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The Master, de Paul Thomas Anderson, 2013 30 janvier, 2013

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The Master, de Paul Thomas Anderson, 2013 dans Films vraiment pas... obligatoires! 20408688.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx-225x300

Quelle déception, pour moi qui apprécie Paul Thomas-Anderson depuis Magnolia.

The Master se déroule peu après la Seconde Guerre mondiale. Freddie s’est battu dans le Pacifique, et en est revenu complètement traumatisé. Victime de graves troubles psychologiques, il sombre dans l’alcool et la folie. Un jour, il rencontre Lancaster Dodd, qu’on appelle aussi « Le Maître », une sorte de gourou psychanalyste qui le prend sous son aile au sein de son mouvement dénommé La Cause.

Le problème, c’est qu’après le percutant There will be blood, on attendait beaucoup du nouveau long-métrage de Paul Thomas Anderson. Le résultat, c’est un film interminable (2h20, mais qui en paraissent quatre) et totalement obscur. On tourne en rond autour des obsessions d’un gourou assoiffé de pouvoir, et des névroses d’un soldat traumatisé, sans aller plus loin dans l’écriture ou dans l’émotion. On assiste, perplexe, à la manipulation d’un maître sur son esclave, sous forme d’une répétition exaspérante d’exercices « thérapeutiques ». Ça confine au ridicule, dès lors qu’on a abandonné l’idée d’y déceler quoi que ce soit d’intéressant.

Pourtant, associer le brillant Joaquin Pheonix et le non moins talentueux Philip Seymour Hoffman était une idée lumineuse. Mais le premier est réduit à une sorte de monstre pulsionnel abruti par la gnôle qu’il engloutit à longueur de journée et le deuxième s’en sort très bien mais ne peut supporter tout le poids du film sur ses épaules. The Master prouve qu’il ne suffit pas de deux acteurs de génie pour faire un film de génie. Il a été réalisé par et surtout pour Paul Thomas Anderson, qui, pris dans un délire d’autosatisfaction, a voulu faire une grande œuvre, et doit certainement se la regarder deux fois par jour pour se faire plaisir.

Finalement, The Master est un film prétentieux, verbeux mais qui sonne creux, et d’un académisme ennuyant à mourir. On est ravi quand les lumières de la salle se rallument.

 

 
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Au-delà des collines, de Cristian Mungiu, 2012 4 janvier, 2013

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires! — elsalauravietnam @ 15:30

Au-delà des collines, de Cristian Mungiu, 2012 dans Films vraiment pas... obligatoires! au-dela-des-colines-225x300

Voici le nouveau film du plus cannois des réalisateurs roumains, Chritian Mungiu. Après le palmé 4 mois, 3 semaines et 2 jours, il revient avec un nouveau lo(oooooooo)ng-métrage, Au-delà des collines (prix du scénario et double prix d’interprétation féminine).

L’action se déroule dans un couvent situé au fin fond de la campagne roumaine, sur un haut plateau où l’on n’a pas vu le soleil depuis environ 1912. Alina débarque pour revoir Voichita, avec qui elle a grandi à l’orphelinat du village. Elle décide de la ramener avec elle en Allemagne, où des perspectives de travail les attendent. Mais Voichita refuse de s’éloigner du couvent et du chemin qui la mène à Dieu. Alina, par amour, décide donc de rester auprès d’elle et se retrouve peu à peu prise au piège de la communauté religieuse.

Si l’idée du film est brillante, et la volonté de dénoncer les dérives extrémistes louable, le résultat est assez insupportable. Une fois que l’on a cessé d’admirer la qualité de l’image, on entame un vrai chemin de croix, à la manière d’Alina qui vit une descente aux enfers, séquestrée dans le couvent (et oui, c’est ça le grand truc du film !). Une chose est sûre, c’est qu’il ne faut surtout pas aller voir Au-delà des collines en espérant admirer un travail de dentelle comme dans le Ruban Blanc de Michael Haneke… Car si la première demi-heure du film est regardable, voire intéressante, Mungiu tente ensuite de faire passer son message en nous tapant sur la tête avec une barre en fonte. Outre la noirceur de la mise en scène (passe encore), il ne cesse de tirer pendant les deux heures suivantes un tas de grosses ficelles, dans lequel on finit par se prendre les pieds. La symbolique est peu subtile, voire lourdingue (le brancard auquel Alina est attachée est en forme de croix…entre autres). La métaphore de l’amour-démon que le pope et les nonnes essayent d’exorciser est tellement filée et refilée qu’un enfant de trois ans pourrait la déceler. Le principe de faire comprendre la souffrance du personnage en insérant des scènes de torture interminables pour s’identifier à sa douleur donne un résultat laborieux et outrancier. Un peu comme si on jetait de l’alcool à 90 degrés sur une fracture ouverte : c’est douloureux, mais ça ne résout rien. Dans son refus de tomber dans le caricatural ou le nihilisme, le metteur en scène finit par tout mélanger. Alina, personnage profane et lumineux, est réduite à son hystérie, et le pope-tyran-geôlier passe presque pour un moine bouddhiste en affichant une sérénité quasi stoïque.  Au lieu d’un appel à la tolérance, Au-delà des collines est si consternant qu’il est une incitation à l’agressivité.  Si bien que la seule et unique conclusion qu’on en tire devant la dernière scène exaspérante (un zoom interminable sur un pare-brise boueux), c’est qu’il n’y a rien à sauver, rien à espérer. Et finalement rien à voir non plus : circulez.

 

 
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360, de Fernando Meirelles, 2012 31 juillet, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 22:00

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Fernando Meirelles était jusque là un de mes metteurs en scène préférés, avec au compteur The Constant Gardener, La Cité de Dieu et Blindness. Mais avec 360, il accuse une sérieuse dégringolade dans mon classement (ce qui ne va pas l’empêcher de dormir, certes!). Pourtant, j’adore le concept du film-chorale. Le souci étant qu’il faut faire preuve d’une bonne dose d’originalité pour le réussir. Certains américains sont passés maîtres en la matière, comme Robert Altman (Short Cuts), ou  Paul Thomas Anderson (Magnolia). Les français ne se débrouillent pas mal non plus, surtout Klapish (Paris).

Mais le nouveau long-métrage du réalisateur brésilien se perd dans un imbroglio d’histoires sans queue ni tête. Il exploite sans profondeur la théorie de la deuxième chance et des choix cruciaux qui donnent à la vie un tournant irréversible, à travers de nombreux personnages qui se croisent. Ces grandes questions philosophiques sont très difficiles à traiter au cinéma, et de nombreux réalisateurs s’y sont cassés les dents avant lui (sauf récemment Jaco Van Dormael avec son Mr. Nobody). Dommage, car une pléiade de bons acteurs sont réunis pour aider Meirelles dans sa périlleuse exploration de l’âme humaine : Anthony Hopkins, Jude Law (qui nous rejoue Closer entre adultes consentants), et la délicieuse Rachel Weisz. Pourtant, ce sont les seconds rôles qui s’en sortent le mieux (notamment Ben Foster dans le rôle d’un délinquant sexuel au bord de la récidive et Moritz Bleibtreu en requin du Dow Jones manipulateur). Le film est un prêchi-prêcha philosophique somme toute assez fade et paresseux. C’est une sorte de puzzle auquel il manque une pièce qui nous laisse un arrière-goût amer d’inachevé.

360 aurait pu ressembler à une belle toile d’un peintre impressionniste, mais il tient plutôt de la peinture au numéro.

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Mains armées, de Pierre Jolivet, 2012 24 juillet, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 14:09

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Le problème quand on va voir un polar à la française, c’est qu’on peut tomber sur du très bon et du très mauvais. Statistiquement, c’est environ une chance sur deux, là où les américains font plutôt du 8 chances sur 10. Mains armées ne se situe malheureusement pas dans la première catégorie.

Le film raconte la rencontre de Lucas (Roschdy Zem), le père, commandant de police à Marseille, et la fille, Maya (Leila Bekhti), jeune flic aux stups à Paris. Une affaire de trafic d’armes de guerre appartenant à l’OTAN et tombées dans les mains d’un réseau yougoslave les conduit à reprendre contact.

Mains armées avait pourtant des arguments intéressants. Mais on dénote un sérieux problème de rythme. Il est long à commencer, long à se développer, et long à finir. Avec une question aussi complexe que celle du trafic d’armes, on attend un scénario solide et des rebondissements en chaîne. Mais non. La relation entre les personnages est chronophage et l’enquête se perd dans ses ramifications. Il aurait fallu faire un choix entre les deux. L’ensemble est assez  convenu, surtout la fin. Le sujet est complètement survolé. Le défaut majeur de ce long-métrage, c’est un sujet trop ambitieux mis en scène avec un sérieux manque d’ambition.

Côté casting, Roschdy Zem sauve la mise. Il incarne de façon inspirée un flic fin, taiseux et taciturne. Leila Bekhti passe un peu à côté de son personnage. Elle est émouvante dans son côté jeune recrue déjà fatiguée mais le parti pris de la réalisation la ternit complètement. Marc Lavoine en chef des stups pourri est caricatural et lourdingue.

C’est un film de flics pour les flics, comme si on était censé comprendre direct tout leur jargon et leurs abréviations qui ne servent à rien et qui ponctuent une phrase sur deux (« Yougo » pour « yougoslave », « kil » pour « kilos de drogue », « filoche » pour filature)

Bref, Mains armées est un film prudent, éparpillé et qui manque d’atmosphère.

A force de suivre le crédo du film de flics réaliste, on finit par faire des films de flics chiants.

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Bel Ami, de Declan Donnellan et Nick Ormerod. 2012. 19 juillet, 2012

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Quelques mots sur le premier long métrage de ce jeune duo britannique.

Le film est une relecture (en diagonale, dirais-je) du roman de Maupassant. Il raconte les péripéties de Georges Duroy, un jeune homme ambitieux qui se hisse du statut d’employé des Chemins de fer au sommet des plus hautes sphères politico-médiatiques parisiennes. Pour ce faire, il noue des relations passionnées avec les femmes des personnages les plus influents du milieu.

Cette nouvelle adaptation de Bel Ami n’est pas des plus réussies. Elle possède les inconvénients d’une première réalisation (mise en scène trop léchée, un peu laborieuse), sans en avoir les avantages (fraîcheur, regard nouveau). La description de Paris version XIXème, qui balance entre l’ambiance des bas-fonds glauques et moites (maisons closes, piaules miteuses) et le luxe outrancier des salons privés et des boudoirs n’a rien d’innovant. Les performances des acteurs sont inégales. Tout le monde se réjouit de voir Robert Pattinson enfin débridé, instinctif, presque bestial. Mais son interprétation fiévreuse du personnage lui donne l’air d’être engoncé dans son costume et d’étouffer sous le poids de ce nouveau défi d’acteur. Il force un peu trop son jeu et récite son texte de façon théâtrale. Le personnage glacial et désabusé de Cosmopolis lui collait mieux  à la peau. Le trio féminin est assez déséquilibré. La performance majestueuse d’Uma Thurman, personnage libre et féministe d’avant-garde, éclipse un peu les autres. Christina Ricci est sans surprise, fraîche et grave à la fois, mais ni plus ni moins qu’à son habitude. Quant à Kristin Scott Thomas, son rôle n’est pas assez approfondi. Détruite par Georges Duroy, elle est tournée en ridicule alors qu’elle aurait pu donner une dimension quasi Bovarienne au personnage.

L’aspect politique de l’histoire est mis à l’écart et une place trop importante est accordée aux intrigues sentimentales entre les personnages.

En somme, cette adaptation de Bel Ami manque cruellement de… Stephen Frears.

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Cosmopolis, de David Cronenberg. 3 juin, 2012

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De toute évidence, David Cronenberg était très enthousiaste à l’idée d’adapter le roman de Don DeLillo, Cosmopolis. Un peu trop peut être, au vu de la complexité de l’œuvre. Ca s’annonçait pourtant très bien, avec cette bande-annonce terrible, très vendeuse. Je m’attendais à un film complètement décadent et survolté, mais c’est tout juste décadent, et pas du tout survolté. J’étais d’autant plus déçue que j’avais trouvé Existenz et Les promesses de l’ombre très réussis.

Cosmopolis, c’est l’histoire d’un golden boy de la finance, Eric Packer, qui se met en tête de traverser tout Manhattan en limousine pour aller se faire couper les cheveux de l’autre côté de la ville. Il avance à 10 km/h dans New York assiégée par un énorme soulèvement populaire, une sorte de rassemblement d’indignés puissance 1000 visant à faire tomber une bonne fois pour toute le capitalisme qui affame la planète. L’idée est vraiment géniale, l’esthétique apocalyptique du film aussi, et on sent que le roman derrière est solide et intéressant.

Mais.

Le problème c’est que le producteur s’est trompé de réalisateur. C’est David Fincher qu’il aurait fallu mettre aux commandes. Cosmopolis s’égare complètement dans des méandres métaphysiques qui sont passionnants en eux-mêmes, mais complètement inappropriés à la mise-en-scène. Un peu comme si le roman à la base était de fait inadaptable à l’écran. Par conséquent, on a un peu l’impression de lire la copie d’un élève qui serait un petit génie mais qui aurait fait un énorme hors-sujet. Le contenu déborde complètement du contenant. C’est simple, Cronenberg a essayé de faire tenir tous les paradoxes, les tensions et les clivages du système économique, politique et social mondial dans 8 mètres de limousine et 1h48 de film. Réducteur. Pour l’aider, pourtant, une arme de poids : le fameux Robert Pattinson. Pour ma part, je le découvre complètement, je n’ai jamais mis un seul orteil sur la planète Twilight, et je le trouve excellent.

Ultra-verbeux, les dialogues sont débités à toute vitesse sans laisser place au silence fondamental qui inspire la réflexion. Ultra taiseux, c’est quasiment sans musique que le film se déroule, ce qui donne l’impression de se trouver devant les rush plutôt que devant un film terminé. Dommage, il aurait suffit de n’importe quoi, un son electro récurrent ou même d’un mauvais morceau de rock teenage sauce Linkin Park ou 30 seconds to mars pour mettre un peu de piment. Le film comble la vacuité d’une mise en scène ratée par des flots ininterrompus de logorrhée verbale. C’est pachydermique, trop prudent et décevant comme un bijou en plaqué or.

En gros, Cronenberg doit son salut à l’actualité brulante et aux évènements qui secouent notre monde. Mais pour le reste, son film trop-plein est en fait une coquille vide. Revoir d’urgence Fight Club après coup. Next.

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The Iron Lady, de Phyllida Lloyd 19 mars, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 21:33

The Iron Lady, de Phyllida Lloyd dans Films vraiment pas... obligatoires! 19863654.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20111207_011624-300x199

The Iron Lady, c’est un film qui pose problème, réellement. Et le problème, c’est le contraste entre un long métrage laborieux et une actrice extraordinaire. Meryl Streep, qui a obtenu pour ce rôle l’oscar du meilleur premier rôle féminin, est bien sûr formidable, comme d’habitude. Mais le film est tellement douteux que la lumière que sa star dégage ne suffit pas à éblouir le spectateur pour masquer les défauts.

The Iron Lady, c’est donc, comme son nom l’indique, un biopic sur Margaret Thatcher. Pas besoin d’avoir fait science po pour être au courant de la politique désastreuse qu’elle a mené en tant que premier ministre de Grande Bretagne entre 1979 et 1990. La trame du scénario, c’est Margaret Thatcher qui perd la tête et erre  à la recherche de son défunt mari dans sa résidence londonienne le jour des attentats de Londres. Actuel, donc. A partir de là, une construction classique se déroule, et on assiste chronologiquement à la montée de Thatcher au pouvoir.

Le résultat, c’est un prêchi prêcha inepte sur la vie d’un tyran qu’on essaye de faire passer pour une victime (du sexisme ambiant, des horribles syndicalistes barbares, de sa famille qui demande un peu de temps et d’affection…). La prise de position politique clairement pro-Thatcheriste, ça pourrait être intéressant si c’était subtilement provocateur mais c’est en fait de très mauvais goût, voire complètement scandaleux. Les scènes concernant les Malouines, une guerre aussi cynique qu’aberrante, sont la preuve même que le film est raté. Les scènes portant sur la vie personnelle et le personnage, quant à elles, nous endorment gentiment.  

En somme, on est presque censé pleurer sur le sort  de cette chère Maggie, mais surtout pas sur celui des dizaines de milliers de mineurs qui ont perdu leur emploi entre 1984 et 1986, ou sur les grévistes de  la faim irlandais qui ont perdu la vie à cause de son intransigeance absurde et absolue. Revoir Hunger ou encore Billy Elliot pour revenir sur terre et voir du bon cinéma après coup.

 

 
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Time Out, d’Andrew Niccols. 2 décembre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 12:53

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Je dois dire que je m’attendais à des étincelles de la part d’Andrew Niccols. Il est notamment le metteur en scène de Lord of War, un de mes films préférés. Et côté science-fiction, Bienvenue à Gattaca, c’était vraiment pas mal. Dommage, son nouveau film n’a aucun (presque) aucun intérêt.

Voilà pourquoi : les Inrocks avaient prévenu : « sexy sur le papier, mais assez plat dans la facture ». C’est exactement ça. Justin Timberlake est ultra sexy, Amanda Seyfried est toujours aussi glamour, mais ça ne suffit pas. Le sujet du film est pourtant très intelligent : Andrew Niccols invente une société où le temps, c’est de l’argent, ou plutôt l’inverse. A partir de 25 ans, les êtres humains cessent de vieillir, et doivent travailler pour gagner leur vie : au sens propre. C’est-à-dire que les minutes leurs sont comptées, les plus pauvres ne disposant que de quelques heures pour vivre et les plus riches de centaines, voire de milliers d’années. Le concept peut faire un film excellent, mais ne fonctionne pas. Il donne seulement lieu à quelques dialogues bien écrits et à des néologismes intéressants : « He timed out » remplace « He died ». Ou encore, faisant référence à la montre digitale intégrée à leur poignet: “Just once I’d like to wake up with more time on my hand than hours in the day.

 

 

 

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Le personnage de Timberlake, grâce à une rencontre chanceuse, gagne un siècle et décide de commencer une sorte de “petite révolution” façon Robin des Bois, en prenant en otage la fille d’un très grand spéculateur de temps. Mais malheureusement aucune tournure politique ne vient donner un intérêt au film. On s’égare entre des scènes d’action neurasthéniques et des scènes de confrontation mollassonnes. Aucune alchimie ne prend entre Timberlake et Seyfried, car le scénario ne leur en laisse pas le temps, et on n’y croit pas une seconde. Même Cillian Murphy, qui joue le chef de la police du temps (« time keeper ») ne parvient pas à redresser les vertèbres de ce projet qui s’avachit.

Ce film aurait donc pu être un thriller électrique branché sur une ligne THT, et dynamiter le genre. Mais au final, c’est un vrai pétard mouillé : complètement froid.

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Contagion, de Steven Soderbergh. 20 novembre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 18:08

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Récap’ sur Contagion : 

Je ne sais pas par où commencer tellement ce film est bourré d’erreurs. D’ailleurs on ignore où le commencement se situe, et tout le film tourne autour de cela. Le film s’ouvre sur le Day 2, se poursuit chronologiquement et se termine sur Day 1. Day 2 s’organise autour du personnage de Gwyneth Paltrow (la pauvre, tout est de sa faute), à Hong Kong. Elle est suspectée d’être le Patient Zero, c’est-à-dire la première personne humaine à contracter le virus mortel à l’origine de la pandémie qui va suivre et menacer l’humanité entière. Sauf si un vaccin est trouvé et commercialisé. La trame (très réduite) du scénario se résume à ceci : une équipe de médecins américains qui cherchent à remonter jusqu’à la source pour comprendre d’où vient le virus et pouvoir l’éradiquer. On suit donc une multitude de personnages qui attrapent ou non l’infection à travers différents endroits dans le monde. Ca pourrait être une bonne idée, mais dommage, ça tombe à l’eau. Et le film, c’est ça : une série de bonnes idées qui ne mènent à rien.

Car le sujet est infiniment complexe et Steven Soderbergh n’avait manifestement pas les épaules pour le traiter. Et c’est en essayant de tout englober qu’il finit par brasser du vent : l’évolution de la pandémie, sa source, la course au vaccin, les batailles des grands groupes pharmaceutiques, les laboratoires, le traitement des médias, les pouvoirs publics, l’altermondialiste indigné qui crie à la conspiration, les mouvements de foule en panique, les pillards, l’extinction progressive de la race humaine, le retour à la barbarie, une chercheuse de l’OMS prise d’otage dans un village chinois, un citoyen immunisé qui protège sa fille… Le film part dans tous les sens, comme un feu d’artifice, mais qui ne ferait aucun bruit et qu’on tirerait en plein jour : aucun effet. Faire « tout », ça ne donne « rien ».

Il aurait peut-être fallu traiter le sujet sous un angle politique (façon documentaire), ou sous un angle émotionnel (où on s’attacherait à un groupe d’individus). Mais le réalisateur ne s’engage pas politiquement, et les personnages sont trop nombreux pour que l’on s’attache à eux. Les acteurs sont tous connus et bons, mais exploités comme des produits à usage unique sur la base de leur notoriété. Pas un seul n’a un rôle à la hauteur de son talent. Un peu comme si un richissime producteur avait capricieusement choisi des acteurs selon ses propre goûts par vidéoconférence depuis son bureau en teck massif à Abu Dhabi.

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Le plus étonnant, ce sont les temps morts dans une histoire où tout va très vite. Un plan inutile sur Gwyneth Paltrow qui se fait ouvrir le crâne par les légistes, Marion Cotillard qui évolue de bureau en bureau, penchée sur des écrans d’ordinateurs, et qui parle, mais avec une coupure son et de la musique, ou encore Laurence Fishburne qui lâche un jargon médical incompréhensible…

Ce que je retiens de bon, c’est la musique, une sorte de montée en puissance progressive d’un son électro-lancinant, qui est assez angoissante. Je garde aussi les plans esthétiques type « l’apocalypse vue par Yann Arthus Bertrand » d’une ville fantôme, d’une rue déserte jonchée de  déchets, d’un aéroport vide, d’une autoroute silencieuse. Deux personnages sortent du lot : Kate Winslet, médecin envoyée en mission-suicide sur le terrain, et qui a l’occasion de montrer de quoi elle est capable devant une caméra. Et Jennifer Ehle, qui dirige l’équipe de chercheurs qui mettent au point le vaccin, et qui, pris en étau devant le manque de temps, décide de le tester sur elle-même.

Mais pour le reste, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. L’angoisse malsaine qui résulte du sujet ne provient pas de l’écran que l’on regarde, mais de ce qui nous entoure, extérieur au film. De cette personne qui tousse dans la salle de cinéma, de la poignée de porte qu’on tient en sortant. Si on n’était pas régulièrement mis en « quarantaine médiatique » par la télévision et internet concernant des cas de début d’épidémie mondiale (H1N1 et autres grippes…), le film aurait peut être un intérêt. Mais il ressemble plutôt à l’œuvre d’un réalisateur que la FEMA ou le Ministère de l’intérieur aurait mandaté pour faire une campagne de prévention du type : « voilà comment les choses vont se passer, mais on contrôle la situation ».  Et pourtant, je suis très bon public en ce qui concerne les films catastrophe parce que j’adore ça. J’aurais aimé un mélange entre l’excellent Alerte de Wolfang Petersen, 28 jours plus tard de Danny Boyle, et le plus récent mais non moins excellent Blindness de Fernando Mereilles. Pour une histoire de pandémie qui touche tout le monde, au final c’est un film qui ne touche personne.

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Forces Spéciales, de Stéphane Rybojad. 6 novembre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 20:25

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Un petit mot sur Forces Spéciales.

Le principe, c’est le récit d’une opération menée par une unité des forces spéciales françaises pour récupérer une reporter qui sème la pagaille en prenant la défense des femmes en terre talibane au Pakistan. L’opération fonctionne, mais les soldats perdent la liaison radio et ratent le point de rendez-vous avec le soutien aérien. Ils se retrouvent donc pris au piège en haute montagne, avec à leurs trousses des talibans qui se démultiplient.

J’y suis allée parce que j’aime les films de guerre de manière générale, et que je suis très bon public de ce côté là (et accessoirement que j’aimerais bien devenir reporter de guerre, mais ça, peu importe).

 

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Le film, c’est 1h50 de fusillades, quelques dialogues pas très cérébraux, pas mal de sentimentalisme, aucune analyse de la situation politique du pays, et pas de visée dénonciatrice. On ajoute à ça des supers images, des supers ralentis, des beaux paysages sur fond de musique hard-rock/metal et on obtient Forces Spéciales. A voir donc, si on adore jouer à Call Of Duty (comme moi), ou si on adore les beaux yeux bleus de Diane Kruger (comme moi)… Ou encore, si on a le coeur qui bat devant les spots de pub pour l’Armée de terre « Devenez vous-même! ». Parce que c’est un peu à ça que le film ressemble. C’est une sorte d’hybride croisé entre un programme made-in Discovery Channel du type « I shouldn’t be alive… », une campagne de recrutement pour l’Armée, un extrait de A Marche Forcée de Peter Weir, en moins bien,  et une pub pour National Geographic. Agréable pour les yeux, donc, mais pas besoin de mettre en marche le cerveau.

 

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