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Dans la maison, de François Ozon (2012) 11 octobre, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 17:27

Dans la maison, de François Ozon (2012) dans Recemment vus en salle 20133111.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-20120608_101127-225x300

François Ozon était attendu au tournant après le succès de Potiche. Dans la Maison présente un intérêt majeur, c’est qu’il réunit les qualités de ses long-métrages précédents sans en reproduire les défauts. Abouti et maîtrisé, il relate l’histoire d’un professeur de français, Germain (Fabrice Luchini) désabusé par son métier. La nouvelle rentrée scolaire amène sur les bancs de sa classe un singulier personnage, qui va peut-être bouleverser le cours de sa vie routinière.

Claude de son prénom, lui rend une rédaction dans laquelle il décrit sur un ton satirique son intrusion tolérée mais néanmoins indiscrète et voyeuriste dans le quotidien de la famille Rapha (dont le fils est un élève de la classe). Germain, ravi d’avoir trouvé de quoi pimenter son propre quotidien et désireux de révéler tous les talents littéraires de son élève, l’incite à poursuivre l’étude de cette famille décrite comme « normale ». Claude bouleverse peu à peu tout l’équilibre de la maison et sa présence agit comme le catalyseur d’une révolte latente des personnages contre l’ennui et la vacuité de leurs existences. Objet de désir, fantomatique, beau, diabolique, évanescent, angélique et pervers à la fois, le jeune Claude possède un talent : l’art subtil de la manipulation. Ainsi, la relation professeur/élève et la fascination respective de l’un envers l’autre s’en trouvent complètement renversée. En témoigne ce dialogue entre Luchini et Kristin Scott Thomas, qui joue sa femme : « Il te manipule : tu veux lui apprendre la littérature, mais c’est lui qui te donne une leçon ».

François Ozon réalise un coup de force en réussissant à associer dans le même film un scénario qui tient réellement la route et une analyse de la fiction, de la parodie et du processus de création. Pour ce faire, il manie et transforme avec dextérité les codes du thriller psychologique conventionnel en injectant des petites doses d’ironie et de loufoque dans les scènes où la tension devient trop forte. Le cadre en lui-même, témoigne de ce ton décalé qui est la marque de fabrique d’Ozon : il détourne les clichés du cinéma américain, en plaçant sa caméra tantôt dans un lycée public flambant neuf où les étudiants portent l’uniforme anglo-saxon, tantôt dans une maison sortie tout droit d’une série tv made in Hollywood. Il distille dans son film un certain nombre de détails et d’incohérences (scènes qui se répètent selon des angles narratifs différents, intrusion de la réalité dans le récit de fiction…).

Le film est bien servi par ses acteurs et notamment par le duo Fabrice Luchini/Ernst Umhauer, dont la relation est particulièrement troublante. Ils jouent successivement le père et le fils, le prof et l’élève, l’artiste et sa muse, les amants inavoués et le reflet de l’autre dans sa jeunesse. Ernest Umhauer est une révélation. Aidé par un physique qui le destine à interpréter, quelque soit le film, le personnage de l’ennemi charismatique, fascinant et dangereux, il ne lui en faut pas beaucoup plus pour faire des ravages devant une caméra.

Le tout constitue un  film riche, complexe, structuré, drôle et gracieux. Il manque encore à ce cinéma quelques aspérités, sur lesquelles le spectateur pourrait enfin trébucher et s’écorcher. François Ozon est peut être le meilleur élève de la classe. Mais il serait intéressant de le voir se transformer en cancre.

 

 
 

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