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Superstar, de Xavier Giannoli, 2012 5 septembre, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 14:53

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Les avis sont partagés sur le nouveau film de Xavier Giannoli. Adapté du roman de Serge Joncour, L’Idole, il narre l’histoire de Martin Kazinski, un monsieur-tout-le-monde qui devient brutalement célèbre sans savoir pourquoi. L’idée est Kafkaïenne, mais la mise en scène américanisante altère quelque peu la force du sujet.

L’intérêt du film est de nous faire oublier la question fondamentale qui taraude tout le monde et surtout le principal intéressé : « pourquoi ? ». Au lieu d’essayer à tout prix d’y répondre, Giannoli se lance dans une analyse du système médiatique, de ses rouages et de son absurdité. Martin se retrouve complètement piégé sans même avoir mis un seul doigt dans les engrenages de cette mécanique folle qui s’emballe pour rien. Le cercle vicieux du « buzz qui attire les médias qui attirent le buzz » est impossible à rompre. Il est assez intéressant d’observer l’envers du décor, où sont tirées les ficelles du pouvoir dans cette dictature du spectaculaire. On évolue dans les coulisses, les régies, les bureaux, où bruissent murmures, rumeurs, complots et manigances,  qui se propagent à toute vitesse comme un virus informatique. Ils alimentent le flot continu d’images, qui remplit tout l’espace, comble tout les silences, et creuse pourtant une faille abyssale : celle de l’information, aspirée comme dans un trou noir.

Pour incarner le fameux Martin qui ?, Kad Merad colle bien au personnage, mais sa palette de jeu se résume au tandem panique /incompréhension.  Cécile de France est très bien, comme d’habitude, même si son rôle de journaliste aux convictions piétinées par la course à l’audience n’a rien d’innovant. Inspirée et bouleversante, elle est mise en valeur par la caméra d’un metteur en scène un peu (trop) amoureux d’elle. Les vrais héros du film sont Louis-Do De Lencquesaing, que j’aime de plus en plus à chaque film. Cynique, mesquin, lucide et désabusé, il incarne à la perfection le producteur télé qui manipule tout le système aussi facilement qu’il fait ses lacets. Ben, alias le présentateur, est excellent aussi. Il nous avait bien dissimulé ses talents d’acteurs en se cachant dans les studios de France Inter. Il interprète avec une facilité déconcertante le présentateur télé narcissique, mégalo, puéril et capricieux.

  En somme, Superstar est un film très « divertissant », (et je pèse mes mots, puisque le divertissement est la clé du problème). Giannoli réalise une critique aiguë des médias et de la célébrité, à travers une construction en pyramide d’un film qui suit pas à pas la fameuse règle médiatique « on lèche, on lâche et on lynche ». Le bémol, c’est qu’il enfonce des portes ouvertes : bien sûr la célébrité n’est que vacuité et superficialité. Tout le monde le sait déjà, et on en perd la dimension Kafkaïenne. Je suis curieuse de savoir ce qu’Orson Welles en aurait fait…

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Kad Merad

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Ben

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Louis-Do de Lencquesaing

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Cécile de France

 

 

360, de Fernando Meirelles, 2012 31 juillet, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 22:00

360, de Fernando Meirelles, 2012 dans Films vraiment pas... obligatoires! 20151529.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx-221x300

Fernando Meirelles était jusque là un de mes metteurs en scène préférés, avec au compteur The Constant Gardener, La Cité de Dieu et Blindness. Mais avec 360, il accuse une sérieuse dégringolade dans mon classement (ce qui ne va pas l’empêcher de dormir, certes!). Pourtant, j’adore le concept du film-chorale. Le souci étant qu’il faut faire preuve d’une bonne dose d’originalité pour le réussir. Certains américains sont passés maîtres en la matière, comme Robert Altman (Short Cuts), ou  Paul Thomas Anderson (Magnolia). Les français ne se débrouillent pas mal non plus, surtout Klapish (Paris).

Mais le nouveau long-métrage du réalisateur brésilien se perd dans un imbroglio d’histoires sans queue ni tête. Il exploite sans profondeur la théorie de la deuxième chance et des choix cruciaux qui donnent à la vie un tournant irréversible, à travers de nombreux personnages qui se croisent. Ces grandes questions philosophiques sont très difficiles à traiter au cinéma, et de nombreux réalisateurs s’y sont cassés les dents avant lui (sauf récemment Jaco Van Dormael avec son Mr. Nobody). Dommage, car une pléiade de bons acteurs sont réunis pour aider Meirelles dans sa périlleuse exploration de l’âme humaine : Anthony Hopkins, Jude Law (qui nous rejoue Closer entre adultes consentants), et la délicieuse Rachel Weisz. Pourtant, ce sont les seconds rôles qui s’en sortent le mieux (notamment Ben Foster dans le rôle d’un délinquant sexuel au bord de la récidive et Moritz Bleibtreu en requin du Dow Jones manipulateur). Le film est un prêchi-prêcha philosophique somme toute assez fade et paresseux. C’est une sorte de puzzle auquel il manque une pièce qui nous laisse un arrière-goût amer d’inachevé.

360 aurait pu ressembler à une belle toile d’un peintre impressionniste, mais il tient plutôt de la peinture au numéro.

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Batman The Dark Knight Rises, de Cristopher Nolan, 2012 30 juillet, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 12:47

Batman The Dark Knight Rises, de Cristopher Nolan, 2012 dans Recemment vus en salle 201147484.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120522_0910384

Voici donc le tentpole de l’été. Les tentpoles, ce sont cette nouvelle génération de blockbusters survitaminés sur lesquels les distributeurs misent leur chiffre de l’année. Nouvelle stratégie commerciale donc, car s’ils préféraient parier sur trois ou quatre films gros budget par an, désormais les businessmen hollywoodiens mettent le paquet sur un seul film, ou deux maximum. Ca passe ou ça casse. Cet été, le combat a lieu entre  The amazing Spiderman, le challenger de Sony Pictures, et The Dark Knight Rises, le rouleau compresseur de Warner.

Deux films assez différents, en somme puisque Christopher Nolan a décidé de revenir à un cinéma d’action plus traditionnel, en tournant en 35 et 70mm, quand la pellicule est censée disparaître du filon hollywoodien à l’orée 2013. Le résultat prouve qu’il a fait le bon choix. Pour une fois, on a l’impression de regarder un vrai film et non une compilation de cinématiques de jeux vidéo.

Je ne suis pas fan de Batman de manière générale, mais les deux films de Christopher Nolan ont une empreinte très singulière. Certes, il faut prendre quelques précautions avant d’aller voir Batman TDKR. S’armer de patience, d’abord, car l’action est longue à mettre en place. Il est aussi utile de faire un petit débriefing sur les épisodes précédents pour ne pas être complètement largué côté scénario. Enfin, rabaisser son degré d’exigence au niveau 0 pour fermer les yeux devant les incohérences et la grandiloquence du film. Après tout, Hollywood reste une machine à vendre du rêve, et il est parfaitement stupide d’essayer de calculer le degré de plausibilité du truc (exemple « mais comment Batman qui pèse deux tonnes avec son armure passe pas à travers la glace alors que tous les autres oui », ou « nan mais genre Batman il a transplané direct de la prison du bout du monde à Gotham ?? »).

Malgré tout, au bout de trois quarts d’heure, le film prend un tel coup d’accélérateur qu’on a l’impression d’être vissé dans son siège comme au décollage d’un avion.Visuellement, tout d’abord, l’univers de Nolan est juste bluffant. Noir, crépusculaire et glacial, tout y est côté ambiance. Les scènes de combat rapproché sont empreintes d’une certaine lourdeur (Christian Bale a l’air un peu engoncé dans son costume, normal), mais contrastent avec des scènes de course-poursuite spectaculaires et aériennes. La Batpod (moto de Batman), c’est la grande réussite au niveau des effets spéciaux, au point qu’elle arrive à faire passer les BMW 1200 GS des hommes de Bane pour des mobylettes.

Bref, on en prend plein les yeux, et l’OST lyrique d’Hans Zimmer est comme toujours très réussie. J’aime particulièrement le côté apocalyptique du film, qui fait de Gotham un mélange entre un no man’s land et un territoire dévasté par un cataclysme où s’installe une sorte de régime anarchico-totalitaire ultra répressif.

En somme, Batman TDKR n’est pas aussi intéressant que l’opus précédent, mais c’est un film maîtrisé pas du tout honteux.

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Mains armées, de Pierre Jolivet, 2012 24 juillet, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 14:09

Mains armées, de Pierre Jolivet, 2012 dans Films vraiment pas... obligatoires! 20097158.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120503_031919-225x300

Le problème quand on va voir un polar à la française, c’est qu’on peut tomber sur du très bon et du très mauvais. Statistiquement, c’est environ une chance sur deux, là où les américains font plutôt du 8 chances sur 10. Mains armées ne se situe malheureusement pas dans la première catégorie.

Le film raconte la rencontre de Lucas (Roschdy Zem), le père, commandant de police à Marseille, et la fille, Maya (Leila Bekhti), jeune flic aux stups à Paris. Une affaire de trafic d’armes de guerre appartenant à l’OTAN et tombées dans les mains d’un réseau yougoslave les conduit à reprendre contact.

Mains armées avait pourtant des arguments intéressants. Mais on dénote un sérieux problème de rythme. Il est long à commencer, long à se développer, et long à finir. Avec une question aussi complexe que celle du trafic d’armes, on attend un scénario solide et des rebondissements en chaîne. Mais non. La relation entre les personnages est chronophage et l’enquête se perd dans ses ramifications. Il aurait fallu faire un choix entre les deux. L’ensemble est assez  convenu, surtout la fin. Le sujet est complètement survolé. Le défaut majeur de ce long-métrage, c’est un sujet trop ambitieux mis en scène avec un sérieux manque d’ambition.

Côté casting, Roschdy Zem sauve la mise. Il incarne de façon inspirée un flic fin, taiseux et taciturne. Leila Bekhti passe un peu à côté de son personnage. Elle est émouvante dans son côté jeune recrue déjà fatiguée mais le parti pris de la réalisation la ternit complètement. Marc Lavoine en chef des stups pourri est caricatural et lourdingue.

C’est un film de flics pour les flics, comme si on était censé comprendre direct tout leur jargon et leurs abréviations qui ne servent à rien et qui ponctuent une phrase sur deux (« Yougo » pour « yougoslave », « kil » pour « kilos de drogue », « filoche » pour filature)

Bref, Mains armées est un film prudent, éparpillé et qui manque d’atmosphère.

A force de suivre le crédo du film de flics réaliste, on finit par faire des films de flics chiants.

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Holy Motors, de Leos Carax, 2012. 19 juillet, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 15:19

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Drôle de coïncidence, en deux mois sont sortis deux films (en compétition à Cannes tous les deux également) dont l’action se déroule principalement dans une limousine.

Mais la ressemblance s’arrête presque là. Avec Holy Motors, Leos Carax réussit ce que David Cronenberg, avec Cosmopolis, a raté. Car quand le second essaie de donner toutes les réponses, le premier essaie plutôt de poser toutes les questions.On devine dans les deux longs métrages les raisons de cet intérêt soudain pour ces kilomètres de carrosserie rutilante et de sièges en cuir. Condensés de luxe, de pouvoir et de haute technologie, elles sont le symbole du paroxysme de la finance-reine et le catalyseur de la colère des indignés.

Roulant au pas pour transporter des hommes pressés, vitrines de rêve aux vitres fumées, à la fois prisons roulantes et bunkers dorés, les limousines renferment tous les paradoxes. Ce sont des palaces ambulants véhiculant des hommes statiques, bloqués au sommet de leur empire, qui ne peuvent pas monter plus haut. Elles avancent sans direction, comme si elles tournaient en rond, avant de retourner à la case départ (le garage). Elles sont le moteur bien huilé d’un éternel recommencement.  Dans les deux cas, les films se déroulent sur le laps de temps où la mécanique se dérègle, avant de reprendre son court. Au moment où le système se grippe. Comme dans La Structure des révolutions de T.Kuhn, les deux metteurs en scène essaient de dévoiler les mécanismes de la crise, et s’intéressent au moment de basculement, à la phase extraordinaire, et non pas à la phase « normale ».

Dans Cosmopolis, Eric Packer/Robert Pattinson est la clé de voûte du système, à la fois l’ultime tyran, et le premier condamné. Il s’isole de la fureur de la plèbe dans l’habitacle capitonné de sa limousine qu’il transforme en lieu de vie, de débauche et de perdition. Dans Holy Motors, Alex Oscar/Denis Levant est plutôt la courroie de transmission du système. Le film divisé en 9 volets (en plus de l’introduction, de l’entracte et de la fin), est construit autour de 9 rendez –vous qui s’étalent sur une journée. A chacun d’entre eux, Monsieur Oscar se déguise en un nouveau personnage. La limousine se transforme en une loge de théâtre où s’entassent masques, perruques et déguisements. La mise en abîme du cinéma commence là. Les portraits s’enchaînent et il faut renoncer à faire une exégèse empirique du scénario. Mon interprétation personnelle m’a conduit à penser que, schématiquement, chaque personnage incarne un mal qui ronge la société et gangrène les rapports humains (dans l’ordre, entre autres : la haute-finance, la misère, le cyberspace, l’idéal de beauté, l’amour illusoire, l’hypocrisie…).

C’est une analyse sociologique très complexe des sociétés occidentales actuelles que Leos Carax conduit, et il parvient même à y insérer une réflexion autodiégétique sur le cinéma. Le moment clé réside dans la scène des retrouvailles avec le personnage de Kylie Minogue. On croirait qu’à cet instant, les personnages tombent leur masque et vivent enfin la réalité, en se remémorant une histoire d’amour passée. Mais la scène, superbement filmée dans l’immeuble désaffecté de la Samaritaine, glisse doucement sur la pente de la fiction au fur et à mesure que les personnages montent vers le toit. Leur réalité devient plus fausse que la fiction. Ce dialogue magnifique est l’ultime et vaine tentative de retrouver l’authenticité perdue.

A la fois lugubre et drôle, horrible et beau, étrange et fascinant, absurde et logique, Holy Motors est un brainstorming cinématographique déroutant poussé à l’extrême.

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Bel Ami, de Declan Donnellan et Nick Ormerod. 2012.

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 10:28

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Quelques mots sur le premier long métrage de ce jeune duo britannique.

Le film est une relecture (en diagonale, dirais-je) du roman de Maupassant. Il raconte les péripéties de Georges Duroy, un jeune homme ambitieux qui se hisse du statut d’employé des Chemins de fer au sommet des plus hautes sphères politico-médiatiques parisiennes. Pour ce faire, il noue des relations passionnées avec les femmes des personnages les plus influents du milieu.

Cette nouvelle adaptation de Bel Ami n’est pas des plus réussies. Elle possède les inconvénients d’une première réalisation (mise en scène trop léchée, un peu laborieuse), sans en avoir les avantages (fraîcheur, regard nouveau). La description de Paris version XIXème, qui balance entre l’ambiance des bas-fonds glauques et moites (maisons closes, piaules miteuses) et le luxe outrancier des salons privés et des boudoirs n’a rien d’innovant. Les performances des acteurs sont inégales. Tout le monde se réjouit de voir Robert Pattinson enfin débridé, instinctif, presque bestial. Mais son interprétation fiévreuse du personnage lui donne l’air d’être engoncé dans son costume et d’étouffer sous le poids de ce nouveau défi d’acteur. Il force un peu trop son jeu et récite son texte de façon théâtrale. Le personnage glacial et désabusé de Cosmopolis lui collait mieux  à la peau. Le trio féminin est assez déséquilibré. La performance majestueuse d’Uma Thurman, personnage libre et féministe d’avant-garde, éclipse un peu les autres. Christina Ricci est sans surprise, fraîche et grave à la fois, mais ni plus ni moins qu’à son habitude. Quant à Kristin Scott Thomas, son rôle n’est pas assez approfondi. Détruite par Georges Duroy, elle est tournée en ridicule alors qu’elle aurait pu donner une dimension quasi Bovarienne au personnage.

L’aspect politique de l’histoire est mis à l’écart et une place trop importante est accordée aux intrigues sentimentales entre les personnages.

En somme, cette adaptation de Bel Ami manque cruellement de… Stephen Frears.

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La part des Anges, de Ken Loach 23 juin, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 21:30

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Le nouveau film de Ken Loach, commence un peu comme son précédent, Sweet Sixteen. Dans les quartiers défavorisés de Glasgow, Robbie, jeune père de famille au chômage, tente de sortir la tête de l’eau. Tout juste sorti de derrière les barreaux, il évite de peu une lourde peine de prison, et doit effectuer des heures de travaux d’intérêts généraux. Il rencontre ainsi Albert, Mo et Rhino, ainsi que Henri, l’éducateur qui les prend en charge. Ce dernier, grand connaisseur de whisky, les initie durant son temps libre à la dégustation. Une nouvelle passion qui va changer leurs destins, lorsque le quatuor se met en quête du Saint Graal du whisky, le dernier fut de Malt Mill, dont les enchères peuvent atteindre le million de livres.

Alors c’est clair, le nouveau long-métrage de Ken Loach est un petit bijou. Remarquablement bien écrit, le scénario jongle entre émotion et humour avec une habileté sans faille. Tout en affichant un ton beaucoup plus léger (et ça fait pas de mal), le film ne manque pourtant pas de créer un attachement fort avec les personnages. Comme d’habitude, on a l’impression que Loach recrute ses acteurs  dans les salles d’attentes des caisses d’allocations, et ils sont tous excellents. Pour le cadre, le mix inusable petite-ville-provinciale-délavée/briques-rouges/météo-pourrie/accent-scotish fonctionne toujours très bien. Le concept de la fresque réaliste-sociale tient la route plus que jamais. Le coup de force de Ken Loach, c’est d’arriver à me faire accrocher à mort à un film qui n’a à la base aucun argument intéressant : pléiade d’inconnus au casting, un sujet qui ne m’intéresse pas du tout (le whisky), un cadre anti-exotique au possible  et un résultat tout sauf glamour. Arriver à créer un suspense insoutenable dans une scène où un acteur est enfermé dans une remise, seul devant un fut de pur malt avec une frontale sur la tête, c’est quand même fortiche ! Au final, ça vibre, c’est fort, entrainant, rythmé, bien tricoté… bref, ça confirme la thèse du « il en faut pas beaucoup pour faire du bon cinéma ».

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Cosmopolis, de David Cronenberg. 3 juin, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 22:39

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De toute évidence, David Cronenberg était très enthousiaste à l’idée d’adapter le roman de Don DeLillo, Cosmopolis. Un peu trop peut être, au vu de la complexité de l’œuvre. Ca s’annonçait pourtant très bien, avec cette bande-annonce terrible, très vendeuse. Je m’attendais à un film complètement décadent et survolté, mais c’est tout juste décadent, et pas du tout survolté. J’étais d’autant plus déçue que j’avais trouvé Existenz et Les promesses de l’ombre très réussis.

Cosmopolis, c’est l’histoire d’un golden boy de la finance, Eric Packer, qui se met en tête de traverser tout Manhattan en limousine pour aller se faire couper les cheveux de l’autre côté de la ville. Il avance à 10 km/h dans New York assiégée par un énorme soulèvement populaire, une sorte de rassemblement d’indignés puissance 1000 visant à faire tomber une bonne fois pour toute le capitalisme qui affame la planète. L’idée est vraiment géniale, l’esthétique apocalyptique du film aussi, et on sent que le roman derrière est solide et intéressant.

Mais.

Le problème c’est que le producteur s’est trompé de réalisateur. C’est David Fincher qu’il aurait fallu mettre aux commandes. Cosmopolis s’égare complètement dans des méandres métaphysiques qui sont passionnants en eux-mêmes, mais complètement inappropriés à la mise-en-scène. Un peu comme si le roman à la base était de fait inadaptable à l’écran. Par conséquent, on a un peu l’impression de lire la copie d’un élève qui serait un petit génie mais qui aurait fait un énorme hors-sujet. Le contenu déborde complètement du contenant. C’est simple, Cronenberg a essayé de faire tenir tous les paradoxes, les tensions et les clivages du système économique, politique et social mondial dans 8 mètres de limousine et 1h48 de film. Réducteur. Pour l’aider, pourtant, une arme de poids : le fameux Robert Pattinson. Pour ma part, je le découvre complètement, je n’ai jamais mis un seul orteil sur la planète Twilight, et je le trouve excellent.

Ultra-verbeux, les dialogues sont débités à toute vitesse sans laisser place au silence fondamental qui inspire la réflexion. Ultra taiseux, c’est quasiment sans musique que le film se déroule, ce qui donne l’impression de se trouver devant les rush plutôt que devant un film terminé. Dommage, il aurait suffit de n’importe quoi, un son electro récurrent ou même d’un mauvais morceau de rock teenage sauce Linkin Park ou 30 seconds to mars pour mettre un peu de piment. Le film comble la vacuité d’une mise en scène ratée par des flots ininterrompus de logorrhée verbale. C’est pachydermique, trop prudent et décevant comme un bijou en plaqué or.

En gros, Cronenberg doit son salut à l’actualité brulante et aux évènements qui secouent notre monde. Mais pour le reste, son film trop-plein est en fait une coquille vide. Revoir d’urgence Fight Club après coup. Next.

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W.E, de Madonna. 31 mai, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 11:45

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Le titre sonne bizarrement, c’est vrai, et j’ai un peu bredouillé en achetant mon billet à l’UGC  l’autre soir, vu que je me demandais s’il fallait dire « we » à l’anglaise, comme le pronom personnel, ou bien détacher le « w » et le «e » (pas top), ou bien la faire version véritable signification du titre, « Wallis and Edouard ». Et finalement, après avoir vu le film, j’ai pensé que le titre était bien trouvé. Wallis et Edouard, un couple déchiré, souvent séparé, mais uni jusqu’au bout.

Le deuxième long métrage de Madonna est foncièrement différent du premier, Filth and Wisdom, sorti dans les salles en 2008. W.E raconte donc l’histoire d’amour qui a scandalisé l’Angleterre, et le reste du monde, avant la seconde guerre mondiale, entre Wallis Simpson, la roturière américaine doublement divorcée, et son altesse Edouard d’Angleterre, qui renonça au trône par amour pour elle. Le film est construit sur le croisement de deux histoires, deux personnages et deux époques : l’histoire de Wallis, donc, et celle de Wally, une grande bourgeoise mal mariée dans le New York contemporain. Le fil conducteur, c’est une exposition des effets personnels de Wallis Simpson, dans laquelle Wally erre jour après jour, chassant son ennui et sa tristesse, en s’identifiant à Wallis.

Le résultat est distrayant, mais reste un objet flou et pas très emballant. La mise en scène cependant, est particulièrement léchée, avec de nombreux effets (flou, décadrages, gros plans). Mais par moment, le film à force de pousser le raffinement un peu trop loin, ressemble davantage à une pub pour Chanel qu’à un long métrage. Le résultat est un peu plat, surtout sur la fin, et l’écriture paresseuse et ronronnante. Malgré tout, on peut sentir toute la passion de la Madonne pour cette histoire. Le problème, c’est qu’elle en a fait un objet trop personnel, modelé par elle et pour elle, une sorte de biographie en creux de ses angoisses existentielles de superstar à la fois adulée par des millions de gens et véritablement aimée par personne. Le personnage joué par Abby Cornish, qui titube sous le poids de la solitude dans cet immense appartement de l’Upper East Side, on sent que c’est un peu trop elle. Il en reste quelques scènes intéressantes, notamment celles qui permettent la rencontre de ses deux actrices, des moments qui oscillent entre grâce, sensualité et cruauté.

En somme, peu surprenant, mais relativement touchant, à condition d’aimer ou de connaître les personnages au préalable (Wallis Simpson, ou Madonna).

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Sur la Route, de Walter Salles. 28 mai, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 21:57

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Le passage assez inaperçu de Sur la route en compétition officielle au Festival de Cannes semble déjà ternir le succès de l’adaptation attendue (au tournant, surtout) du monument littéraire de Kerouac. Il serait pourtant assez injuste de se contenter de jeter aux oubliettes ce film qui fait un peu injustement partie des grands oubliés de la croisette.

Il est vrai que le projet était ambitieux, et tout le monde se marrait déjà de l’enthousiasme avec lequel Walter Salles projetait de se tirer une balle dans le pied. Une adaptation ciné d’une œuvre telle que Sur la Route est un défi franchement périlleux. En ce qui me concerne, je suis une inconditionnelle du cinéma du réalisateur brésilien, qui est à l’origine d’une de mes plus grande émotions au cinéma, Carnets de Voyage. Egalement producteur, Salles a permis à Frida, ou encore La Cité de Dieu, deux excellents films, de voir le jour. C’est donc sans appréhension que je suis allée voir son petit dernier. Sur la Route est, comme son nom l’indique, une sorte de road movie, le voyage d’un groupe de protagonistes de la contre culture dans les années 1950. On suit Dean Moriarty et Sal Paradise errant sans le sous à travers les Etats-Unis dans une sorte de voyage initiatique fiévreux et effréné. Au hasard des rencontres, en mode beatnik, les personnages à fleur de peau repoussent continuellement les limites, aidés par leurs addictions diverses (à la drogue, au sexe et à Marcel Proust principalement). L’ambiance créée par Walter Salles, c’est la grande réussite. On voyage des clubs de jazz de la vibrante New York au soleil écrasant des plantations de cotons, des routes en ligne droite à perte de vue qui scindent en deux le grand ouest américain à la moiteur étouffante de la Louisiane.

L’idée ultime de l’histoire, très bien illustrée par le film, c’est l’importance de prendre la route, sans essayer savoir à tout prix où elle mène. Tout y est. La photo du film est magnifique, vintage et solaire. Le casting est convainquant (notamment Kristen Stewart) et les acteurs donnent vraiment l’impression d’avoir parcouru des milliers de kilomètres ensemble à bord de la Hudson. Je déplore quand même quelques longueurs, et surtout un petit manque de folie dans l’écriture, comme une impression d’avoir raté une marche, un peu à la manière de quelqu’un qui monte sur une dune de sable. On va haut, mais on redescend un peu à chaque pas. Contrairement à Carnets de voyage, qui n’offrait pas une seconde de relâchement, Sur la route s’effrite un peu sur les bords. Malgré tout, moi je dis : pari tenu.

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