Page ciné d’Elsa

Bienvenue sur mon blog

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2012

La Chasse, Thomas Vinterberg, 2012 23 novembre, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 18:19

La Chasse, Thomas Vinterberg, 2012 dans Recemment vus en salle 20320850.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

Quatorze ans après Festen, prix du Jury au festival de Cannes, le réalisateur danois Thomas Vinterberg revient avec son nouveau long-métrage, La Chasse. Si le premier se plaçait du côté des enfants victimes d’abus sexuels, le second adopte le point de vue d’un adulte accusé à tord par un enfant de l’avoir abusé. Festen et La Chasse sont donc pile et face d’une même pièce.

L’action se déroule dans une petite ville danoise. Lucas, un quarantenaire qui mène tant bien que mal une vie paisible malgré son divorce, travaille dans un jardin d’enfant. Un jour, la petite Klara (qui se trouve être la fille de son meilleur ami), sous le coup d’une colère enfantine, confie à la directrice de l’établissement que Lucas aurait abusé d’elle. La rumeur se propage, entraînant Lucas dans une descente aux enfers. Malgré les incohérences flagrantes révélées par l’enquête policière, la communauté fait de lui une proie, un bouc-émissaire et un paria.

L’univers de Thomas Vinterberg est assez particulier. Il mélange des ambiances chaleureuses et glaciales, des moments d’humour (peu) et des scènes d’une cruauté terrifiante (beaucoup). Une mise-en-scène tout en contrastes donc, dans laquelle le cadre « merry christmas » d’une charmante petite bourgade nordique enneigée renferme les pires penchants de l’être humain. Mads Mikelsen, auréolé pour ce rôle du prix d’interprétation masculine sur la Croisette, est fascinant. Alliant dignité, courage et subtilité, il est à des années lumières du personnage du Chiffre de Casino Royale qui l’a révélé au grand public. Qu’il interprète le gentil ou le méchant, il affiche toujours un charisme troublant. Thomas de Vinterberg traite d’un sujet éprouvant mais réussit à réaliser un  film qui ne l’est pas. Il analyse, sans porter de jugement, les conséquences dévastatrices d’une société où les individus se font justice eux-mêmes. Il étudie comment la pression sociale et l’intériorisation des émotions, peuvent être à l’origine d’explosions de haine (dans ce contexte, le cas Anders Behring Breivik à Oslo, la tuerie de Kauhajoki en Finlande). Dans le film, Klara (interprétée par la convaincante Annika Wedderkopp) est manipulée par les adultes qui veulent croire à son mensonge pour se défouler sur un innocent. Effrayant.

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2012

Le Capital, Costa-Gavras, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 18:17

Le Capital, Costa-Gavras, 2012 dans Recemment vus en salle 20229019.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

Costa-Gavras s’attaque dans son nouveau film au monde de la haute finance. Il raconte l’ascension fulgurante de Marc Tourneuil (Gad Elmaleh), propulsé au sommet d’une banque française sur le point d’être avalée par un groupe américain. Entre montages financiers complexes, OPA sauvages, plans sociaux ravageurs et guérillas internes sanguinaires, Tourneuil est très vite confronté au choix cinématographique classique qui oppose l’intégrité à l’argent.

Le film suit le schéma conventionnel de la mutation d’un individu dont l’âme est gangrenée par l’appât du gain. Gad Elmaleh interprète au premier degré un golden boy glacial et désabusé, un peu trop figé. Sa volonté d’effacer son personnage de one-man show le pousse à faire preuve d’un excès de rigidité.

Costa Gavras fait déballer aux acteurs tout un jargon financier difficilement intelligible pour les non-initiés, qui peut causer de réactions opposées : soit on se laisse bercer par ce flot continu de chiffres, de pourcentages et de calculs en renonçant à y déceler une quelconque poésie, soit on décroche.

Truffé de phrases à l’emporte-pièce qui sonnent creux (« l’argent est le maître, mieux tu le sers, mieux il te traite… »), le film est un coup d’épée dans l’eau. On y assiste, impuissants, à l’éternel triomphe du capitalisme roi, des marchés incontrôlables, des banquiers et des traders.

La meute de loups affamés est cependant bien interprétée par un casting cinq étoiles : Gabriel Byrne, trop rare au cinéma, joue génialement le requin sans scrupules made in Wall-Street. Il s’oppose au personnage du brillant Hippolyte Girardot qui joue très finement le dernier héraut d’un système où l’Etat aurait encore son mot à dire. Pour le reste, Bernard Le Coq, Daniel Mesguish et Philippe Duclos composent un organigramme à la fois lâche et féroce. Les femmes sont peu représentées, mais convaincantes (la fascinante Natacha Régnier et la vénéneuse Liya Kebede).

Finalement, Costa-Gavras crée un film rythmé, mais balisé et conventionnel. On finit par s’ennuyer un peu dans les couloirs feutrés des hôtels particuliers parisiens et on s’assoupit sur les sofas en cuir des yachts floridiens. Le Capital se prend un peu trop au sérieux, manque beaucoup d’ironie, et on repense à Chabrol avec une certaine nostalgie.

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2012

Skyfall, de Sam Mendes, 2012 6 novembre, 2012

Classé dans : Films coups de coeur,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 16:30
Skyfall, de Sam Mendes, 2012 dans Films coups de coeur 20264211.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

© Sony Pictures Releasing France

Le revoilà, enfin. Quatre ans après l’aride Quantum of Solace, six ans après le palpitant Casino Royale, et 50 ans après le premier, James Bond contre Dr No, le plus célèbre des agents secrets britanniques est de retour.

Changement de style, dans Skyfall, le nouvel ennemi c’est Internet. James Bond 2.0 a effectué ses mises à jour. Terminées les intrigues archaïques post-Guerre Froide contre les Russes ou la Corée du Nord, la franchise adapte son scénario au nouvel ordre mondial : celui dans lequel les puissances occidentales n’arrivent plus à identifier l’ennemi, et font face à une menace diffuse et endémique, où le facteur risque ne provient pas d’une arme nucléaire mais d’un virus informatique.

Et puis c’est la crise. La boutique est en liquidation. Fini le déballage de gadgets et de haute technologie. Le nouveau Q (un jeune génie de l’informatique, interprété par le très pince-sans-rire Ben Whishaw) n’est plus le Père Noël. Pour tout cadeau, 007 reçoit un revolver codé à ses empreintes digitales et une radio. Côté voiture, on est bien loin de Casino Royale ou Meurs un autre jour, sortes d’annexes du Mondial de l’auto, avec leurs défilés de Lamborghini et de Porsche. Dans Skyfall, on revient à l’essentiel : la sublime et mythique Aston Martin DB5 (qui fête elle aussi ses cinquante ans), reprend du service.

L’artillerie lourde, on s’en passe aussi. Coincé dans les Highlands écossaises, 007 se retrouve armé d’un seul fusil de chasse, et M (oui oui) fabrique des bombes avec un peu de dynamite, des clous et des ampoules cassées. On supprime le kitsch et l’exotisme lourdingues, qu’on remplace par le charme gris et pluvieux de Londres et de l’Ecosse.

Daniel Craig, subtil et brutal à la fois,, a le costume de 007 désormais soudé à la peau. Javier Bardem, le méchant, est redoutable. Décalé, névrosé, manipulateur comme le Chiffre et terrifiant comme Jaws, il parvient à s’imposer comme un personnage majeur de la franchise. L’humour, qui manquait un peu au personnage depuis que Daniel Craig en a revêtu le costume, est à nouveau au rendez-vous et conduit à cette conclusion : les anglais sont définitivement les rois du rire. Et peut-être aussi de la chanson. Le générique, gothique et crépusculaire, est bien servi par la magnifique interprétation d’Adèle.

Mais le plus grand intérêt consiste à recentrer l’intrigue sur la relation passionnante entre M et Bond. 007, c’est l’homme insaisissable, qu’aucune femme ne parvient à contrôle, exceptée M. Face à elle, James ressemble plus que jamais à un  garçon buté mais un peu contrit qui vient de faire des bêtises. La formidable Judi Dench crée à nouveau cet alliage savoureux d’indifférence, de froideur et de cruauté, mais dissimule au fond de son cœur un attachement fort pour son agent. Dans Skyfall, on la sent toujours plus déchirée entre son objectif de perfection et de loyauté dans l’accomplissement de sa mission, et la mise en danger permanente de celui qui l’exécute, 007.

Austère, artisanal, dense et visuellement bluffant, Skyfall allie modernisme et retour aux sources : le mélange est décapant. Un cran au dessus, c’est certainement l’un des meilleurs films de toute la franchise.

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2012

Paperboy, de Lee Daniels, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 16:28
Paperboy, de Lee Daniels, 2012 dans Recemment vus en salle metropolitan-filmexport-225x300

© Metropolitan FilmExport

Lorsque Lee Daniels, entraîne une pléiade de stars dans les méandres du bayou floridien, cela rend un film délirant mais… un peu raté.

L’histoire se déroule à la fin des années 1960. Ward (Matthew McConaughey) et Yardley (David Oyelowo), deux journalistes, reviennent dans le pays de leur enfance, une petite ville de Floride, pour enquêter sur la condamnation à mort d’un certain Hillary Van Wetter (John Cusak), dont ils sont persuadés qu’il est victime d’une erreur judiciaire. Ils mènent leurs investigations aux côtés du petit frère de Ward, Jack (Zac Efron), un simple livreur de journaux (paperboy, en anglais). L’enquête les conduit à rencontrer un curieux personnage, Charlotte (Nicole Kidman). Fascinée par les prisonniers et folle amoureuse du condamné qu’elle connaît à peine, elle est prête à tout pour le faire libérer.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Lee Daniels ne fait pas dans la dentelle. Il réalise un polar brûlant qui s’égare dans un labyrinthe de genres et d’ambiances (comédie, film policier, horreur, romance, film politique sur la ségrégation…). Il plonge le spectateur dans la moiteur poisseuse des villes en perdition de la « Bible Belt », qui vivent au ralenti en attendant d’être avalées par la jungle du sud des Etats-Unis. Les personnages sont tous névrosés, dévorés par leurs obsessions, et dégoulinants de sueur. Ils constituent une sorte d’échantillon sociologique caricatural d’une communauté abandonnée (que John Cusak, terrifiant, synthétise très bien). Matthew McConaughey est borderline à souhait, Nicole Kidman vit une sorte de résurrection ultra-ironique en poupée quinquagénaire trash et désabusée, mais on la distingue à peine sous des litres de mascara et de rouge à lèvre. Quand à Zac Efron, amoureux transi, unique personnage rationnel, marginal au début et essentiel à la fin, il est le seul zeste de fraîcheur du film. Il forme avec Nicole Kidman un couple improbable, mais serait plus convaincant si Lee Daniels ne s’obstinait pas à le faire apparaître torse nu la plupart du temps. La mise en scène kitsch donne l’impression que le film a été filtré sur Instagram. Il s’appesantit sur l’ambiance glauque d’une bourgadede l’Amérique profonde au détriment du scénario pour finalement ne mettre en valeur ni l’un, ni l’autre. Sur ce thème, le générique de True Blood qui dure 30 secondes est plus réussit que ce long-métrage d’1h50. Obscène, absurde et un peu exaspérant, Paperboy s’emmêle les pinceaux. Dans le genre enquête flashback des années 1960, certains épisodes de Cold Case sont beaucoup plus réussis.

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2012

Amour, de Michael Haneke, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 16:26
Amour, de Michael Haneke, 2012 dans Recemment vus en salle les-films-du-losange-223x300

© Les Films du Losange

Le nouveau Haneke, Palme d’or 2012 était très attendu. Alors que la plupart des films marquants du dernier Festival de Cannes sont déjà sortis, Amour se faisait encore désirer. Surtout pour les aficionados de premier rang du réalisateur autrichien.

Verdict?

Le film commence par une scène choc atroce et gratuite comme Haneke sait si bien les faire. Apparaissent ensuite les deux acteurs extraordinaires, Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, qui mettent tout le monde d’accord par leur performance. L’histoire peut se résumer à ceci : un couple âgé très amoureux, elle qui tombe malade, et lui qui reste à ses côtés pour la soutenir. Le film est bien sûr infiniment plus complexe, et dresse une liste presque exhaustive et chronologique de toutes les questions inhérentes à cette situation douloureuse.

Le coup de force, c’est que tout est mis à plat sans jamais être formulé verbalement (la maladie, la question épineuse de l’euthanasie, les réactions de l’entourage…). Le film est silencieux, le langage se délite, les mots se vident de leur sens et disparaissent. Seules subsistent quelques notes de Schubert et de Bach, qui témoignent de l’obsession d’Haneke pour le piano et l’univers des grands concertistes (Emmanuelle Riva, ancien professeur de piano, référence à La Pianiste). La force du film, c’est de ne jamais tirer les larmes du spectateur, en traitant pourtant un sujet difficile qui se prête au cinéma au larmoyant. L’interprétation pudique et réservée de Jean Louis Trintignant évacue toute forme de pitié, de compassion déplacée ou de misérabilisme. Mais à force d’aspirer les émotions dans la froideur de sa mise-en-scène, Haneke finit par faire un nettoyage par le vide. On a l’impression d’errer non pas dans un appartement abandonné, mais dans un lieu qui n’a jamais été habité. Seule Isabelle Huppert, bouleversante, injecte un peu de vie et de chaleur dans ce film spectral. Minimaliste, ultra épuré, presque désincarné, Amour, c’est du cinéma brut, auquel on enlève presque toute sa substance, pour ne laisser que l’essentiel : deux acteurs et une caméra.

 

 
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2012

Rebelle, de Kim Nguyen (sortie le 28 novembre 2012)

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 16:25

Rebelle, de Kim Nguyen (sortie le 28 novembre 2012) dans Recemment vus en salle 20274400.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

« Il faut d’abord que je t’explique comment je suis devenue soldat. Parce que sinon, quand tu sortiras, je ne sais pas si le bon dieu va me donner assez de force pour t’aimer. »

Cette phrase, c’est le début de Rebelle, le second long-métrage du réalisateur québécois Kim Nguyen. Komona, 14 ans, s’adresse à son futur enfant. Son père, c’est le commandant du régiment de l’armée rebelle dans laquelle elle a été enrôlée pour combattre contre les forces du gouvernement.

L’action se déroule dans un pays d’Afrique Subsaharienne (la volonté du metteur en scène est de ne pas le situer trop précisément). Komana, âgée de 12 ans, vit avec ses parents dans un village de pêcheurs lorsque celui-ci tombe aux mains des insurgés. Les familles sont tuées, et les enfants sont enlevés pour grossir les rangs de l’armée. Elle y rencontre Magicien, ils tombent amoureux, et décident de s’évader tous les deux.

La construction du film retrace la descente aux enfers de ces milliers d’enfants enrôlés dans la guerre, suivant un processus d’anéantissement psychologique utilisé par les groupes armés (meurtre des parents, violences physiques/exploitation sexuelle, lavage de cerveau, rites initiatiques, drogue, combat..).La mise-en-scène est intéressante.

On navigue caméra embarquée dans ce paysage chaotique et ravagé par un conflit qui dure depuis des décennies. Les acteurs, tous amateurs et pour la plupart issus des bidonvilles de Kinshasa, interprètent des enfants et des hommes qui se sont mués en machines de guerre. Le scénario est construit sur une sorte de balancier qui alterne des scènes de combat ou de détresse d’une violence exacerbée, et des instants de grâce emprunts d’un fort lyrisme. Les coupures son et les ralentis, injectés par petites doses dans l’ensemble, créent un effet d’hypnose sur le spectateur, et l’entraînent dans une déambulation sinistre, effrayante et fascinante à la fois. La magie, omniprésente dans cette zone de l’Afrique, est également introduite dans la mise-en-scène. Les fantômes blancs des défunts qui errent dans la jungle sur les zones de combat, ajoutent une dimension onirique à l’ensemble.

Kim Nguyen dépeint de façon singulière des situations où, souvent, on croit qu’un grigri peut combattre la mort, qu’une kalachnikov a plus de valeur que la vie d’un homme, et où l’on fait la fête sous une pluie de balles, au son des rafales et des tirs, et à la lumière d’un feu nourri. Le tout forme un film puissant, spectral et lyrique, qui égare le spectateur dans un paysage vaporeux et apocalyptique.

*Au sujet des enfants soldats : le livre d’A. Kourouma, Allah n’est pas obligé, Points, 2002.

 

 
 

ICOLLYWOOD |
le cinéma |
belangel |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | megavod
| apollonide
| cinemafan