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The Master, de Paul Thomas Anderson, 2013 30 janvier, 2013

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Quelle déception, lorsque l’on se rappelle du Paul Thomas-Anderson de Magnolia.

The Master se déroule peu après la Seconde Guerre mondiale. Freddie s’est battu dans le Pacifique, et en est revenu complètement traumatisé. Victime de graves troubles psychologiques, il sombre dans l’alcool et les troubles psychiatriques. Un jour, il rencontre Lancaster Dodd, qu’on appelle aussi « Le Maître », une sorte de gourou psychanalyste qui le prend sous son aile au sein de son mouvement dénommé « La Cause ».

Après le percutant There will be blood, on attendait beaucoup du nouveau long-métrage de Paul Thomas Anderson. Le résultat, c’est un film interminable (2h20, mais qui en paraissent quatre) et totalement obscur. On tourne en rond autour des obsessions d’un gourou assoiffé de pouvoir, et des névroses d’un soldat traumatisé, sans aller plus avant dans l’écriture ou l’émotion. On assiste, perplexe, à la manipulation d’un maître sur son esclave, sous la forme d’une exaspérante répétition d’exercices « thérapeutiques ». 

Pourtant, associer le brillant Joaquin Pheonix et le non moins talentueux Philip Seymour Hoffman constituait sur le papier une idée lumineuse. Mais le premier est réduit à une sorte de monstre pulsionnel abruti par la gnôle qu’il engloutit à longueur de journée et le deuxième s’en sort très bien mais ne peut supporter tout le poids du film sur ses épaules. The Master prouve qu’il ne suffit pas de deux acteurs de génie pour créer un film de génie. Il a été réalisé par et surtout pour Paul Thomas Anderson, qui, pris dans un délire d’autosatisfaction, a voulu commettre une grande œuvre, et doit certainement se la regarder deux fois par jour pour se faire plaisir.

Finalement, The Master est un film prétentieux, verbeux, qui sonne creux, et d’un académisme ennuyant à mourir. On est ravi quand les lumières de la salle se rallument.

 

 
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Au-delà des collines, de Cristian Mungiu, 2012 4 janvier, 2013

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Au-delà des collines, de Cristian Mungiu, 2012 dans Films vraiment pas... obligatoires! au-dela-des-colines-225x300

Voici le nouveau film du plus cannois des réalisateurs roumains, Chritian Mungiu. Après le palmé 4 mois, 3 semaines et 2 jours, il revient avec un nouveau lo(oooooooo)ng-métrage, Au-delà des collines (prix du scénario et double prix d’interprétation féminine).

L’action se déroule dans un couvent perdu dans la campagne roumaine, sur un haut plateau où l’on n’a pas vu le soleil depuis trop longtemps. Alina débarque pour revoir Voichita, avec qui elle a grandi à l’orphelinat du village. Elle décide de la ramener avec elle en Allemagne, où des perspectives de travail les attendent. Mais Voichita refuse de s’éloigner du couvent et du chemin qui la mène à Dieu. Alina, décide donc de rester auprès d’elle et se retrouve peu à peu prise au piège de la communauté religieuse.

Si l’idée du film est intéressante, et la volonté de dénoncer les dérives extrémistes louable, le résultat est assez insupportable. Une fois que l’on a cessé d’admirer la qualité de l’image, on entame un vrai chemin de croix, à la manière d’Alina qui vit une descente aux enfers, séquestrée dans le couvent. Il ne faut surtout pas aller voir Au-delà des collines en espérant admirer un travail de dentelle comme dans le Ruban Blanc de Michael Haneke… Car si la première demi-heure du film est regardable, voire intéressante, le réalisateur fait ensuite passer son message en tapant sur la tête du spectateur avec une barre en fonte. Outre la noirceur de la mise en scène, il ne cesse de tirer pendant les deux heures suivantes un tas de grosses ficelles, dans lequel on finit par se prendre les pieds. La symbolique est peu subtile, voire lourde (le brancard auquel Alina est attachée est en forme de croix…entre autres). La métaphore de l’amour-démon que le pope et les nonnes essayent d’exorciser est tellement filée et refilée qu’un enfant de trois ans pourrait la déceler. Le principe de faire comprendre la souffrance du personnage en insérant des scènes de torture interminables pour s’identifier à sa douleur rend un résultat laborieux et outrancier. Dans son refus de tomber dans le caricatural ou le nihilisme, le metteur en scène finit par tout mélanger. Alina, personnage profane et lumineux, est réduite à son hystérie, et le pope-tyran-geôlier passe presque pour un bienfaiteur en affichant une sérénité étonnante.  Au lieu d’un appel à la tolérance, Au-delà des collines est si consternant qu’il est une incitation à l’agressivité.  Si bien que la seule et unique conclusion que l’on en tire devant la dernière scène exaspérante (un zoom interminable sur un pare-brise boueux), c’est qu’il n’y a rien à sauver, rien à espérer. Et rien à voir non plus : circulez.

 

 
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360, de Fernando Meirelles, 2012 31 juillet, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 22:00

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Fernando Meirelles est un brillant metteur en scène, avec au compteur The Constant Gardener, La Cité de Dieu et Blindness. Mais avec 360, il accuse une sérieuse dégringolade. Pourtant, le concept du film-chorale conduit souvent à de belles surprises. Mais il faut faire preuve d’une bonne dose d’originalité pour le réussir. Certains américains sont passés maîtres en la matière, comme Robert Altman (Short Cuts), ou  Paul Thomas Anderson (Magnolia), Chez les Français, Klapish (Paris) sait y faire.

Mais le nouveau long-métrage du réalisateur brésilien se perd dans un imbroglio d’histoires sans queue ni tête. Il exploite sans profondeur la théorie de la deuxième chance et des choix cruciaux qui donnent à la vie un tournant irréversible, à travers de nombreux personnages qui se croisent. Ces grandes questions philosophiques sont difficiles à traiter au cinéma, et de nombreux réalisateurs s’y sont cassés les dents avant lui (sauf récemment Jaco Van Dormael avec son Mr. Nobody). Dommage, car une pléiade de bons acteurs sont réunis pour aider Meirelles dans sa périlleuse exploration de l’âme humaine : Anthony Hopkins, Jude Law (qui rejoue Closer entre adultes consentants), et Rachel Weisz. Pourtant, ce sont les seconds rôles qui s’en sortent le mieux (notamment Ben Foster dans le rôle d’un délinquant sexuel au bord de la récidive et Moritz Bleibtreu en requin du Dow Jones manipulateur). Le film est un prêchi-prêcha philosophique fade et paresseux, une sorte de puzzle auquel il manque une pièce et laisse un arrière-goût d’inachevé.

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Mains armées, de Pierre Jolivet, 2012 24 juillet, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 14:09

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Le problème des films policiers français, c’est qu’ils sont soit très réussis soit très mauvais. Statistiquement, c’est environ une chance sur deux, là où les américains sont experts de l’exercice. Mains armées ne se situe malheureusement pas dans la première catégorie.

Le film évoque la rencontre de Lucas (Roschdy Zem), le père, commandant de police à Marseille, et Maya, la fille (Leila Bekhti), jeune flic aux stups à Paris. Une affaire de trafic d’armes de guerre appartenant à l’OTAN et tombées dans les mains d’un réseau yougoslave les conduit à reprendre contact.

Mains armées possédait pourtant des arguments intéressants. Mais il est paralysé par un sérieux problème de rythme. Il est long à commencer, long à se développer, et long à se terminer. Aborder une question aussi complexe que celle du trafic d’armes requière un scénario solide et permettrait des rebondissements en chaîne. La relation entre les personnages est chronophage et l’enquête s’égare dans ses ramifications. Il aurait été judicieux de trancher entre les deux. L’ensemble est assez convenu, surtout la fin, et le sujet complètement survolé. Le défaut majeur de ce long-métrage, c’est un sujet trop ambitieux mis en scène avec un sérieux manque d’ambition.

Côté casting, Roschdy Zem sauve la mise. Il incarne de façon inspirée un enquêteur fin, taiseux et taciturne. Leila Bekhti passe un peu à côté de son personnage. Emouvante  jeune recrue déjà fatiguée, elle est ternie par le parti pris de la réalisation. Marc Lavoine en chef des stups peu fréquentable est caricatural, usant et abusant d’un jargon qui n’apporte rien au film et ponctue une phrase sur deux (« Yougo » pour « yougoslave », « kil » pour « kilos de drogue », « filoche » pour filature)

Mains armées est un film prudent, éparpillé et qui manque d’atmosphère.

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Bel Ami, de Declan Donnellan et Nick Ormerod. 2012. 19 juillet, 2012

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Quelques mots sur le premier long métrage de ce jeune duo britannique.

Il s’agit d’une relecture (en diagonale) du roman de Maupassant relatant les péripéties de Georges Duroy, un jeune homme ambitieux qui se hisse du statut d’employé des Chemins de fer au sommet de la sphère politico-médiatiques parisiennes en nouant des relations passionnées avec les épouses de personnalités influentes.

Cette nouvelle adaptation de Bel Ami n’est pas des plus réussies. Elle réunit les défauts d’une première réalisation (mise en scène trop léchée, un peu laborieuse), sans bénéficier des avantages (fraîcheur, regard nouveau). La description du Paris du XIXème, qui hésite entre une plongée dans les bas-fonds glauques (maisons closes, piaules miteuses) des mauvais quartiers et le luxe outrancier des salons privés et des boudoirs n’a rien d’innovant. Quant aux performances des acteurs, elles sont inégales. Robert Pattinson, enfin débridé, instinctif, livre une interprétation un peu trop fiévreuse du personnage et donne l’impression d’être engoncé dans son costume, étouffé sous le poids de ce nouveau défi d’acteur. Il force son jeu et récite son texte de façon théâtrale. Le personnage glacial et désabusé de Cosmopolis lui allait mieux. Le trio féminin est assez déséquilibré. La performance majestueuse d’Uma Thurman, personnage libre et féministe d’avant-garde, éclipse un peu les autres. Christina Ricci est sans surprise, fraîche et grave à la fois, mais ni plus ni moins qu’à son habitude. Quant à Kristin Scott Thomas, son rôle est survolé. Anéantie par Georges Duroy, elle est trop souvent tournée en ridicule.

Le contexte politique et historique de l’intrigue est mis à l’écart et une place trop importante est accordée aux intrigues sentimentales entre les personnages.

En somme, cette adaptation de Bel Ami manque cruellement de Stephen Frears.

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Cosmopolis, de David Cronenberg. 3 juin, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 22:39

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De toute évidence, David Cronenberg était très enthousiaste à l’idée d’adapter le roman de Don DeLillo, Cosmopolis. Un peu trop peut être, au vu de la complexité de l’œuvre. Cela s’annonçait pourtant très bien, avec une bande-annonce vendeuse. On pouvait s’attendre à un film décadent et survolté, mais le résultat est tout juste décadent, et pas du tout survolté (surtout si l’on remet Cosmopolis en perspective avec Existenz ou Les promesses de l’ombre, très réussis).

Cosmopolis relate l’histoire d’un golden boy de la finance, Eric Packer, qui se met en tête de traverser tout Manhattan en limousine pour aller chez un coiffeur situé de l’autre côté de la ville. Il avance à 10 km/h dans New York assiégée par un énorme soulèvement citoyen, une sorte de rassemblement d’indignés puissance 1000 visant à faire tomber une bonne fois pour toute le capitalisme sauvage qui affame la planète. L’idée est intéressante, l’esthétique apocalyptique du film également, et le roman dont il est l’adaptation, une oeuvre solide.

Mais le producteur s’est trompé de réalisateur. C’est David Fincher qu’il aurait fallu mettre aux commandes. Cosmopolis s’égare dans des méandres métaphysiques passionnants en eux-mêmes, mais délicats à mettre en scène. Comme si le roman à la base était de fait inadaptable à l’écran. Par conséquent, on a un peu l’impression de lire la copie d’un élève qui serait un petit génie mais qui aurait fait un énorme hors-sujet. Le contenu déborde du contenant. David Cronenberg a essayé de faire tenir tous les paradoxes, les tensions et les clivages du système économique, politique et social mondial dans 8 mètres de limousine et 1h48 de film : réducteur. Pour l’aider pourtant, un soutien de poids : le fameux Robert Pattinson qui interprète son personnage avec travail et conviction.

Ultra-verbeux, les dialogues sont débités à toute vitesse sans laisser place au silence fondamental qui inspire la réflexion. L’absence presque permanente de musique donne l’impression de visionner les rush plutôt qu’un film achevé. Il aurait suffit de n’importe quoi, un son electro récurrent pour mettre un peu de piment. Le film, trop prudent, comble la vacuité d’une mise en scène ratée par des flots ininterrompus de logorrhée verbale.

David Cronenberg doit son salut à l’actualité brûlante et aux événements qui secouent notre monde. Pour le reste, son film trop-plein est en fait une coquille vide. Même Fight Club était plus réussi.

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The Iron Lady, de Phyllida Lloyd 19 mars, 2012

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The Iron Lady est un film dont l’incohérence est flagrante, entre un cheminement laborieux et la prestation d’une actrice extraordinaire. Meryl Streep, qui a obtenu pour ce rôle l’oscar du meilleur premier rôle féminin, est bien sûr formidable, comme à son habitude. 

The Iron Lady est un biopic sur Margaret Thatcher. Il n’émet aucune critique concernant les politiques qu’elle a conduites en tant que premier ministre de Grande Bretagne entre 1979 et 1990. La trame du scénario repose sur une Margaret Thatcher contemporaine qui perd la mémoire et erre à la recherche de son défunt mari dans sa résidence londonienne le jour des attentats de Londres. A partir de là, une construction classique se déroule, et l’on assiste chronologiquement par flashbacks à la montée de M. Thatcher au pouvoir.

Le résultat est un prêchi prêcha sur la vie d’une première ministre que le réalisateur s’échine à faire passer pour une victime (du sexisme ambiant, des syndicalistes, de sa famille qui demande un peu de temps…). La prise de position politique favorable n’est pas particulièrement pertinente. Les scènes relatives aux Malouines, une guerre cynique qu’aberrante, constitue la preuve que le film est raté.

The Iron Lady évite soigneusement d’évoquer les dizaines de milliers de mineurs qui ont perdu leur emploi entre 1984 et 1986 ou les grévistes de  la faim irlandais qui ont perdu la vie à cause de l’intransigeance absolue de M. Thatcher. Revoir Hunger ou encore Billy Elliot peut faire du bien après coup.

 

 
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Time Out, d’Andrew Niccols. 2 décembre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 12:53

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Andrew Niccols est capable de faire des étincelles. Il est notamment le metteur en scène de l’incroyable Lord of War, et côté science-fiction, de Bienvenue à Gattaca,. Malheureusement, son nouveau film n’a presque aucun intérêt.

On ne peut pas fonder tout un projet sur le fait que Justin Timberlake est vendeur et Amanda Seyfried est glamour. Le sujet du film est pourtant intelligent : Andrew Niccols invente une société où le temps est réellement de l’argent, ou plutôt l’inverse. A partir de 25 ans, les êtres humains cessent de vieillir, et doivent travailler pour gagner leur vie, au sens propre. C’est-à-dire que les minutes leurs sont comptées, les plus modestes ne disposant que de quelques heures pour vivre et les plus riches de centaines, voire de milliers d’années. Le concept peut constituer la base d’un film intéressant, mais ne fonctionne pas. Il donne seulement lieu à quelques dialogues bien écrits et à des néologismes étonnants: « He timed out » remplace « He died ». Ou encore, faisant référence à la montre digitale intégrée à leur poignet: “Just once I’d like to wake up with more time on my hand than hours in the day.

 

 

 

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Le personnage de Timberlake, grâce à une rencontre chanceuse, gagne un siècle et décide de déclencher une sorte de révolution, tel Robin des Bois, en prenant en otage la fille d’un très grand spéculateur de temps. Malheureusement aucune tournure politique ne vient donner un intérêt au film. On s’égare entre des scènes d’action neurasthéniques et des scènes de confrontation mollassonnes. Aucune alchimie ne prend entre Timberlake et Seyfried, car le scénario ne leur en laisse pas le temps. Même Cillian Murphy, qui interprète le chef de la police du temps (« time keeper ») ne parvient pas à redresser les vertèbres de ce projet qui s’avachit.

Ce film aurait pu être un thriller électrique haute tension, et dynamiter le genre. Mais au final, c’est un vrai pétard mouillé : complètement froid.

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Contagion, de Steven Soderbergh. 20 novembre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 18:08

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On ignore par où commencer tellement ce film est bourré d’erreurs. D’ailleurs on ignore où le commencement se situe, et tout le film tourne autour de cela. Le film s’ouvre sur le « Day 2″, se poursuit chronologiquement et se termine sur Day 1. Day 2 s’organise autour du personnage de Gwyneth Paltrow, à Hong Kong. Elle est suspectée d’être le Patient Zero, c’est-à-dire la première personne humaine à contracter le virus mortel à l’origine de la pandémie qui va suivre et menacer l’humanité entière. Sauf si un vaccin est trouvé et commercialisé. La trame (très réduite) du scénario se résume à ceci : une équipe de médecins américains cherchent à remonter jusqu’à la source pour comprendre d’où vient le virus et pouvoir l’éradiquer. L’action suit une multitude de personnages qui attrapent ou non l’infection à différents endroits dans le monde.

Car le sujet est infiniment complexe et Steven Soderbergh n’avait manifestement pas les épaules pour le traiter. Et c’est en essayant de tout englober qu’il finit par brasser du vent : l’évolution de la pandémie, sa source, la course au vaccin, les batailles des grands groupes pharmaceutiques, les laboratoires, le traitement des médias, l’action des pouvoirs publics, l’altermondialiste indigné qui crie à la conspiration, les mouvements de foule en panique, les pillards, l’extinction progressive de la race humaine, le retour à la barbarie, une chercheuse de l’OMS prise d’otage dans un village chinois, un citoyen immunisé qui protège sa fille… Le scénario part dans tous les sens, comme un feu d’artifice, mais qui ne ferait aucun bruit et qu’on tirerait en plein jour : aucun effet. Faire « tout », ça ne donne « rien ».

Il aurait peut-être fallu traiter le sujet sous un angle politique , ou sous un angle émotionnel (où on s’attacherait à un groupe d’individus). Mais le réalisateur ne s’engage pas et les personnages sont trop nombreux pour que l’on s’attache à eux. Les acteurs, tous connus et intéressants, sont exploités comme des produits à usage unique sur la base de leur notoriété. Pas un seul n’a un rôle à la hauteur de son talent. Un peu comme si un richissime producteur avait capricieusement choisi des acteurs selon ses propre goûts par vidéoconférence depuis son bureau en teck massif à Abu Dhabi.

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Le plus étonnant, ce sont les temps morts dans une histoire où tout va très vite. Un plan inutile sur Gwyneth Paltrow qui se fait ouvrir le crâne par les légistes, Marion Cotillard qui évolue de bureau en bureau, penchée sur des écrans d’ordinateurs, et qui parle, mais avec une coupure son et de la musique, ou encore Laurence Fishburne qui lâche un jargon médical incompréhensible…

Ce que l’on peut retenir, c’est la musique, une sorte de montée en puissance progressive d’un son électro-lancinant assez angoissant. Mais aussi les plans esthétiques rappelant « l’apocalypse vue par Yann Arthus Bertrand » d’une ville fantôme, d’une rue déserte jonchée de  déchets, d’un aéroport vide, d’une autoroute silencieuse. Deux personnages sortent du lot : Kate Winslet, médecin envoyée en mission-suicide sur le terrain, et qui a l’occasion de montrer de quoi elle est capable devant une caméra. Et Jennifer Ehle, qui dirige l’équipe de chercheurs qui mettent au point le vaccin, et qui, pris en étau devant le manque de temps, décide de le tester sur elle-même.

Mais pour le reste, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. L’angoisse malsaine qui résulte du sujet ne provient pas de l’écran que l’on regarde, mais de ce qui nous entoure, extérieur au film. De cette personne qui tousse dans la salle de cinéma, de la poignée de porte qu’on tient en sortant. Contagion ressemble plutôt à l’œuvre d’un réalisateur que la FEMA ou le Ministère de l’intérieur aurait mandaté pour faire une campagne de prévention.  On repense avec nostalgie à l’excellent Alerte de Wolfang Petersen, 28 jours plus tard de Danny Boyle, ou le plus récent mais non moins excellent Blindness de Fernando Mereilles. 

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Forces Spéciales, de Stéphane Rybojad. 6 novembre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 20:25

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Forces spéciales évoque une opération menée par une unité des forces spéciales françaises pour retrouver une reporter effectuant un reportage sur la défense des droits des femmes en terre talibane au Pakistan. L’opération est une réussite, mais les soldats perdent la liaison radio et ratent le point de rendez-vous avec le soutien aérien. Ils se retrouvent pris au piège en haute montagne, avec à leurs trousses des Talibans en surnombre.

 

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S’en suit 1h50 de fusillades, quelques dialogues pas très cérébraux,  une forte dose de sentimentalisme et aucune analyse de la situation politique du pays. Le tout est filmé à renfort de longs ralentis, des beaux paysages sur fond de musique hard-rock/metal. A voir donc, seulement pour les fans de Call Of Duty, ou de Diane Kruger… Les campagne de recrutement pour l’Armée de terre « Devenez vous-même! » sont mieux réalisées.

 

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