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Au-delà des collines, de Cristian Mungiu, 2012 4 janvier, 2013

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires! — elsalauravietnam @ 15:30

Au-delà des collines, de Cristian Mungiu, 2012 dans Films vraiment pas... obligatoires! au-dela-des-colines-225x300

Voici le nouveau film du plus cannois des réalisateurs roumains, Chritian Mungiu. Après le palmé 4 mois, 3 semaines et 2 jours, il revient avec un nouveau lo(oooooooo)ng-métrage, Au-delà des collines (prix du scénario et double prix d’interprétation féminine).

L’action se déroule dans un couvent situé au fin fond de la campagne roumaine, sur un haut plateau où l’on n’a pas vu le soleil depuis environ 1912. Alina débarque pour revoir Voichita, avec qui elle a grandi à l’orphelinat du village. Elle décide de la ramener avec elle en Allemagne, où des perspectives de travail les attendent. Mais Voichita refuse de s’éloigner du couvent et du chemin qui la mène à Dieu. Alina, par amour, décide donc de rester auprès d’elle et se retrouve peu à peu prise au piège de la communauté religieuse.

Si l’idée du film est brillante, et la volonté de dénoncer les dérives extrémistes louable, le résultat est assez insupportable. Une fois que l’on a cessé d’admirer la qualité de l’image, on entame un vrai chemin de croix, à la manière d’Alina qui vit une descente aux enfers, séquestrée dans le couvent (et oui, c’est ça le grand truc du film !). Une chose est sûre, c’est qu’il ne faut surtout pas aller voir Au-delà des collines en espérant admirer un travail de dentelle comme dans le Ruban Blanc de Michael Haneke… Car si la première demi-heure du film est regardable, voire intéressante, Mungiu tente ensuite de faire passer son message en nous tapant sur la tête avec une barre en fonte. Outre la noirceur de la mise en scène (passe encore), il ne cesse de tirer pendant les deux heures suivantes un tas de grosses ficelles, dans lequel on finit par se prendre les pieds. La symbolique est peu subtile, voire lourdingue (le brancard auquel Alina est attachée est en forme de croix…entre autres). La métaphore de l’amour-démon que le pope et les nonnes essayent d’exorciser est tellement filée et refilée qu’un enfant de trois ans pourrait la déceler. Le principe de faire comprendre la souffrance du personnage en insérant des scènes de torture interminables pour s’identifier à sa douleur donne un résultat laborieux et outrancier. Un peu comme si on jetait de l’alcool à 90 degrés sur une fracture ouverte : c’est douloureux, mais ça ne résout rien. Dans son refus de tomber dans le caricatural ou le nihilisme, le metteur en scène finit par tout mélanger. Alina, personnage profane et lumineux, est réduite à son hystérie, et le pope-tyran-geôlier passe presque pour un moine bouddhiste en affichant une sérénité quasi stoïque.  Au lieu d’un appel à la tolérance, Au-delà des collines est si consternant qu’il est une incitation à l’agressivité.  Si bien que la seule et unique conclusion qu’on en tire devant la dernière scène exaspérante (un zoom interminable sur un pare-brise boueux), c’est qu’il n’y a rien à sauver, rien à espérer. Et finalement rien à voir non plus : circulez.

 

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