Page ciné d’Elsa

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Une vie meilleure, de Cédric Kahn. 28 janvier, 2012

Classé dans : Films coups de coeur,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 11:41

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Yann est cuisinier dans une cantine, Nadia serveuse dans un grand restaurant parisien et mère célibataire. Ils tombent un jour très amoureux, et lors d’une promenade à la campagne, ont un coup de cœur pour un vieux restaurant en ruine près d’un lac. Leur rêve prend immédiatement forme: acheter la vieille bâtisse, faire des travaux et lancer leur entreprise de restauration. Ils contractent un prêt immobilier, et, sans apport personnel, se lancent dans une manœuvre périlleuse pour glaner la somme qui leur manque : cumuler plusieurs crédits revolving, des prêts à la consommation. Les travaux commencent, le rêve devient réalité.  Mais peu avant l’ouverture, un problème de mise-aux-normes survient. Peu à peu, tout s’écroule. Yann et Nadia plongent dans la spirale infernale du surendettement, une proposition de travail au Canada les sépare,  et Yann se retrouve seul avec l’enfant sur les bras. A partir de là, il perd pied et glisse dans une terrible descente aux enfers. Guillaume Canet interprète sans hésitation et sans fioritures un personnage qui se débat au quotidien, avec acharnement et dignité, prenant peu à peu conscience qu’il est pris au piège. Une vie meilleure est un vrai film social, qui raconte la vie de tous ceux qui ont tenté de s’extraire de leur condition sociale pour s’élever, mais qui se sont fait rattraper par la dure loi d’un système qui ne donne pas sa chance aux plus fragiles. Très bien mis en scène, Une vie meilleure est un film noir, rude, tendu, un drame social particulièrement bien mené par Cédric Kahn, qui pourrait bien devenir le Ken Loach de chez nous.

 

 

Parlez-moi de vous, de Pierre Pinaud. 21 janvier, 2012

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 21:30

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Voici le film qui était supposé révéler Karin Viard au grand public, le « rôle de sa carrière » ou presque, celui que toute actrice attend. Dans le film de Pierre Pinaud, elle campe une célèbre animatrice radio qui fait des cartons d’audience et refuse catégoriquement que son image soit dévoilée au grand jour. Son obsession de l’anonymat fait partie d’une longue liste de névroses qui constituent un portrait singulier (comme le fait de passer la moitié de son temps prostrée dans un placard ou de porter des Louboutin vernies avec des talons de 10 cm en guise de pantoufles lorsqu’elle rentre chez elle le soir). Le film s’axe sur sa décision de partir du jour au lendemain à la recherche de sa mère biologique qui l’a abandonnée à la naissance.

Le scénario gravite autour de deux sphères : d’un côté, la vie parisienne, un appartement trop vaste et trop vide du 16ème arrondissement, l’univers calfeutré et silencieux de la Maison de la radio. De l’autre, une petite ville de province, dans laquelle elle recherche ses racines, et se retrouve mêlée à une famille modeste qui l’accueille sans poser de questions. Le contraste entre les deux est bien ficelé et devient même touchant quand surgit Nicolas Duvauchelle qui interprète un ouvrier en bâtiment, photographe à ses heures perdues, et tombe très amoureux de Karin Viard. Il dévoile comme à son habitude un jeu fascinant, double, il est à la fois très dur et sensible. Parlez-moi de vous est un film à la fois subtil et émouvant, à l’image de son héroïne.

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Carnage, de Roman Polanski. 12 décembre, 2011

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 15:57

 

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Il faudrait voir trois ou quatre fois Carnage pour en faire une véritable analyse tant le film est riche et complexe. Au premier abord, Carnage ne présenterait pourtant pas vraiment d’effort de mise-en-scène : il s’agit un long dialogue, construit sur une unité de temps et de lieu. Du théâtre filmé, adapté de la pièce de Yasmina Réza, Le Dieu du carnage.

Roman Polanski réussit un challenge. Carnage, c’est l’histoire de deux couples qui ne se connaissent pas, et se réunissent dans un appartement New-Yorkais pour s’expliquer concernant une bagarre intervenue entre leurs enfants respectifs à l’école. La conversation dérive sur ce qu’est la vie en société et termine sur une lutte acharnée et cruelle entre les personnages pour sauvegarder leurs intérêts personnels : c’est un carnage. Le film est façonné autour d’une glissade, des convenances à la pulsion, des apparences à la réalité, du Moi au ça.

 

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Empli d’un cynisme qui tend à la cruauté, Carnage est jubilatoire. Il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, avec un humour ravageur. Le tout repose sur un chassé croisé entre des individus représentant le bien et le mal. Le personnage de Pénélope (Jodie Foster), incarne la bourgeoise concernée par la paix dans le monde (mais surtout dans sa maison), et les enfants en Afrique (mais surtout les siens). Son exact opposé, c’est le personnage d’Allan, avocat dans l’industrie pharmaceutique, (Christoph Waltz), cynique et clairvoyant, qui a toujours réponse à tout puisqu’il a toujours raison. Il est exquis, avec son ton acerbe et enjoué, et ses allures de vieux renard espiègle. Certaines scènes sont particulièrement savoureuses, comme celle où il vient susurrer à l’oreille d’une Jodie Foster à fleur de peau, effondrée de voir toutes ses valeurs ainsi piétinées : « I believe in the God of carnage, the god whose rules has been unchallenged since time immemorial… » Les deux autres personnages, Michael et Nancy, forment une symétrie, agissant tour à tour comme traîtres et alliés, venin et antidote. Voici donc un quatuor formidable et irrésistible bien qu’un peu carricatural ; un ange (Foster), un démon (Waltz) et deux Judas (Kate Winslet et John C. Reilly), tous incapables d’espérance, de miséricorde ou de pardon.

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Hunger, de Steeve McQueen. 6 décembre, 2011

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 12:42

 

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La sortie imminente de Shame mercredi prochain, qui fait déjà beaucoup de bruit, est l’occasion de revenir sur la collaboration de Steeve McQueen et Michael Fassbender. 

Hunger relate l’histoire de Bobby Sands, un républicain Irlandais membre de l’IRA, détenu dans une prison d’Irlande du Nord avec de nombreux autres prisonniers politiques. Le film se déroule en 1981, durant les 6 semaines qui précèdent la mort de Bobby Sands, pendant l’épreuve de force qui opposa Margaret Thatcher aux prisonniers. Le mouvement est déclenché par le refus du gouvernement britannique d’accorder aux membres de l’IRA le Special Category Status, le statut de prisonnier politique. Ils deviennent ainsi des criminels de droit commun, et se voient privés de nombreux droits civiques et politiques. Afin de protester, après une grève de l’hygiène, Bobby Sand lance une grève de la faim, suivie au fur et à mesure par les autres codétenus (dont 10 sont morts aussi) 

La question du conflit en Irlande du Nord a été largement exploitée au cinéma, et souvent de façon magistrale (Le vent se Lève, Au nom du père, Bloody Sunday, Michael Collins…). Mais Hunger ne ressemble à aucun autre long-métrage du genre. 

Il s’agit d’un film éprouvant, écorché, presque insupportable. La première partie du film décrit les conditions de détention des prisonniers, les tortures, les mauvais traitements. Un style radical, une esthétique dénudée et glauque, et une absence totale de musique constituent la mise-en-scène jusqu’au-boutiste adoptée par McQueen. Puis, Michael Fassbender apparaît. Méconnaissable, il ressemble au fantôme de lui-même, squelettique (il a perdu 14 kg pour le rôle). Il surgit dans une scène cathartique de torture. 

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Mais le coup de maître n’est pas là. Il se situe au milieu du film, dans la scène de dialogue entre Bobby/Michael et le père Dominic Moran (Liam Cunningham), au cours d’un long plan séquence de 17  minutes. Bobby annonce à Moran son intention de commencer une grève de la faim, et ce dernier tente de l’en dissuader, ce qui donne naissance à un dialogue sublimement écrit. Le personnage de Bobby est persuadé que c’est la seule issue possible, pour que tous ces siècles de combat ne soient pas vains. Moran, en homme de foi, se préoccupe de savoir si Bobby commet en fait un suicide, et veut le convaincre que la solution politique n’est pas dans la mort mais dans la négociation. 

-          So what’s your statement by dying ? demande-t-il à Bobby. Just highlighting British intransigence, so what? Are you looking for martyrdom? 

-         No. You think God is gonna punish me?, répond Bobby. 

-         Well if it’s not for the suicide, He’d have to punish you for your stupidity.

-         And you for your arrogance. Cause my life is real life. Not some theological exercise. You need the revolutionaries. You need the cultural political soldier to give life a pulse. Freedom is everything. It’s a time to keep your beliefs pure. I believe that united Ireland is right, and just. Putting my life on the line is not the only thing I can do.. It’s the right thing.” 

Posant donc des questions fondamentales, Steeve McQueen signe un très grand film politique, une douloureuse piqûre de rappel, dans une où ceux, trop rares, qui veulent encore se battre pour leurs convictions politiques, sont obligés de clamer à tous les autres: « Indignez-vous ! »

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Metteurs en scène de mon choix (liste non exhaustive et non classée) 5 décembre, 2011

Classé dans : Metteurs en scène — elsalauravietnam @ 21:32

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Martin Scorsese.

 

Petit tour du monde de mes metteurs en scène favoris: 

France:

Claude Chabrol, Jacques Audiard, François Truffaut, Maurice Pialat, Jean-Luc Godard, Eric Rohmer, Alain Resnais, Jean Jacques Annaud, Luc Besson, Michel Gondry, André Téchiné, Claude Sautet…

 

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Le plus grand du cinéma français: Claude Chabrol.

Grande Bretagne:

Alfred Hitchcock, Ken Loach, Tom Hooper, Stephen Daldry, Stephen Frears…

Etats-Unis:

Orson Welles, Stanley Kubrick, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Sean Penn, Robert Redford, Quentin Tarantino, Oliver Stone, Sydney Pollack, Michael Mann, Darren Aronofsky, Clint Eastwood,  Steven Sodergerh,David Lynch, Ridley Scott, Woody Allen, David Fincher, Alan Parker, Brian De Palma, Michael Moore, Gus Van Sant, Steven Spielberg, Robert Altman…

 

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Le Grand maître: Stanley Kubrick.

Allemagne: Wim Wenders.

Danemark: Lars Von Trier.

Espagne: Pedro Almodovar, Luis Bunuel.

Mexique: Alejandro Inarritu.

Autriche: Michael Haneke.

Italie: Sergio Leone, Frederico Fellini, Luchino Visconti.

Australie: Peter Weir, Baz Luhrmann.

Serbie: Emir Kusturica.

Chine: Wong Kar Wai, Ang Lee.

Brésil: Walter Salles.

 

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Le Cinéma, brut, écorché, au plus fort: Lars Von Trier, mon cinéaste préféré.

 

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La nouvelle génération: Darren Aronofsky.

 

 

 

Sorties du Mercredi 7 novembre.

Classé dans : Agenda des sorties. — elsalauravietnam @ 20:33

Deux films que j’attends de pied ferme sortent ce mercredi: Voilà pourquoi:

J’y vais:

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Shame, de Steeve McQueen, avec Michael Fassbender, Carrey Mulligan… Prod: Britannique.

Parce que Michael Fassbender est… très sexy, et doué en plus (voir Hunger). Que ce film a fait sensation à Venise, que la bande-annonce est juste magnifique. Bref, attention chef d’oeuvre probable.

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Carnage, de Roman Polanski, avec Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz, John C. Reilly… Prod: France/Allemagne/Espagne/Pologne.

Parce que je vais toujours voir le dernier Polanski (par principe, il y a de bonnes chances que ce soit génial), parce que j’adore Yasmina Reza, et surtout parce que j’adore les 4 acteurs: Jodie Foster (depuis toujours), Kate Winslet (depuis The Reader), John C. Reilly (à chaque fois) et Christoph Waltz qu’il me tardait vraiment de retrouver après le Tarantino.

J’hésite:

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Hollywoo:

Parce que même si je n’aime généralement pas les comédies françaises, Florence Foresti, elle est tellement irrésistible…

 

 

 

 

Time Out, d’Andrew Niccols. 2 décembre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 12:53

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Andrew Niccols est capable de faire des étincelles. Il est notamment le metteur en scène de l’incroyable Lord of War, et côté science-fiction, de Bienvenue à Gattaca,. Malheureusement, son nouveau film n’a presque aucun intérêt.

On ne peut pas fonder tout un projet sur le fait que Justin Timberlake est vendeur et Amanda Seyfried est glamour. Le sujet du film est pourtant intelligent : Andrew Niccols invente une société où le temps est réellement de l’argent, ou plutôt l’inverse. A partir de 25 ans, les êtres humains cessent de vieillir, et doivent travailler pour gagner leur vie, au sens propre. C’est-à-dire que les minutes leurs sont comptées, les plus modestes ne disposant que de quelques heures pour vivre et les plus riches de centaines, voire de milliers d’années. Le concept peut constituer la base d’un film intéressant, mais ne fonctionne pas. Il donne seulement lieu à quelques dialogues bien écrits et à des néologismes étonnants: « He timed out » remplace « He died ». Ou encore, faisant référence à la montre digitale intégrée à leur poignet: “Just once I’d like to wake up with more time on my hand than hours in the day.

 

 

 

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Le personnage de Timberlake, grâce à une rencontre chanceuse, gagne un siècle et décide de déclencher une sorte de révolution, tel Robin des Bois, en prenant en otage la fille d’un très grand spéculateur de temps. Malheureusement aucune tournure politique ne vient donner un intérêt au film. On s’égare entre des scènes d’action neurasthéniques et des scènes de confrontation mollassonnes. Aucune alchimie ne prend entre Timberlake et Seyfried, car le scénario ne leur en laisse pas le temps. Même Cillian Murphy, qui interprète le chef de la police du temps (« time keeper ») ne parvient pas à redresser les vertèbres de ce projet qui s’avachit.

Ce film aurait pu être un thriller électrique haute tension, et dynamiter le genre. Mais au final, c’est un vrai pétard mouillé : complètement froid.

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28 jours plus tard VS 28 semaines plus tard. 29 novembre, 2011

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 16:50

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Après la déception causée par le très mollasson Contagion, il était grand temps de se lancer dans une quête de films d’anticipation/catastrophe bactériologique corrects. Le diptyque 28 jours/28 semaines plus tard offre, dans ce genre, une alternative intéressante.

Le concept est simple : 28 jours plus tard est le premier film de deux volets. Tout commence à Londres, lorsque qu’un groupe d’activistes fait irruption dans un centre de recherche et libère des singes de laboratoire, porteurs d’un virus extrêmement contagieux (par la salive et le contact du sang contaminé). Lorsqu’un être humain contracte le virus, il est immédiatement animé d’une rage incontrôlable. En 28 jours, les stades exposition/infection/épidémie/dévastation sont atteints. L’Angleterre n’est plus qu’un no man’s land. Les hommes se sont tous entretués, et les plus chanceux ont été évacués. Il ne reste qu’une poignée de survivants, qui fuient les contaminés restants. Pendant ce temps, Jim était dans le coma suite à un accident survenu avant la pandémie. Le film suit ce personnage, son réveil, sa rencontre avec un groupe de survivants et leur fuite vers un camp militaire reculé dans les environs de Manchester, où les tous les autres survivants se seraient regroupés.

28 jours plus tard est un film terrifiant et cauchemardesque. Danny Boyle mobilise tout son art pour revisiter le film de zombies. Il agrémente le tout d’une morale atroce sur l’espèce humaine. Les premières scènes du film sont saisissantes : on suit le personnage de Jim, errant dans des rues désertes, poussiéreuses et silencieuses, passant devant tous les lieux emblématiques de Londres (Big Ben, Westminster, Piccadilly, Tower Bridge…). Les plans aériens ou filmés à la grue, éclairés d’une lumière apocalyptique grise et jaune, avec pour fond la montée en puissance du son-thème de John Murphy, In a heartbeat, sont magistraux. Le reste du film est survolté, glauque, violent et très gore. Cillian Murphy (précédemment vu dans Le vent se lève, de Ken Loach), qui joue Jim, est viscéralement habité par la peur et déchiré entre la raison et la bestialité qui l’animent pour se défendre. La scène où le groupe doit changer une roue de la voiture, coincé dans un tunnel assailli par des contaminés est remarquablement efficace.

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28 semaines plus tard, la suite, est réalisée par la même équipe, mais ne met pas en scène les mêmes acteurs. On échange un irlandais (Cillian Murphy) pour un écossais (Robert Carlyle, avec un accent pas plus compréhensible mais une interprétation non-moins efficace). Ce deuxième volet est en revanche relativement différent du premier dans sa mise-en-scène. 28 semaines plus tard, la pandémie est vaincue. L’Angleterre est placée sous la tutelle des Etats-Unis, dont les forces armées ont pour mission de reconstruire et repeupler les villes. On suit cette fois le parcours d’une adolescente et son petit frère qui reviennent à Londres et se réinstallent avec leur père. Mais le virus ressurgit. Comme dans un effet miroir avec le premier film, qui commençait dans le chaos et finissait avec la paix, le premier commence dans le calme avant que ne ressurgisse le chaos. On sent que  le réalisateur Juan Carlos Fresnadillo a bénéficié du succès du premier film, et qu’il devait avoir le double de son premier budget. Les effets spéciaux sont calibrés en conséquence, impliquant plus de spectacle et moins de réalisme. Londres bombardé au Napalm, snipers US en embuscade qui tirent à feu nourri sur la population… On dérive par moments vers un mélange de Call of Duty et Resident Evil, que certains peuvent trouver grotesque. Mais un scénario inventif relève le niveau global assez bas : à noter, la scène dans laquelle un enfant sert de chèvre au groupe et court dans une impasse pour révéler la position d’un sniper ou celle où les soldats américains enferment à double tour dans un hangar sans lumière un bon millier de civils pour les protéger sans savoir qu’un contaminé y est entré aussi. L’effet domino qui s’en suit est terrifiant.

Deux films à la fois très efficaces donc, novateurs mais grossiers par moments.

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Les Adoptés, de Mélanie Laurent. 28 novembre, 2011

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 16:45

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Voici le premier long-métrage de l’hyperactive Mélanie Laurent. Présente sur tous les fronts (théâtre, cinéma, réalisation, musique, mode…) depuis environ trois ans, l’actrice/réalisatrice agace beaucoup. Mais d’autres lui prêtent du courage, voire du talent.

Les adoptés, c’est un sujet simple, traité d’une belle façon. Il décrit l’amour fusionnel de deux sœurs, Marine et Lisa. Marine (Marie Denarnaud), pétillante et romantique, vit à mi-chemin entre ses rêves (les livres qu’elle vend dans sa petite librairie anglo-saxonne, les films hollywoodiens des années cinquante qu’elle regarde en boucle), et la réalité, c’est-à-dire sa vie de trentenaire célibataire. Lisa (Mélanie Laurent) élève seule son fils Léo. Un jour, Marine rencontre Alex, joué par Denis Ménochet, dont elle tombe très amoureuse. Lisa est rongée par la jalousie, et Marine par la culpabilité. La dynamique de la vie de famille (dont la relation avec leur mère) s’en trouve chamboulée quand survient un événement tragique qui fait glisser le film vers un drame assez bouleversant.

 

 

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Mélanie Laurent, Denis Ménochet, Marie Denarnaud.

 

Rien de sensationnel dans ce scénario a priori. Ce qui fait de ce film un concentré d’émotion, c’est un alliage d’interprétation, de lumière et de son. Bien éclairé, chaque plan créé une ambiance précise, grâce à un travail considérable du chef opérateur (flous, enchaînements, saturation, décadrages, et zoom-in) qui crée un patchwork poétique. Bien écrit, il apporte son lot de scénettes insolites tantôt drôles et touchantes. Le scénario explore les âmes de ses personnages, et la recette-douce amère donne un film équilibré entre drame et légèreté. La performance de Marie Denarnaud, est étonnante. La scène qui suit sa dispute au téléphone avec Mélanie Laurent est particulièrement efficace. Caméra embarquée, on la suit, titubant, errant dans la nuit, comme poignardée, jusqu’à ce qu’elle s’effondre dans les escaliers d’une station de métro. Mélanie Laurent réalise un film tendre, poétique, intime, drôle et désespéré, bien servi par la bande son de Syd Matters (dont le morceau final, I might float, est particulièrement bon).

 

 

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Sur le tournage avec le petit Théodore Maquet-Foucher

 

 

 

Contagion, de Steven Soderbergh. 20 novembre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires!,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 18:08

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On ignore par où commencer tellement ce film est bourré d’erreurs. D’ailleurs on ignore où le commencement se situe, et tout le film tourne autour de cela. Le film s’ouvre sur le « Day 2″, se poursuit chronologiquement et se termine sur Day 1. Day 2 s’organise autour du personnage de Gwyneth Paltrow, à Hong Kong. Elle est suspectée d’être le Patient Zero, c’est-à-dire la première personne humaine à contracter le virus mortel à l’origine de la pandémie qui va suivre et menacer l’humanité entière. Sauf si un vaccin est trouvé et commercialisé. La trame (très réduite) du scénario se résume à ceci : une équipe de médecins américains cherchent à remonter jusqu’à la source pour comprendre d’où vient le virus et pouvoir l’éradiquer. L’action suit une multitude de personnages qui attrapent ou non l’infection à différents endroits dans le monde.

Car le sujet est infiniment complexe et Steven Soderbergh n’avait manifestement pas les épaules pour le traiter. Et c’est en essayant de tout englober qu’il finit par brasser du vent : l’évolution de la pandémie, sa source, la course au vaccin, les batailles des grands groupes pharmaceutiques, les laboratoires, le traitement des médias, l’action des pouvoirs publics, l’altermondialiste indigné qui crie à la conspiration, les mouvements de foule en panique, les pillards, l’extinction progressive de la race humaine, le retour à la barbarie, une chercheuse de l’OMS prise d’otage dans un village chinois, un citoyen immunisé qui protège sa fille… Le scénario part dans tous les sens, comme un feu d’artifice, mais qui ne ferait aucun bruit et qu’on tirerait en plein jour : aucun effet. Faire « tout », ça ne donne « rien ».

Il aurait peut-être fallu traiter le sujet sous un angle politique , ou sous un angle émotionnel (où on s’attacherait à un groupe d’individus). Mais le réalisateur ne s’engage pas et les personnages sont trop nombreux pour que l’on s’attache à eux. Les acteurs, tous connus et intéressants, sont exploités comme des produits à usage unique sur la base de leur notoriété. Pas un seul n’a un rôle à la hauteur de son talent. Un peu comme si un richissime producteur avait capricieusement choisi des acteurs selon ses propre goûts par vidéoconférence depuis son bureau en teck massif à Abu Dhabi.

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Le plus étonnant, ce sont les temps morts dans une histoire où tout va très vite. Un plan inutile sur Gwyneth Paltrow qui se fait ouvrir le crâne par les légistes, Marion Cotillard qui évolue de bureau en bureau, penchée sur des écrans d’ordinateurs, et qui parle, mais avec une coupure son et de la musique, ou encore Laurence Fishburne qui lâche un jargon médical incompréhensible…

Ce que l’on peut retenir, c’est la musique, une sorte de montée en puissance progressive d’un son électro-lancinant assez angoissant. Mais aussi les plans esthétiques rappelant « l’apocalypse vue par Yann Arthus Bertrand » d’une ville fantôme, d’une rue déserte jonchée de  déchets, d’un aéroport vide, d’une autoroute silencieuse. Deux personnages sortent du lot : Kate Winslet, médecin envoyée en mission-suicide sur le terrain, et qui a l’occasion de montrer de quoi elle est capable devant une caméra. Et Jennifer Ehle, qui dirige l’équipe de chercheurs qui mettent au point le vaccin, et qui, pris en étau devant le manque de temps, décide de le tester sur elle-même.

Mais pour le reste, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. L’angoisse malsaine qui résulte du sujet ne provient pas de l’écran que l’on regarde, mais de ce qui nous entoure, extérieur au film. De cette personne qui tousse dans la salle de cinéma, de la poignée de porte qu’on tient en sortant. Contagion ressemble plutôt à l’œuvre d’un réalisateur que la FEMA ou le Ministère de l’intérieur aurait mandaté pour faire une campagne de prévention.  On repense avec nostalgie à l’excellent Alerte de Wolfang Petersen, 28 jours plus tard de Danny Boyle, ou le plus récent mais non moins excellent Blindness de Fernando Mereilles. 

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