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Tom Boy, de Céline Sciamma. 13 octobre, 2011

Classé dans : Placard à archives — elsalauravietnam @ 18:01

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Le pari réussi du nouveau film de Céline Sciamma, c’est de conserver intact pendant 1 heure et 22 minutes l’intérêt du spectateur devant un film dont la moyenne d’âge du casting culmine à 11 ans.

Tomboy évoque d’une belle manière la question du genre. Il brosse le portrait de Laure, 10 ans, qui emménage avec ses parents et sa sœur cadette dans une petite ville paisible à la fin de l’été. Elle rencontre alors Lisa, une autre enfant de son âge, qui la prend pour un garçon. « Salut, t’es nouveau ici ? », c’est la phrase clé du film. « Oui, je m’appelle Michael », voilà ce que répond simplement Laure. Elle découvre les autres enfants du quartier sous sa nouvelle (ou très ancienne) identité. Mais la rentrée scolaire approche à grands pas. Que va-t-il se passer lorsque dans la classe, l’institutrice fera l’appel en la désignant par son vrai prénom, Laure ?

Tomboy traîte une question complexe avec beaucoup de simplicité, sans naïveté. La mise en scène épurée (un seul appareil photo a été utilisé pour le film), harmonieuse, est légère et très forte à la fois. Le spectateur se prend immédiatement d’affection pour le petit Michael, dont on n’arrive pas à s’imaginer un instant qu’il puisse être une fille, et là n’est pas la question. Le film s’axe sur une inversion : la vérité est un mensonge, et vice versa. Laure n’est pas une fille au fond d’elle-même, elle ne ment donc pas quand elle se fait passer pour un garçon. Zoé Héran, l’actrice qui joue le rôle principal, avec sa bouille angélique, livre une remarquable performance qui atteint une rare intensité lorsque son secret est livré sur la place publique et que la cruauté des enfants jaillit.

De belles scènes ponctuent le film : celles qui réunissent le personnage de Laure et sa petite sœur, Jeanne, interprétée par la pétillante Malonn Névala. La complicité qui les unit est intéressante, notamment lorsque Jeanne découvre par hasard que sa soeur se fait passer pour un garçon. Elle décide tout naturellement que c’est normal, se met à la protéger, ainsi que son secret, lui coupe les cheveux en douce devant le miroir de la salle de bain, et se vante auprès de toutes ses copines d’avoir un grand frère trop fort, qui la protège quand des garçons viennent l’embêter.

Tomboy est un film plein de grâce, sans fioritures, sans arrière-pensée, et d’une etonnante subtilité.

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We need to talk about Kevin, de Lynne Ramsey.

Classé dans : Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 17:08

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We need to talk about Kevin a une drôle de manière d’être à la fois beau et irritant. Une mauvaise réalisation peut pourtant donner un bon film à condition d’être compensée par de très bons acteurs, comme c’est ici le cas. 

Le scénario se concentre autour de la relation d’une mère et de son fils, de sa naissance à la fin de son adolescence, avec pour moment clé un drame qui n’est révélé qu’à la fin.  Le tout est structuré à partir d’un montage saccadé qui bouleverse toute la chronologie des événements, tant et si bien que l’on finit par être obsédé par ce drame qui n’apparaît qu’en filigrane, par de courtes injections de plans floutés de gyrophares et de sirènes hurlantes dans la nuit, et d’un attroupement de badauds effarés. Cela créé malheureusement un faux suspense, qui détourne le spectateur de l’intérêt principal du film, c’est-à-dire la relation entre la mère et le fils. 

Le personnage principal, Eva (Tilda Swinton), a mis sa carrière d’écrivain voyageuse entre parenthèse pour la naissance de son fils, Kevin. Au lieu de vivre de multiples aventures aux quatre coins du monde, elle se retrouve mère au foyer.  Dès les premiers jours qui suivent sa naissance, l’enfant lui fait vivre un enfer. Hurlant toute la journée, elle en vient à être soulagée par le son du marteau-piqueur lorsqu’elle passe avec la poussette dans une zone de travaux. Le film déroule globalement sur quatre segments temporels : la période qui suit la naissance du bébé, la petite enfance, l’adolescence, et le « post-drame » où l’on constate qu’Eva a tout perdu à cause de lui et tente de se reconstruire, alors qu’elle est devenue la paria de la ville. A chaque instant, l’enfant-démon prouve insidieusement que son passe-temps préféré est de torturer sa mère, tout en adorant son père.  Le film ne donne aucune réponse psychologique à ce comportement et se concentre sur les faits. 

Le couple met au monde un 2ème enfant, une petite fille, aussi angélique que son grand frère est diabolique. John C. Reily excelle dans le rôle du mari aimant, qui agit comme l’antidote du venin injecté par la haine entre sa femme et son fils (comme lorsqu’il donnait la réplique à Julianne Moore dans The Hours, dans lequel justement la mère abandonnait son fils). Il réussit à être attachant sans jamais être insipide et constitue un excellent choix d’acteur.

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Les jeunes Jasper Newell et Ezra Miller interprètent Kevin à deux âges différents.  Le premier livre une interprétation bluffante d’un petit Kévin, buté comme jamais, silencieux comme une tombe et manipulateur (les très jeunes acteurs sont pourtant rarement convaincants). Il ressemble de manière saisissante à Ezra Miller qui joue Kevin adolescent. Ce jeune acteur américain de 17 ans dévoile toute une palette de talents pour interpréter un personnage haut en contrastes, au regard démoniaque et au sourire candide. Quant à Tilda Swint, qu’il n’est plus utile de présenter, elle est bouleversante et tisse un rôle à la hauteur de son talent. Grâce à elle, les lourds rappels/flash-backs/cadrages tordus pseudo-arty-flashy sont moins pénibles. Le film aurait néanmoins vraiment pu se passer de l’insertion quasi obsessionnelle de la couleur rouge (le sang…) sous la forme de plans fixes sur une bouteille de Ketchup (ou de la première scène de la « Tomatina » en Espagne, ridicule). 

 

 

 

La Guerre est Déclarée. 12 octobre, 2011

Classé dans : Films coups de coeur,Recemment vus en salle — elsalauravietnam @ 10:13

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Il était particulièrement attendu, le nouveau film plébicité à Cannes, du duo Donzelli-Elkhaïm, ultra branché dans le milieu culturo-bobo parisien, qui a débarqué sur le devant de la scène avec un air de »oui, on est jeunes, mais on va vous expliquer comment on fait du bon cinéma ». Il fallait les entendre parler de leur film dans l’émission « Comme on nous parle » sur France Inter. Interviewés par Pascale Clark, les deux comparses se donnaient un air (surtout elle) de « on est un peu au dessus de tout ce truc de promo, on ne se prend pas la tête, alors arrête de me gonfler avec tes questions ».  Ils prônaient le « self-made cinéma », la modestie des moyens, le projet mis en boîte en 10 jours, filmé avec un appareil photo, la théorie du « pas besoin d’argent pour faire un bon film », tout en se montrant au défilé Chloé à la Fashion Week. Malgré tout, leur film est réussi.

Il raconte non pas l’histoire de la maladie très grave d’un enfant, comme le suggère la bande annonce, mais l’histoire d’amour des parents de l’enfant malade. C’est ce qui fait toute la différence, car au lieu d’un film glissant, pataugeant dans le pathos, c’est un film aérien et gracieux qui en résulte. Le sujet pouvait laisser présager de longs plan-séquences angoissants baignés d’éclairages gris sur des visages de parents décomposés qui attendent les résultats d’un scanner. Pourtant le film est marqué par un rythme incroyable, un éventail d’émotions fortes, des seconds rôles poignants et des dialogues subtils. Il évoque le quotidien des personnages, entre galères et bonnes nouvelles, déménagements, travaux, crèche, rencontres familiales, hôpitaux, salles d’attente et gares, virées à la plage, fêtes de copains et pause cigarette sous la pluie sur le parking des ambulances. On suit le parcours du combattant des deux jeunes parents très amoureux qui apprennent que leur enfant est très malade et qui mettent en place un plan de bataille, non pas contre la maladie, puisqu’ils ne sont pas médecins, mais contre le désespoir, le jargon médical opaque et le protocole hospitalier contraignant que nécessite ce genre de thérapie. Il met en balance des scènes dramatiques et des scènes drôles, qui constituent des sas de décompression, le tout sans s’encombrer de transitions (la scène au cours de laquelle la pédiatre observe l’enfant posé sur les genoux de son père, avant le diagnostic, lui demande simplement de la regarder, et constate une asymétrie faciale, comprenant immédiatement qu’il s’agit de quelque chose de grave. Le zoom très lent qui s’opère sur son visage en décomposition est saisissant, et l’instant d’après, elle décide d’appeler un confrère et se saisit par erreur d’un téléphone jouet en plastique, posé à côté de son téléphone fixe). La scène finale, filmée au ralenti, est très réussie, notamment grâce au morceau génial « The bell tolls five » de Peter Von Poehl : une plage, de la neige, on se croirait sur les ruines d’un champs de bataille.

Il en résulte un film lumineux et vibrant. Rappelons qu’il s’agit de l’histoire que la réalisatrice et actrice Valérie Donzelli et Jérémie Elkhaïm ont vécue en tant que parents. Les deux acteurs réussissent avec brio à interpréter non pas une simple histoire d’amour, mais aussi un hymne à la vie.

 

 

« District 9″, de Peter Jackson, 2009. 6 octobre, 2011

Classé dans : Films vraiment pas... obligatoires! — elsalauravietnam @ 15:26

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Un film violent, vulgaire et sanglant, des dialogues improbables, un scénario téléphoné, accumulation de scènes d’action décousues : District 9 qui se voulait un film politique traitant en filigrane de grandes questions contemporaines (environnement, crises migratoires) est un film d’action réduit au schéma le plus minimaliste : mode survivor, le méchant blanc retourne sa veste et veut sauver le gentil alien…
Paralysé par un scénario poussif, ce film pose de fausses questions, n’est qu’une sorte de manga trash, épileptique et chaotique. Peter Jackson a dû s’égarer, grisé par le nombre incalculable d’Oscars obtenus pour sa trilogie du Seigneur Des Anneaux, et produit une caricature graphique, indigeste et malhonnête. Le film est totalement dépourvu d’une quelconque analyse psychologique ou sociologique, mais ce n’est pas tant le problème. La violence et le mauvais goût peuvent être intéressants dès lors qu’ils  sont gratuits et revendiqués comme tels.
District 9 tente de légitimer un scénario bancal voire inexistant et une violence de mauvais jeux vidéos gores par la métaphore raté d’un événement historique ou politique. Dire que ce film est une métaphore de l’apartheid revient à dire que Jean Claude Van Damme est un grand philosophe.
Le pire étant peut être le portrait grossier des rebelles nigérians. Récupérer les problèmes d’instabilité politique complexes de l’Afrique dans un blockbuster hollywoodien à travers une présentation ultra simpliste est assez lamentable.
Quant au personnage principal, à la fois,stupide, naïf et réfléchi, courageux, lâche et pleurnicheur, il n’a ni cohérence, ni consistance.
Pour voir un bon film politique sur l’Afrique du Sud, il est indispensable de visionner plutôt Mon nom est Tsotsi.

 

 

« Le Ruban Blanc », de Michael Haneke, 2009.

Classé dans : Films coups de coeur,Placard à archives — elsalauravietnam @ 15:24

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C’est dans un noir et blanc sur la campagne resplendissante d’Outre-Rhin que l’on est doucement plongé dans le dernier film de Michael Haneke. Faisant jouer comme jamais son art cinématographique à la fois calme et souverain, il entraîne le spectateur dans un univers cruel et fascinant.

2h30 de film en Allemand sous titré en blanc sur du noir et blanc, sans musique ou presque, sans artifice aucun peuvent sembler indigestes. Certains seront rebutés par la lenteur léthargique de l’œuvre. Mais on n’entre pas dans une salle de cinéma qui projette un film de Michael Haneke dans le but de se distraire, on y entre comme on entre dans un rêve, avec l’appréhension de l’inconnu, la sensation que l’on perd le contrôle de la situation, et que tout peut basculer dans le cauchemar à chaque instant. 

Le Ruban blanc évoque l’histoire d’un village de la campagne allemande où de mystérieux crimes se produisent ; un cadre filmé à travers le filtre cristallin et la précision géométrique de la caméra d’Haneke, qui jette un voile de pureté glaciale sur la vie des villageois honnêtes et travailleurs. Quand le voile se lève, il laisse place à une société protestante ultra réactionnaire, composées de coupables et d’innocents qui se mélangent si bien qu’il devient difficile de distinguer les premiers des seconds.

Haneke filme merveilleusement la communauté, en particulier les enfants: des petits êtres blonds et vertueux, qui, derrière leur regard innocents et leur sagesse ecclésiastique, dissimulent le regard rougeoyant des damnés. Des créatures écrasées sous le poids de la Foi, d’un pasteur tyrannique, et d’un ordre et d’une  droiture irréprochables.

Ce film est l’œuvre d’un cinéaste majeur qui s’interroge avec acuité sur les racines du mal à venir : ce tableau saisissant de la société allemande avant le chaos nazi est un avertissement : la barbarie n’est jamais bien loin. Elle s’approche, à pas feutrés dans la neige, qui recouvre tout, y compris les sons, les cris.

L’ambiance est lourde, la mise en scène est austère et rien ne vient distraire l’oeil. Il livre une dure analyse de la vie des femmes et des hommes qui survivent dans une région rurale, marquée par la violence et l’attachement à la religion. Au point que lorsque la guerre éclate, s’en est presque un soulagement: le besoin de tout recommencer à zéro.

Accueillant en son sein une foule de personnages et une quantité d’histoires, ce village hanté par le pêché évoque l’asservissement et l’oppression qui rongent cette société, la barbarie sociale et mentale. Rien n’est pourtant montré de toute cette violence : on la devine, derrière des portes fermées.

Film après film, Michael Haneke s’attaque à l’idéal de pureté, symbolisé par le ruban Blanc que l’on attache au bras des enfants. Il affiche ici tout son art : montrer la violence sans recourir à la violence. Il prouve qu’il peut mettre à nu la cruauté de l’humanité sans la toucher : si le sang coule dans « La pianiste », ou dans ses « Funny Games », le Mal est encore plus apparent quand le sang ne coule pas.

Isabelle Huppert, présidente du Festival de Cannes a remis la Palme d’Or au Ruban Blanc, un film qui oppose la violence à la beauté. Si Baudelaire avait été cinéaste, c’est peut-être ce film qu’il aurait aimé réaliser.

 

 

« Le Concert », de Radu Mihaileanu. 2009.

Classé dans : Critiques diverses,Placard à archives — elsalauravietnam @ 15:08

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Sous Brejnev, Andrei Fillipov était le plus grand chef d’orchestre d’Union Soviétique, à la tête du célèbre et prestigieux Orchestre du Bolchoï. Mais lorsque qu’il refuse de se séparer de ses musiciens juifs, on brise sa baguette en plein concert. Sa carrière est anéantie, et on referme le Rideau.

30 ans plus tard, Andrei travaille toujours au Bolchoï, mais en tant qu’agent d’entretien, jusqu’à ce qu’il intercepte une invitation venant du Théâtre du Chatelet, à Paris, pour que l’orchestre du Bolchoï vienne jouer à la place du philharmonique de Los Angeles. Un projet fou germe alors dans son esprit… il décide de subtiliser l’invitation et de faire appel à tous ses anciens musiciens, se trouvant aujourd’hui pour la plupart dans des situations très précaires, errant entre petits boulots, pour reformer l’ancien orchestre, et retourner sur le devant de la scène pour un ultime concert dans un voyage riche en rebondissements.

Quatre ans après Vas, Vis et Deviens, récompensé à Cannes, Radu Mihaileanu revient en beauté. Le concert est une comédie dotée d’un arrière plan dramatique, et rares sont les réalisateurs qui peuvent manier les deux genres avec autant de dextérité sans s’emmêler les pinceaux ni frôler le ridicule. Car malgré les critiques, ce film en est loin. Alors oui, le film est burlesque, mais jamais vulgaire ou grossier…

Bien au contraire. Ce que les détracteurs n’ont pas saisi, c’est que les clichés, aussi énormes soient ils, sont totalement assumés et c’est ce qui les rend particulièrement irrésistibles. Le réalisateur a fait le choix de manier l’humour comme une arme ludique, une réponse à la douleur, et comme moyen de conserver la dignité. Rien n’est si grave, seule compte la musique.

Basé sur des faits réels, c’est une toile de fond sombre et intense qui se dessine. La censure à l’époque de Brejnev, le bâillonnement des intellectuels, des juifs et des gitans, la peur du pouvoir que les prises de position des artistes ne se répandent parmi le peuple… Le sujet est traité avec acuité. C’est cette chasse contre les musiciens du Bolchoï qui est illustrée ici, et qui se retrouve à travers l’histoire de Fillipov, qui a vu fuir ses deux meilleurs amis, dont sa soliste, aussi éperdument amoureuse de la musique et de Tchaïkovski que lui.

Le film évoque la supériorité majestueuse d’un concerto pour violon, la recherche de l’harmonie ultime, au-delà des genres, des clivages, des conflits, des différences entre les peuples. Musiciens de tous les peuples, unissez vous… L’unité suprême, que le Communisme ne parvint pas à atteindre, et qui rassemble l’humanité toute entière dans quelques cordes et un archet.

L’archet, c’est celui de Anne Marie Jacquet, interprétée par Mélanie Laurent, une célèbre soliste. Elle recherche la vérité concernant ses parents disparus, comme Andrei, interprété par Aleksei Guskov, extraordinaire de justesse et de sincérité, qui cherche à surmonter le traumatisme d’un destin déchiré en essayant de trouver la touche de perfection à apporter à la musique, au cours d’une scène de 20 minutes du concerto pour violon de Tchaikovski Op.35.

 Discrètement, sans aucun battage médiatique, le film a conquis le public par bouche à oreille car il n’y a aucune fausse note, dans ce Concert.

 

 

« La photographie, c’est la vérité, et le cinéma, c’est vingt fois la vérité par seconde. » Jean-Luc Godard

Classé dans : Non classé — elsalauravietnam @ 14:47

Une seule règle : je ne raconte jamais la fin. Bonne lecture!

 

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