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« Le Concert », de Radu Mihaileanu. 2009. 6 octobre, 2011

Classé dans : Critiques diverses,Placard à archives — elsalauravietnam @ 15:08

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Sous Brejnev, Andrei Fillipov était le plus grand chef d’orchestre d’Union Soviétique, à la tête du célèbre et prestigieux Orchestre du Bolchoï. Mais lorsque qu’il refuse de se séparer de ses musiciens juifs, on brise sa baguette en plein concert. Sa carrière est anéantie, et on referme le Rideau.

30 ans plus tard, Andrei travaille toujours au Bolchoï, mais en tant qu’agent d’entretien, jusqu’à ce qu’il intercepte une invitation venant du Théâtre du Chatelet, à Paris, pour que l’orchestre du Bolchoï vienne jouer à la place du philharmonique de Los Angeles. Un projet fou germe alors dans son esprit… il décide de subtiliser l’invitation et de faire appel à tous ses anciens musiciens, se trouvant aujourd’hui pour la plupart dans des situations très précaires, errant entre petits boulots, pour reformer l’ancien orchestre, et retourner sur le devant de la scène pour un ultime concert dans un voyage riche en rebondissements.

Quatre ans après Vas, Vis et Deviens, récompensé à Cannes, Radu Mihaileanu revient en beauté. Le concert est une comédie dotée d’un arrière plan dramatique, et rares sont les réalisateurs qui peuvent manier les deux genres avec autant de dextérité sans s’emmêler les pinceaux ni frôler le ridicule. Car malgré les critiques, ce film en est loin. Alors oui, le film est burlesque, mais jamais vulgaire ou grossier…

Bien au contraire. Ce que les détracteurs n’ont pas saisi, c’est que les clichés, aussi énormes soient ils, sont totalement assumés et c’est ce qui les rend particulièrement irrésistibles. Le réalisateur a fait le choix de manier l’humour comme une arme ludique, une réponse à la douleur, et comme moyen de conserver la dignité. Rien n’est si grave, seule compte la musique.

Basé sur des faits réels, c’est une toile de fond sombre et intense qui se dessine. La censure à l’époque de Brejnev, le bâillonnement des intellectuels, des juifs et des gitans, la peur du pouvoir que les prises de position des artistes ne se répandent parmi le peuple… Le sujet est traité avec acuité. C’est cette chasse contre les musiciens du Bolchoï qui est illustrée ici, et qui se retrouve à travers l’histoire de Fillipov, qui a vu fuir ses deux meilleurs amis, dont sa soliste, aussi éperdument amoureuse de la musique et de Tchaïkovski que lui.

Le film évoque la supériorité majestueuse d’un concerto pour violon, la recherche de l’harmonie ultime, au-delà des genres, des clivages, des conflits, des différences entre les peuples. Musiciens de tous les peuples, unissez vous… L’unité suprême, que le Communisme ne parvint pas à atteindre, et qui rassemble l’humanité toute entière dans quelques cordes et un archet.

L’archet, c’est celui de Anne Marie Jacquet, interprétée par Mélanie Laurent, une célèbre soliste. Elle recherche la vérité concernant ses parents disparus, comme Andrei, interprété par Aleksei Guskov, extraordinaire de justesse et de sincérité, qui cherche à surmonter le traumatisme d’un destin déchiré en essayant de trouver la touche de perfection à apporter à la musique, au cours d’une scène de 20 minutes du concerto pour violon de Tchaikovski Op.35.

 Discrètement, sans aucun battage médiatique, le film a conquis le public par bouche à oreille car il n’y a aucune fausse note, dans ce Concert.

 

 
 

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