couple de chirurgiens cardiaques. Ils tiennent toute la journée le cœur des patients dans leurs mains. Fous amoureux l’un de l’autre, leur relation prend paradoxalement un tournant passionnel et destructeur lorsque Mila tombe enceinte.

Javier sombre dans l’alcool et est éloigné du bloc opératoire. Dans une tentative de sauver leur histoire, ils prennent la décision de partir vivre en Amérique du Sud.

Le film de Marion Laine est à la fois étrange et intéressant. Il dissèque la psychologie de ses personnages et met en relief la pression extrême à laquelle on peut être confronté lorsque l’on se trouve face à un choix. La descente aux enfers d’un couple fusionnel, c’est archi-rabâché au cinéma, mais pourtant Marion Laine la filme de façon originale, romantique et passionnée. Le tout est porté par un duo d’acteur dont la relation est toxique et explosive : Edgar Ramirez, avec son accent espagnol et son interprétation fiévreuse, dévore le personnage de Juliette Binoche, sensuelle, grave et loufoque à la fois. Petit hommage au second rôle Hippolyte Girardot, un acteur très intéressant. Rien de révolutionnaire dans ce film, mais ça se regarde sans problème.

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Do not disturb, Yvan Attal, 2012 8 septembre, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 18:14

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Un petit mot sur le nouveau film d’Yvan Attal, que j’ai vu en avant-première.

Remake d’un film américain (Humpday de Lynn Shelton), il raconte l’histoire de deux potes de longue date, Ben et Jeff, qui se retrouvent après des années et se lancent lors d’une soirée arrosée un pari fou : réaliser un film pour un festival US-hard.

L’intérêt de Do Not Disturb, c’est qu’il est tellement bien écrit, bien interprété et bien ficelé, qu’il nous fait complètement oublier la question lancinante qu’on se pose au début : vont-ils le faire, ou pas ? Jamais trash ni vulgaire, le film creuse au contraire une réflexion très intéressante sur les regrets, les choix qu’on fait, les itinéraires qu’on prend, la vie qu’on mène et celle dont on rêve. Car derrière le portrait d’une amitié forte se cachent des doutes et des déceptions : Jeff, le baroudeur libre comme l’air renvoie à Ben en pleine face l’image de son existence rangée et de son conformisme. A l’inverse, l’audace de Ben pour en sortir renvoie à Jeff sa lâcheté et son hypocrisie. Aucun narcissisme ni aucune complaisance dans l’exposition des problèmes existentiels d’un groupe de bobo parisiens. Yvan Attal (que j’adore, par ailleurs) réalise un film drôle et décalé. Il pose sa patte pleine d’originalité sur un scénario bien écrit. François Cluzet est désinhibé et hilarant, et quant aux actrices du film, elles forment un trio de choc qui fonctionne à mort : Casta-Argento-Gainsbourg, c’est une idée de casting complètement lumineuse. Mordant et sincère, Do not disturb est bourré de scènes et de répliques savoureuses. Son seul défaut est d’être un peu élitiste et très parisien (je ne suis pas certaine que tout le monde rigole pour les bonnes raisons, ça peut tourner au foutage de gueule généralisé). Mais il a surtout une grande qualité : rien n’y est jamais tout noir. Ni tout blanc.

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Superstar, de Xavier Giannoli, 2012 5 septembre, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 14:53

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Les avis sont partagés sur le nouveau film de Xavier Giannoli. Adapté du roman de Serge Joncour, L’Idole, il narre l’histoire de Martin Kazinski, un monsieur-tout-le-monde qui devient brutalement célèbre sans savoir pourquoi. L’idée est Kafkaïenne, mais la mise en scène américanisante altère quelque peu la force du sujet.

L’intérêt du film est de nous faire oublier la question fondamentale qui taraude tout le monde et surtout le principal intéressé : « pourquoi ? ». Au lieu d’essayer à tout prix d’y répondre, Giannoli se lance dans une analyse du système médiatique, de ses rouages et de son absurdité. Martin se retrouve complètement piégé sans même avoir mis un seul doigt dans les engrenages de cette mécanique folle qui s’emballe pour rien. Le cercle vicieux du « buzz qui attire les médias qui attirent le buzz » est impossible à rompre. Il est assez intéressant d’observer l’envers du décor, où sont tirées les ficelles du pouvoir dans cette dictature du spectaculaire. On évolue dans les coulisses, les régies, les bureaux, où bruissent murmures, rumeurs, complots et manigances,  qui se propagent à toute vitesse comme un virus informatique. Ils alimentent le flot continu d’images, qui remplit tout l’espace, comble tout les silences, et creuse pourtant une faille abyssale : celle de l’information, aspirée comme dans un trou noir.

Pour incarner le fameux Martin qui ?, Kad Merad colle bien au personnage, mais sa palette de jeu se résume au tandem panique /incompréhension.  Cécile de France est très bien, comme d’habitude, même si son rôle de journaliste aux convictions piétinées par la course à l’audience n’a rien d’innovant. Inspirée et bouleversante, elle est mise en valeur par la caméra d’un metteur en scène un peu (trop) amoureux d’elle. Les vrais héros du film sont Louis-Do De Lencquesaing, que j’aime de plus en plus à chaque film. Cynique, mesquin, lucide et désabusé, il incarne à la perfection le producteur télé qui manipule tout le système aussi facilement qu’il fait ses lacets. Ben, alias le présentateur, est excellent aussi. Il nous avait bien dissimulé ses talents d’acteurs en se cachant dans les studios de France Inter. Il interprète avec une facilité déconcertante le présentateur télé narcissique, mégalo, puéril et capricieux.

  En somme, Superstar est un film très « divertissant », (et je pèse mes mots, puisque le divertissement est la clé du problème). Giannoli réalise une critique aiguë des médias et de la célébrité, à travers une construction en pyramide d’un film qui suit pas à pas la fameuse règle médiatique « on lèche, on lâche et on lynche ». Le bémol, c’est qu’il enfonce des portes ouvertes : bien sûr la célébrité n’est que vacuité et superficialité. Tout le monde le sait déjà, et on en perd la dimension Kafkaïenne. Je suis curieuse de savoir ce qu’Orson Welles en aurait fait…

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Kad Merad

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Ben

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Louis-Do de Lencquesaing

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Cécile de France

 

 
 

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