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De Rouille et d’Os, de Jacques Audiard. 20 mai, 2012

Classé dans : Films coups de coeur,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 15:32

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De rouille et d’os évoque la rencontre entre deux écorchés. Ali, père de famille à la rue, tente de survivre avec son fils à sa charge, et débarque sur la Côte d’Azur. Il est embauché comme videur dans une boîte où il rencontre Stéphanie, dresseuse d’orques dans un parc aquatique. Lors d’une représentation, un accident survient, elle tombe à l’eau et se réveille plus tard à l’hôpital amputée des deux jambes. Tous deux lient une relation diptyque, entre reconstruction et autodestruction. Ali, pour gagner de l’argent, se bat à main nue lors de combats clandestins, et Stéphanie se débat pour faire avancer sa rééducation.

Audiard, parvient à transformer un film potentiellement atroce et laborieux en une œuvre d’une magnifique fluidité. Le miracle tient à la mise en scène, qui atteint par moments des sommets de grâce (la scène de l’accident, les scènes de combat…). La caméra d’Audiard est un prisme qui transforme l’obscurité en lumière.

Matthias Schoenaerts est une grande révélation : il interprète son personnage avec animalité et sensibilité. Marion Cotillard a bien fait de revenir en France après quelques errements hollywoodiens, elle est époustouflante. L’ensemble est bien servi par des seconds rôles inspirés et une BO aérienne, grave et incantatoire (Wash de Bon Iver, State Trooper, extrait du sublime album de Springsteen, Nebraska, ainsi que Firewater par Django Django pour le générique final).

De Rouille et d’Os, c’est du cinéma brut, sauvage, brûlant, organique et gracieux, du cinéma puissant.

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My week with Marilyn, de Simon Curtis. 1 mai, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 12:00

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Voici le nouveau biopic sur Marilyn Monroe qui a valu à sa star Michelle Williams sa nomination pour l’oscar de la meilleure actrice.

Réalisé par le britannique Simon Curtis, tout droit issu de l’équipe gagnante du Discours d’un Roi, My week with Marilyn se fonde sur une histoire vraie, celle de Colin Clark, un jeune assistant réalisateur fraîchement débarqué à Londres, embauché par Sir Laurence Olivier (Kenneth Branagh) sur le tournage de son nouveau film, Le Prince et la Danseuse, avec Marilyn Monroe. Colin tombe très amoureux de l’actrice, et dresse le récit de leur idylle qui dura une semaine.

My week with Marilyn  possède certains atouts, mais qui ne dissimulent en rien certains défauts. Inutile d’espérer apprendre quoi que ce soit de nouveau sur Marilyn Monroe. Michelle Williams l’interprète en accentuant l’ambivalence du personnage (femme fatale/femme enfant, manipulée/manipulatrice, forte/fragile…). L’intérêt réside plutôt dans le récit d’un tournage catastrophique durant lequel elle rendit folle toute l’équipe, d’amour (Colin) ou de rage (Laurence Oliver). L’histoire d’amour en elle-même est paresseuse et attendue, malgré la performance inspirée d’Eddy Redmayne, qui a fait ses armes dans Savage Grace, donnant la réplique à Julianne Moore. Car finalement, peu importe que Colin ne termine pas sa vie dans les bras de la femme la plus célèbre du monde.  L’essentiel est dans cette courte semaine d’abandon qu’ils vivent ensemble. Côté mise en scène, on retrouve l’esthétisme très académique des films made in BBC, bien éclairés, bien filmés, bien ajustés. Les seconds rôles sont particulièrement marquants (Judi Dench, Julia Ormond et Emma Watson notamment). Le propos n’est certes pas renversant, mais mieux vaut un film faible sur l’écriture et bien filmé qu’un film intéressant filmé à la truelle.

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Toutes nos envies, de Philippe Lioret 17 avril, 2012

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 19:26

Toutes nos envies, de Philippe Lioret dans Placard à archives 19777518.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20110713_025416-225x300

Tout commence un matin, à la sortie d’une école primaire. Claire (Marie Gillain), une jeune maman, vient chercher sa fille Mona, et se fait interpeller par Céline, elle aussi venue chercher ses enfants. « Je suis la maman de Léa. C’est vous qui avez donné les 12 euros pour la sortie scolaire ?, lui demande-t-elle. Je suis désolée mais je ne fais pas la manche madame. » Une scène embarrassante, mais rien de grave en apparence. Jusqu’à ce que Céline se retrouve par hasard au tribunal face à Claire. La première est endettée à hauteur de 18 200 euros, et la seconde est la juge chargée d’instruire son dossier. Le litige l’oppose à une société de crédit et 5 autres créanciers. Entre crédits à la consommation et pénalités de retard, Céline a la corde au cou. Parallèlement, Claire apprend qu’elle est condamnée par une tumeur au cerveau inopérable. Elle décide de garder son secret pour elle, préserver le bonheur de sa famille et s’engager à corps perdu dans une procédure contre les sociétés de crédit pour sauver la famille de Céline. Pour cela, elle fait appel à un juge chevronné habitué de ce type d’affaires (Vincent Lindon). Ils lient tous les deux une relation très forte.

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Toutes nos envies risquait de pencher vers le mélodrame facile et illustratif… Le piège est évité. Il porte un regard réaliste sur le surendettement, ses victimes et ses combattants. Il alterne de façon habile entre l’histoire personnelle de Claire, qui lutte pour la vie d’une autre mais pas pour la sienne (elle refuse tout traitement), et l’avancée de l’affaire contre les sociétés de crédits qui condamnent Céline. Le film ne s’encombre donc pas de la lourdeur solennelle des films de tribunaux ni du pathos des drames sociaux mal faits. Les acteurs sont admirables. Vincent Lindon en juge désenchanté qui retrouve la foi en la justice, est touchant. Marie Gillain, en jeune juge pyromane, est bouleversante, et trouve enfin un premier rôle à la hauteur de son talent. Certes, la portée de l’oeuvre n’est pas considérable. Il ne possède pas l’intensité des films-dossiers/thrillers politiques qui ont marqué le genre (Erin Brokovitch de Soderbergh ou Révélations de Michael Mann, par exemple), mais c’est un beau film. Il dénonce le harcèlement à l’encontre des plus précaires, des familles modestes, les mises en demeure, les expulsions, les contrats de souscription truffés d’irrégularités… Mais aussi les incohérences du système judiciaire (Claire qui fait l’objet d’une requête pour suspicion légitime et écope d’une procédure disciplinaire alors qu’elle fait simplement son travail). Car comme le dit Lindon, « le crédit c’est la consommation, et la consommation c’est le système. On n’y touche pas. ». Toutes nos envies est un drame doux-amer et pertinent, à voir.

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Au pays du sang et du miel, d’Angelina Jolie 30 mars, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 14:39

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Pour son premier film en tant que réalisatrice, Angelina Jolie n’a pas choisi la simplicité. Certes, étant l’une des actrices les plus influentes d’Hollywood, la prise de risque est moindre. Mais, à l’instar de Madonna et son documentaire controversé sur le Malawi ou son premier long-métrage Obsénité et vertu, le choix de se lancer dans un cinéma ardu et confidentiel est intéressant. A. Jolie réalise ici un film de guerre avec un casting intégralement local (Zana Marjanovic et Goran Kostic, brillants) et entièrement filmé en serbo-croate (jusqu’au générique final).

Au pays du sang et du miel a pour mérite d’évoquer un sujet dont peu de cinéastes s’emparent (à part Kusturica) : la guerre de Bosnie qui a éclaté en 1992. Le film évoque l’histoire d’amour entre Alja, une peintre croate et Danijel, le fils d’un général serbe. Ils tombent très amoureux peu avant le conflit, qui les sépare dans deux camps opposés. Alja, éloignée de sa famille, se retrouve alors prisonnière avec d’autres femmes dans un camps gardé par les hommes de Danijel.

Le scénario, bien ficelé, alterne les scènes de guerre et les scènes d’amour sans lourdeur. Le résultat est très loin des grandes fresques romantiques kitsch sur la guerre  à la Anthony Minghella (Retour à Coldmountain) ou Baz Luhrnman (Australia). Angélina Jolie signe un film brut, froid, difficile, plus proche de Polanski. Il évoque sans détours les atrocités commises durant ce conflit (la scène des massacres de Srebrenica), le rôle de l’administration Américaine et de l’OTAN qui ont fait bombarder Sarajevo alors que Bill Clinton était en pleine campagne, et les premières victimes de cette guerre, les femmes, qui servirent tantôt d’armes, tantôt de bouclier (les campagnes de viols ne sont pas oubliées). Au pays du sang et du miel, à la fois, lent, amer et grave, est assez réussi, malgré des longueurs. 

Après le Démineur de Kathryn Biggelow, il prouve que les femmes réalisent elles aussi de bons films de guerre.

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Les Adieux à la reine, de Benoit Jacquot. 26 mars, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 12:31

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Benoit Jacquot a fait des personnages féminins complexes à la destinée bouleversée sa spécialité (cf Villa Amalia), et fait encore une fois preuve de talent dans son nouveau film.

Si les films costumés rendent souvent des résultats assez lourds, le réalisateur apporte un point de vue sur le genre totalement nouveau, et bienvenu.

L’action se déroule juste après la prise de la Bastille, les 14, 15 et 16 juillet 1789. L’héroïne du film, interprétée par Léa Seydoux, est la lectrice personnelle de la reine Marie Antoinette (Diane Kruger). Le parti pris de Benoit Jacquot est d’organiser l’action autour du personnel de Versailles et non pas autour des courtisans ou de la royauté (hormis la reine), de la grande noblesse, ni des révolutionnaires. Il fait glisser sa caméra derrière les rideaux, observe la vie des serviteurs, des cuisiniers, du personnel qui entend gronder la colère au loin sans avoir la moindre idée de ce qui se trame. Il ne s’agit donc pas vraiment d’un film historique (les événements ne sont que des rumeurs déformées qui circulent dans des couloirs sombres, des chuchotements qui ne traversent pas les murs trop épais du château). Il s’agit d’avantage d’un film de personnages, féminins en grande partie. Sidonie (Léa Seydoux), ne vit que pour plaire à la reine et lui voue une admiration secrète et sans limites. Léa Seydoux ne se départit pas de son air boudeur et renfrogné, mais sa performance sonne juste. Diane Kruger  incarne sans difficulté une Marie Antoinette lumineuse, tyrannique et désespérée, centre de toutes les attentions, et pourtant, abandonnée, délaissée par le roi et surtout par  la seule personne qui compte pour elle, sa favorite Gabrielle. Cette dernière est interprétée par une Virginie Ledoyen, manipulatrice et cruelle. Le seul personnage masculin de premier plan, le roi, est plutôt insignifiant. Il est interprété par Xavier Beauvois, qui fait régulièrement des apparitions dans les films de Benoit Jacquot, mais devrait s’en tenir à ses talents de metteur en scène, étant plus doué derrière la caméra que devant.

Les Adieux à la Reine est un film original, fin, porté par des actrices (premiers et seconds rôles) passionnantes. 

 

 

The Iron Lady, de Phyllida Lloyd 19 mars, 2012

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 21:33

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The Iron Lady est un film dont l’incohérence est flagrante, entre un cheminement laborieux et la prestation d’une actrice extraordinaire. Meryl Streep, qui a obtenu pour ce rôle l’oscar du meilleur premier rôle féminin, est bien sûr formidable, comme à son habitude. 

The Iron Lady est un biopic sur Margaret Thatcher. Il n’émet aucune critique concernant les politiques qu’elle a conduites en tant que premier ministre de Grande Bretagne entre 1979 et 1990. La trame du scénario repose sur une Margaret Thatcher contemporaine qui perd la mémoire et erre à la recherche de son défunt mari dans sa résidence londonienne le jour des attentats de Londres. A partir de là, une construction classique se déroule, et l’on assiste chronologiquement par flashbacks à la montée de M. Thatcher au pouvoir.

Le résultat est un prêchi prêcha sur la vie d’une première ministre que le réalisateur s’échine à faire passer pour une victime (du sexisme ambiant, des syndicalistes, de sa famille qui demande un peu de temps…). La prise de position politique favorable n’est pas particulièrement pertinente. Les scènes relatives aux Malouines, une guerre cynique qu’aberrante, constitue la preuve que le film est raté.

The Iron Lady évite soigneusement d’évoquer les dizaines de milliers de mineurs qui ont perdu leur emploi entre 1984 et 1986 ou les grévistes de  la faim irlandais qui ont perdu la vie à cause de l’intransigeance absolue de M. Thatcher. Revoir Hunger ou encore Billy Elliot peut faire du bien après coup.

 

 

L’exercice de l’Etat, de Pierre Schoeller (2011) 16 mars, 2012

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 18:35

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L’exercice de l’Etat immerge le spectateur dans le quotidien d’un ministre (en l’occurrence le ministre des transports), Bertrand St Jean au sein d’un gouvernement fictif (qui fait indirectement référence au gouvernement actuel). La temporalité du film se centre sur les quelques jours où Bertrand St Jean est sur la sellette : après avoir monté une stratégie de communication démentant toute éventualité de réforme du statut des gares », Bercy et Matignon le poignardent dans le dos et annoncent la réforme du statut des gares. De manière classique, le film déroule le dilemme d’un responsable politique qui doit faire un choix : rester fidèle à ses convictions politiques, et démissionner, ou bien faire le ménage au sein de son cabinet et de son administration, rester en place et avaler des couleuvres.

Pour mener la réforme, une fine équipe : Olivier Gourmet (St Jean), Michel Blanc (directeur du cabinet), et Zabou Breitman (conseillère communication). Le tout constitue un film dont les séquences s’enchaînent à tambour battant, entre déplacements sur le terrain, réunions, points presse, débriefings,  conflits interministérielles, matinales, avec une seule préoccupation: l’image. Rattraper 5 points de sondage par ci et désamorcer un conflit social par là. Le film est ponctué de dialogues savoureux, comme celui qui intervient entre St Jean et Pauline, ex-femme et conseillère en communication. La scène se déroule dans une voiture après une rencontre mouvementée avec les syndicats : « Ton seul problème, c’est que tu es flou. Tu es un objet politique non identifié, tu n’as pas d’image, pas d’histoire, lui reproche-t-elle. – Alors à quoi je te paye depuis toutes ces années ? Je pourrais te virer, ce serait le début de l’histoire », lui répond le ministre. 

L’immersion dans l’exercice du pouvoir s’effectue ici avec une précision étonnatne. Pierre Schoeller réalise un bon film politique, habile et bien écrit.

 

 

La Taupe, de Tomas Alfredson. 12 mars, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 23:50

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Dans le genre très riche du film d’espionnage, La Taupe est un spécimen assez fascinant. A condition d’accepter d’être un peu égaré à la fin (voire dès le début). Au-delà d’un scénario très complexe, il se regarde aussi comme un exercice de style. Les romans de John Le Carré (et le film tiré de La Constance du jardinier était déjà très réussi) se prêtent bien aux adaptations sur grand écran, bien que la densité des œuvres originales rende l’exercice périlleux.

Tomas Alfredson, le réalisateur, a fait le choix d’une mise en scène austère, et signe un film d’espionnage poussiéreux, pesant et british à souhait. La Taupe s’appuie également sur une pléiade d’acteurs brillants (dont Colin Firth, la quintessence de l’élégance et du talent, et le non moins génial Gary Oldman). Le premier fait partie d’une liste d’agents du renseignement britannique suspectés de travailler pour les Russes. Le second en fait partie aussi mais se voit confier pour mission de dénicher la taupe. S’engage alors une enquête haletante, bâtie sur une analyse fouillée des relations entre la Grande Bretagne et les soviétiques pendant la Guerre Froide.

L’intrigue est solidement consrtuite, les dialogues subtils et le sujet passionnant. Certes, La Taupe est aride et demande des efforts considérables pour comprendre le ressorts de l’enquête (il est utile de faire une séance à plusieurs pour en parler à la fin, et ne pas rester tout seul avec ses questions). L’intrigue navigue entre cinq personnages principaux en les désignant tantôt par leur nom, tantôt par leur prénom, ou encore par leur nom de code, ce qui ne facilite pas les choses.

En somme, La Taupe est un film très élitiste, en autarcie intellectuelle, mais il n’en reste pas moins maîtrisé et presque hypnotisant. Un bon film d’espionnage, c’est un film où l’on ne comprend pas tout. La Taupe pourrait bien être le nouveau Les 3 jours du Condor et Colin Firth le nouveau Robert Redford.

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Les Infidèles.

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 22:31

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Voici le premier film post-consécration de Jean Dujardin.  Après avoir raflé avec The Artist toutes les récompenses, il était attendu au tournant. Le « film de l’après », ça n’est jamais facile. Si Colin Firth, le man of the year de l’année d’avant, s’en sort bien avec La Taupe, notre Jean national, accompagné de son wing-man Gilles Lellouche, ne peut pas en dire autant.

Car dans Les Infidèles, il y a du bon et du moins bon. Série de courts métrages inégaux sur le sujet de l’infidélité, le film met en scène les deux acteurs (et bien d’autres) peu originales basées sur un sujet très rabâché : certains metteurs en scène s’en sortent mieux que d’autres.

Emmanuelle Bercot par exemple, formidable actrice (Polisse), réalise le segment portant sur le couple Lisa/Alex, c’est-à-dire Alexandra Lamy/Dujardin. Subtil, dur et amer, il doit certainement sa réussite au fait que le couple à la vie joue le couple à l’écran, exercice risqué qui donne souvent un résultat intéressant. 

Le segment du séminaire, réalisé par Michel Hazavicius est également réussi. Jean Dujardin y est particulièrement émouvant dans le rôle d’un cadre qui devient la risée de tous ses collègues de travail lorsqu’il se lance dans une tentative ratée de tromper sa femme au cours d’un séminaire décadent. Le film s’extrait alors de sa pénible dynamique de succession de sketchs potaches pour plonger dans une autre dimension plus grave et travaillée.

« Les infidèles anonymes » est également très drôle (grâce à Guillaume Cannet et Sandrine Kimberlain). Pour le reste, et notamment les segments réalisées par Dujardin et Lellouche eux-mêmes, on retrouve un humour lourd, gras, et bourré de clichés, un scénario plat, vain et programmé, difficilement porté par des acteurs cons et nombrilistes.

Les infidèles est donc un film en dents-de scie, maladroit mais par moments divertissant.

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MILLENIUM (The girl with the dragon tattoo), de David Fincher. 31 janvier, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 20:23

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Tout le monde a entendu parler du best-seller du suédois Stieg Larsson. C’est l’excellent David Fincher qui a été choisi pour piloter son adaptation au cinéma. En tant que figure de proue d’une nouvelle génération de cinéastes américains, le choix était judicieux  et cohérent quant à sa filmographie sombre (Seven, bien sûr, mais aussi The Social Network, Panic Room et surtout le culte Fight Club).

Dans Millenium, Mikael Blomkvist, un célèbre journaliste qui vient de perdre un procès et se trouve discrédité par la profession, décide de tout lâcher. Il quitte son amante et éditrice, sa famille et Stockholm, pour aller habiter sur une île dans le nord de la Suède, engagé par un vieil homme, patron d’un des plus grands groupes industriels du pays. Ce dernier lui demande d’élucider le mystère de la disparition d’une de ses nièces dans les années soixante. Pour appuyer Blomkvist dans ses investigations, il lui impose un personnage singulier : Lisbeth Salender. Une enquêtrice hors pair, génie de l’informatique, sans peurs ni scrupules.

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Millénium est une vraie réussite. L’esthétique du film est étonnante, froide et élégante, très scandinave. Noir, violent et angoissant, c’est film électrique et percutant. La mise en scène y est pour beaucoup, l’interprétation des acteurs aussi. Rooney Mara, est troublante, sa nomination aux Oscars pour ce rôle est assez justifiée. Daniel Craig n’est pas moins fascinant, s’améliorant de film en film, il crée un alliage séduisant entre l’instinctif et le cérébral, qui lui donne une aura très particulière à l’écran. La relation entre les deux personnages repose sur une réelle alchimie. Deux autres bonnes raisons d’y aller : le générique de début, graphique, impressionnant, et Robin Wright, qui tient un second rôle d’une belle densité.

Millenium est un thriller maîtrisé et réussi.

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