Page ciné d’Elsa

Bienvenue sur mon blog

 

Les Bêtes du sud sauvage, de Benh Zeitlin, 2012 4 janvier, 2013

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 15:34

 Les Bêtes du sud sauvage, de Benh Zeitlin, 2012 dans Recemment vus en salle 20251251.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

Hushpuppy n’est qu’une petite fille. On lui donne à peine six ou sept ans. Elle vit avec son père dans une sorte de bidonville flottant posé sur les eaux vaseuses du bayou louisianais. Elle passe ses journées les pieds dans la boue à se construire un univers fantastique où sa mère disparue serait encore là. Elle aime pêcher le poisson-chat à la main avec son père, naviguer à bord d’une plateforme de pick-up reconvertie en radeau, attraper les animaux pour vérifier que leur cœur bat encore et philosopher sur l’avenir du monde.

Car justement, la fin du monde approche. Un ouragan gronde à l’horizon. Les icebergs se décrochent au Pôle Nord, menaçant d’engloutir sous les eaux les cabanes de tôle, et libérant de l’étau des glaces des bêtes préhistoriques féroces, les aurochs, qui foncent droit sur eux pour les avaler tout crus. De l’autre côté du bassin, derrière la digue de béton, le monde moderne avec ses usines et ses fumées toxiques, grignote centimètre par centimètre leur jungle, et les menace d’expulsion. Et puis surtout, son père est malade, très malade. Tous les jours, il essaye de préparer sa fille à la mort qui approche.

En cette période où l’apocalypse est archi-tendance et surmédiatisée, Les Bêtes du sud sauvage n’est pas un énième film barbant qui traite de ce sujet glissant et rabâché. Avec en toile de fond les grandes préoccupations climatiques actuelles, il raconte l’histoire d’une communauté d’âmes en peine qui survivent en s’accrochant à leurs racines. Ils ont chevillée au corps la volonté de vivre dans un camp fait de bric, de broc et d’individus animés  d’un immense sentiment de solidarité, plutôt que dans un village-global aseptisé et rempli d’ombres anonymes.

Porté par l’interprétation de la fabuleuse Quvenzhané Wallis (Husphpuppy) qui dégage une force de vivre  extraordinaire, c’est un film poétique, pictural et flamboyant. Le réalisateur nous embarque  dans un voyage éprouvant mais exaltant. Il use et abuse de la métaphore baudelairienne de La Charogne, en transformant la laideur en beauté, l’atroce en sublime, et la cruauté en amour. A force de gros plans travaillés sur la boue, la pourriture, les carcasses d’animaux crevés et la vermine grouillante, ça en devient légèrement écœurant, mais jamais  malsain.

A la manière d’un conte pour enfant un peu trash,  Les Bêtes du sud sauvage construit un récit naïf et enchanteur, sans y greffer une morale didactique et vaine. Une vraie purge en cette période de fêtes de fin d’année où débarquent sur nos écrans une multitude de films d’animation dégoulinants de bons sentiments.

201244261.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-20120530_0633591-300x168 dans Recemment vus en salle

 

Commenter

 
 

ICOLLYWOOD |
le cinéma |
belangel |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | megavod
| apollonide
| cinemafan