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Le Capital, Costa-Gavras, 2012 23 novembre, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 18:17

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Costa-Gavras s’attaque dans son nouveau film au monde de la haute finance. Il raconte l’ascension fulgurante de Marc Tourneuil (Gad Elmaleh), propulsé au sommet d’une banque française sur le point d’être avalée par un groupe américain. Entre montages financiers complexes, OPA sauvages, plans sociaux ravageurs et guérillas internes sanguinaires, Tourneuil est très vite confronté au choix cinématographique classique qui oppose l’intégrité à l’argent.

Le film suit le schéma conventionnel de la mutation d’un individu dont l’âme est gangrenée par l’appât du gain. Gad Elmaleh interprète au premier degré un golden boy glacial et désabusé, un peu trop figé. Sa volonté d’effacer son personnage de one-man show le pousse à faire preuve d’un excès de rigidité.

Costa Gavras fait déballer aux acteurs tout un jargon financier difficilement intelligible pour les non-initiés, qui peut causer de réactions opposées : soit on se laisse bercer par ce flot continu de chiffres, de pourcentages et de calculs en renonçant à y déceler une quelconque poésie, soit on décroche.

Truffé de phrases à l’emporte-pièce qui sonnent creux (« l’argent est le maître, mieux tu le sers, mieux il te traite… »), le film est un coup d’épée dans l’eau. On y assiste, impuissants, à l’éternel triomphe du capitalisme roi, des marchés incontrôlables, des banquiers et des traders.

La meute de loups affamés est cependant bien interprétée par un casting cinq étoiles : Gabriel Byrne, trop rare au cinéma, joue génialement le requin sans scrupules made in Wall-Street. Il s’oppose au personnage du brillant Hippolyte Girardot qui joue très finement le dernier héraut d’un système où l’Etat aurait encore son mot à dire. Pour le reste, Bernard Le Coq, Daniel Mesguish et Philippe Duclos composent un organigramme à la fois lâche et féroce. Les femmes sont peu représentées, mais convaincantes (la fascinante Natacha Régnier et la vénéneuse Liya Kebede).

Finalement, Costa-Gavras crée un film rythmé, mais balisé et conventionnel. On finit par s’ennuyer un peu dans les couloirs feutrés des hôtels particuliers parisiens et on s’assoupit sur les sofas en cuir des yachts floridiens. Le Capital se prend un peu trop au sérieux, manque beaucoup d’ironie, et on repense à Chabrol avec une certaine nostalgie.

 

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